CATACOMBES

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Origine et nature des catacombes

Dans leur forme initiale, durant la première moitié du iiie siècle après J.-C., les catacombes se présentent sous la forme d'hypogées formés d'un nombre limité de galeries (de quelques mètres à quelques dizaines de mètres). Elles sont alors aussi bien païennes que chrétiennes ou juives. Ces hypogées remplacent les sépultures en surface (mausolées et colombaires) à un moment où l'espace disponible commence à faire défaut le long des principales voies consulaires autour de Rome, où se trouvaient traditionnellement les nécropoles.

À partir de la seconde moitié du iiie siècle, mais surtout durant les ive et ve siècles, se développent les grandes catacombes de Rome. Il s'agit d'un phénomène spécifiquement chrétien, même si les grandes catacombes juives de la même époque présentent des caractéristiques communes, les différences étant liées surtout à la typologie des sépultures.

La transformation des catacombes romaines en réseaux très étendus est liée aux pratiques funéraires de la capitale de l'Empire. Le modèle dont elles s'inspirent, plus que dans les tombes étrusques auxquelles on les a parfois associées, doit être recherché dans certaines formes d'hypogées utilisées dans le monde hellénistique oriental, sans solution de continuité jusqu'à la fin de l'Antiquité. À Rome naîtra une « mode » chrétienne de sépultures en hypogées plus ou moins développés, qui sera suivie en Italie (où sont surtout connues les catacombes de Naples et de Syracuse), à Malte, en Afrique du Nord et dans quelques autres endroits isolés.

À Rome, les catacombes les plus nombreuses et les plus vastes furent naturellement creusées là où les nécropoles païennes étaient les plus denses, à savoir tout autour de la voie Appienne jusqu'à la voie Ardéatine. C'est là qu'on a découvert le plus ancien témoignage d'un cimetière chrétien géré par la hiérarchie ecclésiastique. Le pape Zéphyrin (199-217) en avait confié l'administration au premier de ses diacres, Calixte (qui donna son nom à la catacombe). Le complexe du cimetière de Calixte est – avec celui, voisin, de Domitille, sur la voie Ardéatine – le plus étendu de la Rome chrétienne. Sur la voie Appienne se trouvent plusieurs petits hypogées privés, ainsi que deux autres grandes catacombes chrétiennes, celle de Saint-Sébastien et celle de Prétextat. En face, le long d'un diverticule de la voie Appienne (l'actuelle voie Appia Pignatelli), se trouve la catacombe juive de Vigna Randanini, elle aussi très étendue.

Les premiers hypogées, et par la suite les grandes catacombes, se développèrent en fonction des limites de propriétés juridiquement établies et consacrées selon le droit funéraire romain. Les fossoyeurs (fossores), qui devinrent un corps spécialisé au ive siècle, étaient chargés du creusement et de l'entretien des catacombes. On accédait à celles-ci par des escaliers étroits aménagés depuis la surface du sol jusqu'à la couche de tuf volcanique la plus résistante, apte à accueillir les galeries funéraires. Le long des parois, la sépulture la plus courante était le loculus, simple cavité destinée à recevoir un ou deux défunts, rarement plus. L'arcosolium, tombe surmontée d'un arc, était en général recouvert d'un enduit, souvent orné de peintures, plus rarement de mosaïques. Enfin, les sépultures les plus riches étaient les chambres funéraires, les cubicula, habituellement à caractère familial. Plusieurs d'entre eux demeurèrent sans enduit ni décor. Un grand nombre cependant, aux formes architecturales parfois élaborées (sculptées directement dans le tuf), furent décorés sur leurs parois et leurs voûtes de peintures plus ou moins soignées. Ils contenaient en général des arcosolia, plus rarement des loculi. Les sarcophages, surtout utilisés dans les mausolées en surface, demeurent des exceptions dans les catacombes.

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Écrit par :

  • : chargé de recherche au C.N.R.S., professeur à l'Institut pontifical d'archéologie chrétienne (Rome)

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Pour citer l’article

Philippe PERGOLA, « CATACOMBES », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 18 mai 2022. URL : https://www.universalis.fr/encyclopedie/catacombes/