SCHMITT CARL (1888-1985)

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Une biographie contestée

La biographie de Carl Schmitt n'est pas étrangère à ces préoccupations. Né à Plettenberg (Westphalie) en 1888, il étudie à l'université de Strasbourg alors allemande, où il passe sa thèse de doctorat, puis à celles de Bonn et à Berlin. Ses premiers travaux sont de nature plutôt juridique. Ceux qui suivront, au cours des années 1920 et au début des années 1930, marquent un net infléchissement vers une réflexion touchant à la philosophie politique, dans le sillage de la pensée de Max Weber. Ce que celui-ci a démontré sur le terrain économique à partir du protestantisme, Schmitt va le tenter pour la sphère politique à partir du catholicisme. De cette période – qui précède donc la période nazie et hitlérienne – datent des ouvrages parmi les plus importants, comme Romantisme politique (1919), Théologie Politique I (1922), La Dictature (1921), Parlementarisme et démocratie (ibid.), La Notion de politique (1932), Légalité et légitimité (ibid.).

À partir des années 1930, Schmitt, qui avait, comme beaucoup d'autres intellectuels allemands, refusé le traité de Versailles et critiqué la République de Weimar qui l'avalisait, se laisse entraîner, en tant que juriste, dans les soubresauts politiques qui aboutissent en 1933 à l'arrivée de Hitler au pouvoir. S'il n'est pas favorable, au départ, à l'accession de ce dernier à la chancellerie, puisqu'il soutient successivement, en 1932, von Papen et von Schleicher, il se rallie cependant à Hitler, « gardien de la constitution », appelé à gouverner par le maréchal Hindenburg le 30 janvier 1933. Il s'oppose d'autant moins aux mesures d'exception qui vont être prises en deux mois (dissolution du Parlement, suspension des droits fondamentaux après l [...]


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Jean-Louis SCHLEGEL, « SCHMITT CARL - (1888-1985) », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 24 octobre 2020. URL : https://www.universalis.fr/encyclopedie/carl-schmitt/