CALENDRIER VACCINAL 2018

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Les objectifs du calendrier vaccinal français 2018

Le bloc vaccinal obligatoire a pour but d’assurer une immunité solide des enfants jusqu’à l’entrée à l’école primaire et sans doute bien au-delà, même si la durée de l’immunité acquise varie d’un sujet à un autre. La pratique des rappels, tout comme celle de la primovaccination chez des sujets adultes non encore vaccinés, doit permettre d’assurer une bonne couverture vaccinale de la population française. La démarche du gouvernement consiste à favoriser la prévention pour limiter les interventions thérapeutiques, l’idée fondamentale étant d’établir et de maintenir une couverture vaccinale suffisante pour prévenir des épisodes épidémiques. La réémergence de la diphtérie en URSS en 1990-1991 par diminution de la couverture vaccinale est un exemple marquant pouvant justifier cette démarche.

Jusqu’en 2017, la protection obligatoire en France était dirigée seulement contre des maladies à fort taux de mortalité (tétanos et diphtérie) et de séquelles graves (poliomyélite). Les vaccinations obligatoires du calendrier 2018 traduisent la prise en compte de plusieurs réalités en matière de santé publique. Si la santé de l’enfant reste la préoccupation première, des considérations additionnelles ont poussé à accroître le nombre de vaccinations obligatoires. Ainsi, la gravité de la coqueluche chez le nourrisson et sa contagiosité ont justifié la vaccination obligatoire contre cette maladie. Pour les oreillons – affection modérément grave chez l’enfant, mais qui entraîne des complications plus sérieuses chez l’adulte –, l’immunité acquise la vaccination du nourrisson dure toute la vie, elle protège donc l’adulte et contribue à diminuer la fréquence de la maladie dans la population. Pour les méningites à méningocoques, qui se propagent très rapidement, en particulier en collectivité, et constituent une urgence médicale (mortalité, séquelles neurologiques) lorsqu’elles sont déclarées, la vaccination permet de prévenir l’apparition de microépidémies chez les personnes en contact avec le malade. Les infections à Haemophilus influenzae de type b sont également ciblées à travers le calendrier vaccinal 2018 car elles sont responsables de méningites, d’épiglottites et de pneumonies graves voire mortelles. Dans d’autres cas, comme celui de l’hépatite B, l’enjeu est double : il s’agit de prévenir l’infection chez l’enfant, mais aussi de diminuer le nombre de porteurs du virus (90 p. 100 des enfants infectés à un an deviennent porteurs du virus) et ainsi le risque d’évolution ultérieure chez l’adulte, vers des atteintes hépatiques graves, dont les cancers hépatiques. L’enjeu est également double en ce qui concerne la rougeole. D’une part, la maladie est loin d’être bénigne puisqu’on observe des complications graves assez fréquentes chez l’enfant ; d’autre part, elle peut être associée chez l’adulte à des complications sérieuses, voire provoquer des décès, et nécessite dans 20 p. 100 des cas une hospitalisation des patients. Une couverture vaccinale insuffisante a ainsi été responsable d’épidémies de rougeole en 2011 puis en 2017. La vaccination contre la rubéole, quant à elle, vise moins l’enfant, chez qui la maladie est bénigne, que les risques de malformation fœtale encourus chez les femmes enceintes non vaccinées ou n’ayant pas été malades dans leur enfance.

Le calendrier vaccinal 2018 indique donc une double intention. Sur le plan strictement médical, l’obligation de prévention dans tous les cas pour l’enfant a pour but de limiter l’importance des épidémies et donne une couverture vaccinale de base. Chez l’adulte, les recommandations vaccinales et l’information en direction de la population visent à maintenir la couverture vaccinale à un niveau élevé. À cela s’ajoute un autre point essentiel, à savoir les conséquences économiques et sociales d’une maladie infectieuse. Chaque décision gouvernementale relative à un vaccin est précédée d’une analyse de type coût-efficacité, prenant en compte les données suivantes : mortalité, morbidité, effets secondaires, journées de travail ou de scolarisation perdues, coût médical stricto sensu, etc. On traduit ainsi en termes économiques les difficultés rencontrées par les familles et les écoles à gérer ces maladies, auxquelles il faut ajouter l’éviction scolaire pour les cas de coqueluche, diphtérie, méningite, oreillons, poliomyélite et rougeole, pour les seules maladies concernées par la vaccination obligatoire. La vaccination a donc également pour objectif de réduire le coût important de l’assistance médicale chez l’enfant comme chez l’adulte en cas de maladie déclarée. À titre d’exemple, selon l’OMS et sur le fondement de diverses études européennes, le coût statistique moyen d’un cas de rougeole en Europe est de l’ordre de 520 euros pour un vaccin qui n’en coûte que 26. Comme la maladie est fortement contagieuse, les coûts liés à celle-ci peuvent augmenter de manière vertigineuse en l’absence de couverture vaccinale suffisante. Le caractère obligatoire ou de recommandation d’une vaccination découle ainsi de la prise en compte de ces divers paramètres.

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Écrit par :

  • : chercheur en histoire des sciences, université Paris-VII-Denis-Diderot, ancien chef de service à l'Institut Pasteur

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Gabriel GACHELIN, « CALENDRIER VACCINAL 2018 », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 25 novembre 2021. URL : https://www.universalis.fr/encyclopedie/calendrier-vaccinal-2018/