CASPIENNE, géopolitique

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Les États caspiens au centre des enjeux énergétiques

La dissolution de l'URSS, la formation de nouveaux États caspiens et la découverte de riches gisements d'hydrocarbures ont largement contribué à réactiver le « Grand Jeu ». Sur fond de besoin croissant en gaz naturel et en pétrole dans le monde, un nouveau partage des ressources énergétiques de la région caspienne ainsi qu'une nouvelle répartition des voies de communications existantes et futures se sont opérés. Une fois leur indépendance retrouvée, l'Azerbaïdjan, le Kazakhstan et le Turkménistan ont vite été exposés aux convoitises russe, turque, iranienne, américaine, européenne et chinoise. Afin de renforcer leur fragile souveraineté, ces États ont d'emblée misé sur l'exploitation de leurs richesses énergétiques pour faire décoller leurs économies nationales en pleine crise.

Parmi les nouveaux pays caspiens, c'est l'Azerbaïdjan qui a mené la politique la plus indépendante. La plupart de ses gisements se trouvant en pleine mer, il a été impliqué dans des litiges avec le Turkménistan et l'Iran. Il a été le premier à investir dans la mise en valeur de son plateau continental, activité couronnée par la signature, en septembre 1994, du « contrat du siècle » avec des compagnies étrangères pour l'exploitation de trois gisements offshore.

Contrairement à l'Azerbaïdjan, le Kazakhstan, qui partage avec la Russie la partie septentrionale de la Caspienne, a opté pour une politique de coopération avec différents pays sur son territoire. Il s'associe fructueusement avec la Russie, sans oublier de s'ouvrir à l'Occident et à la Chine en forte demande d'énergie. Cette ligne pragmatique s'explique par la pérennité du régime kazakh, Noursoultan Nazarbaïev étant au pouvoir depuis 1989, et par la présence de fortes minorités russes dans les provinces septentrionales. En 1997, le Kazakhstan a également signé avec la Chine un « contrat du siècle », grâce auquel Pékin a obtenu les droits d'exploitation de deux gisements pétroliers.

Malgré la similitude du système clanique de gouvernance avec son voisin kazakh, le Turkménistan n'a pas échappé à l'instauration d'un culte de la personnalité. À la fin des années 1990, le conflit avec le monopole russe Gazprom lié au volume et au prix du transit du combustible bleu turkmène vers les marchés a eu pour conséquence une chute spectaculaire de la production de gaz turkmène privée de débouchés. Son système politique, le plus autoritaire et fermé de la région, a rendu son économie moins attrayante pour les investisseurs étrangers. Ainsi, le développement de tout le secteur énergétique et de l'ensemble de l'économie nationale a été entravé. À l'instar de l'Iran, le pays a de sérieux contentieux avec l'Azerbaïdjan sur la propriété de quelques champs de pétrole ; les rapports bilatéraux sont encore plus tendus depuis qu'Achgabat a menacé, en 2009, de saisir la Cour internationale d'arbitrage à propos des gisements contestés.

L'intérêt économique du secteur iranien est secondaire, car l'essentiel des réserves d'hydrocarbures du pays se trouve dans sa partie méridionale. Les sous-sols et les fonds marins de ses provinces caspiennes sont peu explorés. En dépit du fait que son secteur est le moins convoité, l'Iran reste un acteur majeur sur le marché international des hydrocarbures, notamment depuis la création à Téhéran, en 2001, du Forum des pays exportateurs de gaz comparé aussitôt à une « OPEP du gaz ».

Depuis l'époque impériale, le secteur russe de la Caspienne a été considéré comme pauvre en hydrocarbures, la préférence étant donnée aux gisements de l'Oural et de la Sibérie. Pourtant, les premières prospections effectuées dès 1996 ont révélé la présence d'une quantité significative de gaz et de pétrole. Par rapport à l'Azerbaïdjan ou au Kazakhstan, l'ampleur des travaux d'exploration et la participation des compagnies occidentales y est relativement peu importante, car la priorité est donnée aux compagnies nationales russes.

Dans ce contexte, il est également nécessaire d'évoquer le problè [...]

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Écrit par :

  • : maître de conférences en civilisation russe et soviétique, université de Lille-III (U.F.R. des langues étrangères appliquées)

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Garik GALSTYAN, « CASPIENNE, géopolitique », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 18 mai 2022. URL : https://www.universalis.fr/encyclopedie/caspienne-geopolitique/