CALENDRIERS

Carte mentale

Élargissez votre recherche dans Universalis

Calendriers lunaires et calendriers solaires

La mesure du temps étant essentiellement astronomique, ce sont la Lune et le Soleil qui sont à la base de la constitution des calendriers. L'intervalle de temps qui sépare le passage de la Lune dans la même zone du ciel étoilé – ce que l'on appelle période sidérale – vaut 27,3217 jours = 27 jours 7 heures 43 minutes 11,42 secondes. La période qui est associée aux phases (nouvelle lune et pleine lune et quadratures : premier et dernier quartier) qu'on appelle la lunaison, est la période synodique de la Lune, qui vaut 29 j 12 h 44 min 2 s. On doit attacher une attention particulière à la nouvelle lune, qui repère traditionnellement le début du mois. Il faut en effet attendre de 1 à 2 jours pour que le mince croissant devienne visible le soir juste après le coucher du soleil. La difficile visibilité de ce croissant est à l'origine de la reconstitution hasardeuse que l'on peut faire des calendriers mésopotamien, indien, hébreux... Ce phénomène, qui constitue réellement l'origine physique du mois lunaire, est appelé néoménie d'après le mot grec qui signifie « nouvelle lune ». La fête des néoménies se pratiquait chez les Égyptiens, les Hébreux, les Grecs, les Romains...

Calendrier aztèque

Photographie : Calendrier aztèque

Un calendrier aztèque, surnommé la Pierre du Soleil, conservé au Musée national d'anthropologie de Mexico. Cette pierre, qui se trouvait sur la pyramide double de Tenochtitlán, a un diamètre de 3,60 mètres et pèse 25 tonnes. Elle est constituée d'un cercle qu'entourent 7 anneaux... 

Crédits : Universal History Archive/ Universal Images Group/ Getty Images

Afficher

Le calendrier lunaire

La subdivision de nos calendriers en mois dérive de la lunaison bien qu'actuellement les mois du calendrier grégorien n'ont plus de rapport avec la lunaison. L'étymologie atteste le parallélisme entre les mots « mois » et « lune » dans différentes langues. En grec, neomenia signifie nouvelle lune et le premier jour du mois. En allemand et en anglais, on trouve respectivement « der Mond » = la Lune et « der Monat » = le mois, « the moon » = la Lune et « the month » = le mois. Les sociétés primitives ont utilisé un comptage fondé uniquement sur la lune. Les peuples (Grecs, Hébreux, Celtes...) qui ont adopté une année de 12 lunaisons (12 × 29,5306 jours) avec 6 mois de 30 jours et 6 mois de 29 jours ont dû harmoniser cette année trop courte de 11 jours sur le soleil en procédant à des retouches plus ou moins complexes qui ont donné à chacun de ces calendriers une structure particulière.

La durée de la lunaison n'est pas un nombre entier de jours, mais la partie décimale équivaut à peu près à une demi-journée. Ainsi, en faisant alterner des mois de 30 jours et des mois de 29 jours, on « suit » la lune avec une bonne précision. En effet, une année lunaire ainsi constituée totalise 354 jours, qu'il faut comparer à 12 lunaisons réelles = 12 × 29,5306 = 354,3672 jours = 354 j 8 h 48 min 33 s. Au bout d'un an, la lune est en retard d'environ 8 heures sur le calendrier théorique et de 1 jour en trois ans, ce que l'on peut parfaitement corriger en ajoutant 1 jour tous les trois ans. Tous les calendriers lunaires ont fonctionné sur ce principe et c'est ainsi que fonctionne le calendrier musulman, qui reste le seul calendrier lunaire actuel. Les saisons dérivent à raison de 11 jours par an ; c'est la raison pour laquelle le début de ramadan, le neuvième mois du calendrier musulman, ne correspond pas à une date fixe dans le calendrier grégorien. Ce calendrier musulman fonctionne en réalité sur un cycle plus complexe que la solution de 3 ans : le cycle est en réalité de 30 années, parmi lesquelles 19 années possèdent 354 jours et les onze autres 355 jours. La correction effective est de 11/30 = 8 h 48 min. Les phases de la lune sont suivies avec une très grande précision, puisque la lune avance seulement de 33 secondes par an, soit de 1 jour en 2 600 ans.

Les corrections luni-solaires

Si un très bon calendrier lunaire est de mise en place aisée, le rythme de notre vie est, dans de nombreuses régions habitées du globe, imposé par les saisons. L'astronomie définit une grande variété d'années et celle qui intéresse le calendrier est l'année des saisons, ou « année tropique », qui commence quand le centre du Soleil apparent traverse le point vernal γ. Cette année tropique (365,24219878 jours) contient 12 lunaisons plus une dizaine de jours : 365,2422 = (12 ×29,53058) + 10,88 jours. Le passage du calendrier lunaire au calendrier solaire ou luni-solaire ne se [...]

1  2  3  4  5
pour nos abonnés,
l’article se compose de 15 pages

Médias de l’article

La Naissance du Christ, A. Altdorfer

La Naissance du Christ, A. Altdorfer
Crédits : Hulton Archive/ Getty Images

photographie

Calendrier aztèque

Calendrier aztèque
Crédits : Universal History Archive/ Universal Images Group/ Getty Images

photographie

Regiomontanus : Calendarium

Regiomontanus : Calendarium
Crédits : Rosenwald Rare Book Collection/ Library of Congress, Washington, D.C.

photographie

Les heures du jour en Égypte antique

Les heures du jour en Égypte antique
Crédits : Encyclopædia Universalis France

tableau

Afficher les 4 médias de l'article


Écrit par :

Classification

Autres références

«  CALENDRIERS  » est également traité dans :

ALMANACH

  • Écrit par 
  • Jean FAVIER
  •  • 192 mots

Calendrier annonçant les fêtes mobiles, les lunaisons et la date des changements de saison. Des almanachs manuscrits ont été diffusés dès l'Antiquité, mais c'est l'invention de l'imprimerie qui a permis leur multiplication. Objets de colportage par excellence, les almanachs ont très vite été complétés par diverses indications pratiques (lieux et heures de départ des courriers ou des diligences), v […] Lire la suite

ALMANACH, estampe

  • Écrit par 
  • Maxime PRÉAUD
  •  • 807 mots

Le mot almanach , d'origine incertaine, apparaît dans l'arabe occidental au xiii e  siècle ; il désigne d'abord une éphéméride où figurent les positions du soleil et de la lune. Avec l'invention de l'imprimerie et de l'estampe, ce type de calendrier va se développer et se diffuser très largement, sous deux formes. La première est celle d'un livret comprenant le calendrier proprement dit, enrichi d […] Lire la suite

ASTROLOGIE

  • Écrit par 
  • Jacques HALBRONN
  •  • 13 309 mots

Dans le chapitre « Autour de l'almanach »  : […] L'astrologie a souvent été intimement liée au calendrier et s'est parfois confondue avec lui. Elle a été évidemment affectée – dans ses formulations les plus primaires (correspondance jour de la semaine-planète) – par la réforme du calendrier grégorien, en 1582, qui modifiait les correspondances entre jours et phénomènes cosmiques ou météorologiques. Bien que le mois et le signe zodiacal ne coïnc […] Lire la suite

ASTRONOMIE

  • Écrit par 
  • James LEQUEUX
  •  • 11 318 mots
  •  • 20 médias

Dans le chapitre « Les origines de l’astronomie »  : […] Les plus anciennes civilisations sur lesquelles nous possédons des informations occupent, entre 5000 et 4000 ans avant J.-C., les plaines fertiles de Chine, des Indes, d'Égypte et de Mésopotamie, mais c'est probablement en cette dernière , sur les bords du Tigre et de l'Euphrate, que l'observation des astres tint le plus de place. Vers 3000 avant J.-C., les villes sumériennes du sud de la Mésopot […] Lire la suite

AZTÈQUES

  • Écrit par 
  • Rosario ACOSTA, 
  • Alexandra BIAR, 
  • Mireille SIMONI
  •  • 11 273 mots
  •  • 20 médias

Dans le chapitre «  Le calendrier et la soumission aux « livres du destin » »  : […] Les Aztèques étaient héritiers d'un long passé, et, comme leurs prédécesseurs et leurs voisins, Olmèques ou Mayas en particulier, ils accordaient une importance extrême à l'astronomie. Dans leurs calmecac (sortes de collèges religieux), les prêtres étudiaient l'année divinatoire et donnaient à chaque date ou à chaque événement sa place dans le réseau d'influences divines, d'appartenances, d'orie […] Lire la suite

CHINOISE (CIVILISATION) - Sciences et techniques

  • Écrit par 
  • Jean-Claude MARTZLOFF
  •  • 6 597 mots

Dans le chapitre « Astronomie »  : […] L'astronomie ( tianwen ) constitue un ensemble de spéculations et de pratiques tournées vers l'utilisation des phénomènes célestes à des fins politiques. Les astronomes-astrologues-calendéristes ( chouren ) étaient des fonctionnaires affectés au bureau d'Astronomie (significativement, la nomenclature chinoise des étoiles et constellations s'inspire bien plus de la terminologie administrative que d […] Lire la suite

CIEL SYMBOLISME DU

  • Écrit par 
  • Gilbert DURAND
  •  • 2 865 mots

Dans le chapitre « L'harmonie des contraires »  : […] Toutefois un autre symbolisme vient se greffer sur l'archétype diurne du Ciel. Car le Ciel peut aussi être nocturne. Bien mieux, il est la scène dramatique par excellence où se succèdent les contraires, où s'affrontent les phases, où se jouent les ascensions astrales comme les déclins. Sans insister ici sur le symbolisme spécifique de la Lune, il nous faut indiquer cependant que c'est bien elle q […] Lire la suite

CODEX MAYAS

  • Écrit par 
  • Éric TALADOIRE
  •  • 2 846 mots
  •  • 4 médias

Dans le chapitre « Le codex de Dresde »  : […] Le codex de Dresde (ou Codex Dresdensis ) se trouve à la Sächsische Landesbibliothek de Dresde depuis son acquisition en 1739 par le directeur de la Dresdener Bibliothek, Johann Christian Götze. Il se compose de 39 feuilles de 20,4 × 9 centimètres chacune, soit 78 pages dont 4 vierges. Sa longueur totale atteint 3,56 mètres. Son histoire antérieure reste inconnue, même si l’on peut supposer qu’i […] Lire la suite

COMTE AUGUSTE (1798-1857)

  • Écrit par 
  • Bernard GUILLEMAIN
  •  • 9 458 mots
  •  • 1 média

Dans le chapitre « La religion de l'humanité »  : […] Comte annonçait la paix et l'harmonie parfaites pour le xx e  siècle, ce qui laisse rêveur. Méprisant les politiciens, il les attendait de l'avènement de la religion positiviste. Comte se voit avant tout comme fondateur de religion. Le problème se pose ainsi : les croyances théologiques se trouvent désormais privées de sens, mais les hommes ont besoin d'un objet d'amour plus haut qu'eux-mêmes, ils […] Lire la suite

DÉVELOPPEMENT DU TEMPS, psychologie

  • Écrit par 
  • Sylvie DROIT-VOLET
  •  • 2 083 mots

Dans le chapitre « L’apprentissage du calendrier  »  : […] Le calendrier est un système arbitraire et conventionnel de représentation du temps. Ce sont donc les parents et les professeurs qui enseignent à l’enfant cette représentation sociale du temps. L'ordre d'acquisition des éléments du calendrier est le suivant : les jours de la semaine (cinq-six ans), puis les mois de l'année (sept ans), les saisons (sept-huit ans), et enfin les années (huit-neuf an […] Lire la suite

Voir aussi

Pour citer l’article

Jean-Paul PARISOT, « CALENDRIERS », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 29 juin 2022. URL : https://www.universalis.fr/encyclopedie/calendriers/