WEBER CARL MARIA VON

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Une brève mais brillante carrière

Carl Maria von Weber naît à Eutin (Holstein) le 18 (ou 19) novembre 1786. Sa cousine, Constance Weber, était l'épouse de Mozart. Son père, Franz Anton, après avoir été Stadtmusiker (musicien de la ville), avait organisé à Hambourg sa propre entreprise théâtrale, la Webersche Schauspielergesellschaft. C'était le début d'une existence itinérante, et celle de Weber allait le rester dans une large mesure. À Hildburgshausen, à l'âge de dix ans, il rencontre Johann Peter Heuschkel, qui lui donne les bases de la technique pianistique. L'année suivante, arrivant à Salzbourg, il est présenté à Michael Haydn, frère de Joseph, avec qui il étudie l'écriture musicale. En 1798, après la mort de sa mère, son père le place à Munich sous la tutelle du professeur de chant Johann Evangelist Wallishauser (connu aussi sous son nom italianisé de Valesi) et de l'organiste Johann Nepomuk Kalcher. De cette période datent ses premiers essais d'opéras, Die Macht der Liebe und des Weins (« La Puissance de l'amour et du vin »), perdu, et Das Waldmädchen (« La Fille des bois »), écrit en 1800, qui ne s'est conservé que fragmentairement ; ils sont suivis en 1801 de Peter Schmoll und seine Nachbarn (« Peter Schmoll et ses voisins »), écrit lors du retour à Salzbourg, sous la supervision du Michael Haydn. Il achève à cette même époque une messe, dite Jugendmesse (« messe de jeunesse »), et un recueil de Six Pièces pour piano. Cependant, considérant encore sa formation musicale insuffisante, Weber se rend à Vienne dans l'espoir de travailler cette fois avec Joseph Haydn. Au lieu de cela, il y deviendra l'élève de l'abbé Georg Joseph Vogler. Bien loin de valoir Haydn, ce musicien, grand voyageur et folkloriste, aura au moins le mérite d'inculquer à Weber le goût, propre aux romantiques, de l'exotisme. À Vienne, Weber se familiarise en outre avec le chant populaire et avec le jeu de la guitare.

Entre 1804 et 1810, il travaille successivement à Breslau, à Karlsruhe et à Stuttgart. Ayant obtenu le poste de chef d'orchestre au théâtre de Breslau, il s'efforce, avec enthousiasme et talent, mais aussi avec maladresse, d'y faire passer des réformes, tant au niveau de l'interprétation qu'à celui du répertoire. En plus des hostilités qu'il suscite, un grave accident, dont ses adversaires profitent, l'oblige à quitter la place : il s'empoisonne en ayant bu par mégarde de l'acide et s'abîme irrémédiablement la voix. Son second poste, à Karlsruhe, comme musicien du prince mécène Eugen Friedrich de Wurtemberg-Ols, sera en revanche l'une des périodes les plus heureuses de sa vie. Il se remet activement à la composition, écrivant notamment ses deux symphonies (1807). Ce sera probablement le contexte des événements militaires qui l'incitera à résilier ses fonctions. À Stuttgart, il se retrouve secrétaire du duc Ludwig de Saxe, frère du roi Friedrich. En dépit des difficultés de cette charge, ces années (1808-1810) sont relativement productives : il écrit notamment l'opéra Sylvana (le livret est une réadaptation de celui de Das Waldmädchen), la musique de scène pour la Turandot de Gozzi dans la traduction de Schiller, la cantate Der erste Ton ainsi qu'une Grande Polonaise pour piano et une série de lieder. Mais une inextricable affaire de dettes et une accusation d'escroquerie, probablement fabriquée, le font bannir, ainsi que son père, du duché de Wurtemberg.

Trois années itinérantes, mais largement profitables musicalement, lui feront ensuite parcourir toute l'Allemagne ; il s'arrête, entre autres villes, à Darmstadt, où il retravaille avec l'abbé Vogler, puis à Munich où, faisant exécuter son Concertino pour clarinette avec Heinrich Bärman, il reçoit du roi Maximilien de Bavière la commande de deux nouveaux concertos pour cet instrument. Ces années 1810-1813 voient naître également les deux concertos pour piano (1810 et 1812), le Concerto pour basson (1811), le singspiel Abu Hassan, représenté à Munich en 1811, et la Première Sonate pour piano (1812). En 1813, Weber arrive à Prague, où il reste jusqu'en 1816 au poste de directeur de l'Opéra. C'est là qu'il épousera en 1817 la cantatrice Caroline Brandt, qu'il avait rencontrée au cours d'un séjour à Francfort. Déployant une énergie considé [...]

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Carl Maria von Weber

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Le Freischütz

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  • : docteur en musicologie, maître de conférences à l'université d'Évry, retraité

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Pour citer l’article

André LISCHKE, « WEBER CARL MARIA VON », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 15 janvier 2023. URL : https://www.universalis.fr/encyclopedie/carl-maria-von-weber/