SAINT-SAËNS CAMILLE (1835-1921)

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Identité musicale et engagements

En 1870, Saint-Saëns rejoint les rangs de la garde nationale. Quelques mois plus tard, il est confronté à la mort d’un de ses proches, le peintre Henri Regnault, qui décède à la bataille de Buzenval pendant la guerre franco-prussienne. Il cofonde en février 1871 la Société nationale de musique, dont la mission est d’aider les jeunes compositeurs français à présenter leurs productions au public, puis il décide de fuir les violences de la Commune et de se réfugier en Angleterre.

Membre de l’Académie des beaux-arts à partir de 1881, le musicien acquiert un statut officiel qui l’intègre aux hautes sphères du régime républicain. Il se trouve parfois mis au service du protocole élyséen, tient les orgues de Notre-Dame de Paris lors des funérailles du président Sadi Carnot en 1894, participe aux grandes mises en scène du pouvoir, notamment lors des funérailles de Victor Hugo en 1885 (vingt-sept de ses compositions s’inspirent des œuvres de l’écrivain) ou encore lors de fêtes organisées en 1905 à Bordeaux sous la présidence d’Émile Loubet.

Au cours de la Première Guerre mondiale, Saint-Saëns abandonne sa prédilection première pour la musique allemande et prend parti contre elle dans la presse. À travers une série d’articles rassemblés en 1916 sous le titre Germanophilie, il tente de convaincre l’opinion des méfaits de l’esprit pangermaniste véhiculé entre autres par le wagnérisme. Il s’engage publiquement en faveur de l’effort de guerre, compose des œuvres de circonstances comme Vers la victoire (1918) ou la Marche interalliée (1918), et déploie beaucoup d’énergie pour représenter la culture française à l’étranger. Son positionnement anti-allemand et sa volonté de soumettre l’art à l’impératif nationaliste engendrent une polémique et divisent profondément le milieu musical français.


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Pour citer l’article

Stéphane LETEURÉ, « SAINT-SAËNS CAMILLE - (1835-1921) », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 20 octobre 2019. URL : http://www.universalis.fr/encyclopedie/camille-saint-saens/