COROT JEAN-BAPTISTE CAMILLE (1796-1875)

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Corot et l'école du “paysage historique”

Les Salons très politisés de l'époque révolutionnaire ont paradoxalement consacré en France le succès du paysage et du portrait. La production dans ces domaines – à Paris, en province, dans le groupe européen des artistes vivant à Rome – accompagne un relatif désintérêt du public pour la peinture d'histoire officielle. Élève d'Achille-Etna Michallon (1796-1822), premier lauréat du prix de Rome de paysage historique, institué à l'instigation de Valenciennes, et qui marqua officiellement la reconnaissance académique d'un genre tenu pour mineur depuis le xviie siècle, passé après la mort de Michallon dans l'atelier de Jean-Victor Bertin (1767-1842), Jean-Baptiste Camille Corot apprit à travailler sur le motif pour composer ensuite, en atelier, des paysages qui servent de décor à une action historique, biblique ou mythologique. La technique de l'époque est simple : l'artiste dessine en plein air, peint sur le motif des “études” à l'huile sur carton. Ces matériaux sont nécessaires à l'élaboration des compositions exposées ensuite, qui n'ont qu'un rapport lointain avec le réel. Toute sa vie, Corot s'adonna à ce genre noble, qui rattache le paysage à la “grande peinture”. Un tableau comme Agar dans le désert (1835, Metropolitan Museum, New York) est construit en reprenant des éléments (arbres, rochers) étudiés en divers lieux. Tant Homère et les Bergers (1845, musée de Saint-Lô) que le Baptême du Christ (1845-1847, église Saint-Nicolas-du-Chardonnet, Paris) témoignent de cette volonté de prolonger, dans la composition autant que dans les sujets eux-mêmes, une tradition.

Le Pêcheur, C. Corot

Photographie : Le Pêcheur, C. Corot

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Camille Corot, «Le Pêcheur», 1860. Huile sur toile, 343 cm × 420 cm. Hugh Lane Municipal Gallery of Modern Art, Dublin. 

Crédits : AKG

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Le Catalpa. Souvenir de Ville d'Avray, C. Corot

Photographie : Le Catalpa. Souvenir de Ville d'Avray, C. Corot

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Camille Corot, «Le Catalpa. Souvenir de Ville-d'Avray», 1869. Huile sur toile, 93 cm × 133 cm. Musée d'Orsay, Paris. 

Crédits : AKG

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Dans ses œuvres tardives, alors que le paysage historique est un genre démodé, que le prix de Rome en cette section avait été supprimé (1863), Corot continue de peindre des divinités dans les forêts imaginaires qu'il prétend représenter “de souvenir” (Une matinée, danse des nymphes, 1860, musée d'Orsay). On peut donc interpréter ses dernières œuvres comme l'affirmation, à contre-courant, de la pérennité d'une manière qu'il hér [...]


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Le Pêcheur, C. Corot

Le Pêcheur, C. Corot
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Le Catalpa. Souvenir de Ville d'Avray, C. Corot

Le Catalpa. Souvenir de Ville d'Avray, C. Corot
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La Femme en bleu, C. Corot

La Femme en bleu, C. Corot
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Vue de Florence depuis les jardins de Boboli, C. Corot

Vue de Florence depuis les jardins de Boboli, C. Corot
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Écrit par :

  • : agrégé de l'Université, ancien élève de l'École normale supérieure, maître de conférences à l'université de Paris-IV-Sorbonne

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Pour citer l’article

Adrien GOETZ, « COROT JEAN-BAPTISTE CAMILLE - (1796-1875) », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 27 octobre 2020. URL : https://www.universalis.fr/encyclopedie/camille-corot/