CAO YU ou CAOYU [TS'AO-YU] (1905-1996)

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Le poids du destin

Lorsqu'il publie, en 1934, sa première pièce dans la Revue trimestrielle de littérature (Wenxue jikan) et adopte le nom de plume qui le rendra très vite célèbre, le jeune Wan Jiabao n'a que vingt-quatre ans. Mais il est issu d'une famille riche et cultivée, originaire du district de Qianjiang dans la province du Hubei. Il a pu ainsi recevoir à Tianjin, où résidaient son père et sa belle-mère, une bonne formation secondaire à l'école Nankai. Il y a même fait déjà partie d'une troupe de théâtre, avec laquelle il a joué, entre autres, des pièces d'Ibsen et L'Avare de Molière. Ses études supérieures, poursuivies à l'université Qinghua de Pékin, lui ont aussi permis d'acquérir des connaissances étendues dans le domaine des langues et des littératures étrangères.

Les pièces du jeune auteur dramatique, bien que profondément originales, sont, de ce fait même, pleines à la fois de souvenirs personnels et de réminiscences. Tel est notamment le cas de la première, L'Orage (Leiyu). Fondée sur le principe classique de la reconnaissance successive des personnages, censés ignorer leur véritable origine, la pièce est une tragédie à bien des égards digne de l'Antiquité ou de Racine. Mais la découverte des liens incestueux et l'issue tragique qui en découle ne sont pas seulement une façon de mettre à nouveau en scène la fatalité du destin. Elles servent aussi et surtout à faire le procès de la famille chinoise traditionnelle, qui mêle les générations et donne aux hommes le droit de prendre autant de femmes qu'ils le désirent sans qu'ils aient à assumer les conséquences de ces unions successives.

Ainsi, un riche industriel, Zhou Buyuan, croit pouvoir vivre tranquille avec sa seconde femme Fanyi, leur fils Zhong et un autre fils Ping, né d'un premier lit. Or, ce dernier, après avoir été l'amant de sa belle-mère, s'est épris d'un amour partagé avec la servante de la maison Lu Sifeng. Survient alors la mère de celle-ci, qui découvre avec stupeur que le maître de maison est celui-là même qui [...]


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Écrit par :

  • : professeur de littérature chinoise à l'université de Paris-VII

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Pour citer l’article

Paul BADY, « CAO YU ou CAOYU [TS'AO-YU] (1905-1996) », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 23 octobre 2020. URL : https://www.universalis.fr/encyclopedie/cao-caoyu/