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CapitaleOttawa
Langues officiellesanglais, français
Unité monétairedollar canadien (CAD)
Population38 148 000 (estim. 2021)
Superficie (km2)9 984 670

Les formes élémentaires de l’écoumène

Ce n’est pas le continent lui-même qui attire les premiers Européens sur le territoire canadien, mais plutôt la recherche d’un passage vers l’Orient. Leurs multiples voyages leur font prendre conscience toutefois de l’immense potentiel de ses matières premières, si bien que Français et Anglais décident de s’y établir de façon permanente dès le début du xviie siècle, à des fins tant économiques que politiques. Le Canada se serait développé, dès lors, au rythme de l’exploitation de multiples ressources, dans un système d’abord centré sur l’Europe, puis sur les États-Unis. Les géographes Jean-Bernard Racine et Paul Villeneuve en ont fort bien décrit les effets sur le territoire dans leur contribution à la Géographie universelle (1992).

La morue : la naissance d’un chapelet de petites localités côtières

L’intérêt pour le Canada est d’abord suscité par la morue, source de protéines bon marché, facile à stocker et à transporter. Elle abonde sur la côte atlantique du continent, vers laquelle affluent des centaines de navires et des milliers de pêcheurs européens – français, portugais, basques d’abord, puis anglais –, pendant tout le xvie siècle. Au gré d’un commerce de mieux en mieux structuré, des gardiens sont progressivement laissés sur place l’hiver pour entretenir les installations de séchage et de salage. Mais on ne recense que quelque 1 000 hivernants, parmi lesquels une quarantaine de familles, dans les établissements français de la côte sud de Terre-Neuve en 1687, alors que la trentaine de havres et petits ports anglais de la côte est de l’île n’en comptaient toujours que 1 700 en 1675. Il faudra attendre le xviiie siècle pour que s’amorce un véritable peuplement de la côte atlantique, qui ne servira longtemps que de point d’appui : l’écoumène reste ponctuel, formé essentiellement d’un chapelet de petites localités hautement dépendantes des marchés extérieurs. Cette dispersion de la population caractérise encore aujourd’hui le paysage du Canada atlantique.

La pêche met rapidement les Français, installés aussi autour du golfe et de l’estuaire du Saint-Laurent, en contact avec les fourrures, notamment celles de castor, la plus convoitée. Les autochtones, qui n’ont pas vraiment participé au système de la pêche, font la trappe et fournissent les peaux, qu’ils apportent aux postes de traite le long du Saint-Laurent. Certains d’entre eux s’imposent comme intermédiaires, ce qui fait diminuer les profits des Européens. Afin d’y remédier, les Français gagnent eux-mêmes l’intérieur du territoire. Ils se déplacent sur les grands affluents du Saint-Laurent – le Saguenay, le Saint-Maurice, et surtout l’Outaouais – et pénètrent de plus en plus loin vers l’ouest, par les Grands Lacs. La France assure ainsi progressivement sa domination territoriale sur une bonne partie du continent nord-américain, depuis Québec, fondée en 1608 par l’explorateur Samuel de Champlain. Les Anglais, installés en Nouvelle-Angleterre, accèdent d’abord à l’intérieur du continent par la rivière Hudson puis, dès 1670 par la baie d’Hudson, plus au nord.

La fourrure : la pénétration à l’intérieur du continent

La traite des fourrures se pratique sur une base extensive, sous le contrôle de grandes compagnies. Celles-ci sont protégées par l’État dont elles dépendent et qui leur en assure le monopole, moyennant certaines redevances et obligations. C’est ainsi que la Compagnie des Cent-Associés, créée en 1627 par le cardinal de Richelieu, principal ministre du roi Louis XIII, s'engage à établir quatre mille colons en Nouvelle-France en quinze ans, dont trois cents dès la première année. Mais la guerre opposant la France et l'Angleterre pour le contrôle du territoire freine rapidement ses efforts. Seule une fraction des colons promis se sont établis au Canada, dont la situation économique demeure précaire, notamment en raison des guerres contre les Iroquois. Il faut attendre l’avènement de Louis XIV, au début des années 1660, pour qu’un véritable développement s’amorce après que la Couronne a repris le contrôle de la colonie.

Les conflits s’enveniment toutefois entre la France et l’Angleterre, qui cherchent chacune à s’assurer l’accès aux nouveaux espaces de traite. Leurs [...]

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Le flottage

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Forage pétrolier au Canada

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Montréal, Canada

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Écrit par :

  • : professeure émérite, département de géographie, université d'Ottawa, Ontario (Canada)

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Pour citer l’article

Anne GILBERT, « CANADA - Espace et société », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 26 janvier 2022. URL : https://www.universalis.fr/encyclopedie/canada-espace-et-societe/