GUYANES BOUCLIER DES

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Guyanes

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Walter Raleigh

Walter Raleigh
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Chasseur yanomami

Chasseur yanomami
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Le bouclier des Guyanes est cerné par le courant d'eaux douces ou saumâtres le plus puissant du monde qui résulte de la double jonction de l'Amazone et de l'Orénoque. Il représente près de deux millions de kilomètres carrés du continent sud-américain et forme une île très mystérieuse, aux contours mal définis, dont l'explorateur britannique Walter Raleigh révéla, en 1596, le nom et la richesse, et dans laquelle s'est développé le rêve d'une Amérique du Sud non latine et protestante.

Cette bulle explosa, au cours du xxe siècle, en cinq territoires politiques distincts : deux États indépendants, le Suriname (ex-Guyane hollandaise, depuis 1975) et la Guyana (ex-Guyane britannique, depuis 1965) ; la région de la Guyane vénézuélienne constituée de trois États à l'est de l'Orénoque (Delta Amacuro, Bolívar, Amazonas) ; deux territoires brésiliens, l'Amapá et le Roraima, États fédéraux depuis 1988, et les parties situées au nord de l'Amazone des États du Pará et de l'Amazonas ; enfin, la Guyane qui est un département français d'outre-mer depuis 1946.

La quasi-totalité des sept millions d'habitants, au début du xxie siècle, et des activités installées sur le bouclier des Guyanes sont situées sur un anneau périphérique étroit et discontinu. L'ampleur du contraste entre les sociétés et les paysages du nord et ceux du sud souligne les limites de l'Amérique latine avec la colonisation protestante.

Très peu peuplées, les régions intérieures de forêts ou de savanes ne sont pas pour autant des espaces naturels ; ce sont des territoires amérindiens, appropriés, maîtrisés, dont on est en train de découvrir l'ancienneté, la richesse et la vigueur.

Guyanes

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Le bouclier des Guyanes (d'après Emmanuel Lézy, 2007). 

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Le plus vieux des nouveaux mondes

Une île au relief inversé

La Guyane est un môle de roches cristallines chargé en son cœur d'or, de fer et de diamants. Selon le géographe Élisée Reclus, « du point de vue géologique, cette Guyane est aussi une île, un massif distinct de granit et autres roches éruptives, émergé depuis l'époque du Trias ». Elle rassemble des roches précambriennes formées il y a environ 3 400 millions d'années. La division du Gondwana les sépara, il y a 200 millions d'années, de ce qui forme aujourd'hui le bouclier ivoirien (l'orogenèse éburnéenne couvre 40 millions d'années et elle s'est traduite par la formation, en Afrique de l'Ouest et en Guyane, de massifs granitiques et de grandes failles chevauchantes de direction nord-ouest/sud-est).

Le bouclier guyanais est divisé par l'axe de l'Essequibo-Rio Branco en deux ensembles coulissant l'un sur l'autre. À l'est, le bloc soulevé a été débarrassé de sa couverture sédimentaire précambrienne par la puissance érosive de quatre mètres par an d'eau de pluie chauffée par l'équateur. Au-dessous, les môles granitiques, peu résistants à l'érosion chimique, ont été puissamment rabotés. C'est donc un paysage collinaire qui domine, caractérisé par des formes dites en « demi-oranges ». Les altitudes restent faibles, mais les sommets s'élèvent progressivement vers l'ouest, de 250 mètres dans l'État d'Amapá (Serra do Navio) à un peu plus de 1 000 mètres dans les Kanuku Mountains au sud de la Guyana, en passant par les monts Tumuc Humac, au sud du Suriname et de la Guyane (mont Mitaraka à 690 mètres).

À l'ouest, le bloc affaissé a conservé des pans entiers de sa couverture sédimentaire. Le paysage semble troué par le jaillissement de ces formations gréseuses tabulaires de plus de 1 000 mètres d'épaisseur, les tepuys, qui sont en fait inégalement effondrés. Ceux-ci constituent les sommets les plus élevés de l'Amérique du Sud non andine (Pico de Neblina, 3 014 mètres). La périphérie de la région est frangée par les plus hautes chutes d'eau du monde : Salto Angel (972 mètres) sur le Churun, et Kaieteur Falls (250 mètres) sur la Potaro River. La forêt tropicale humide, qui couvre 90 p. 100 de la superficie du bouclier guyanais, laisse apparaître deux zones de savanes au centre, l'une en creux (80 000 km2 des savanes intérieures, sur le graben du Tacutu), l'autre en relief (70 000 km2 au sommet des tepuys).

Le bouclier des Guyanes trouve ses limites, vers l'ouest et le nord-ouest, en plongeant sous les dépôts provenant de la chaîne des Andes, qui forment les vastes dépressions des Llanos ; vers le sud en disparaissant sous les formations paléozoïques qui comblent la dépression de l'Amazone ; et, vers le nord et le nord-est, le long de la façade atlantique où des dépôts tertiaires et quaternaires d'origine marine ou deltaïque le recouvrent.

Le bouclier reste pourtant une « île continentale », grâce aux rencontres des courants les plus importants de la planète. La « mer d'eau douce » de l'Amazone (75 000 m3/s, jusqu'à 200 000 m3/s en crue) coule jusqu'à l'île de Marajó. Á l'embouchure, ses eaux brunes, repoussées le long des côtes par le courant équatorial d'Est, forment le puissant « courant des Guyanes » (16 millions m3/s) et ourlent la Côte sauvage de mangroves d'allure inhospitalière. Dans le Delta Amacuro (Venezuela), ce sont donc les eaux de l'Amazone qui s'unissent à celle du « splendide Orénoque » (33 000 m3/s, le second du monde, jusqu'à 100 000 m3/s en crue). Un canal, qui coule alternativement vers le nord et vers le sud, le Casiquiare, complète cette disposition annulaire en mettant en contact les eaux du haut Orénoque avec celles du haut Rio Negro. C'est grâce au Casiquiare que le bouclier des Guyanes mérite son nom d'île, et c'est par cet improbable cours d'eau qu'il reste relié au continent.

L'Eldorado

L'ouvrage de Walter Raleigh, The Discovery of the Large, Rich and Beautiful Empire of Guiana, with a Relation of the Great and Golden City of Manoa (which the Spaniards call ElDorado), qui, pour la première fois, en 1596, fit mention de la région, connut un succès immédiat en Europe. Cent ans après le rêve d'Eden catholique de Christophe Colomb, l'Europe du Nord orientait sur la région sa quête d'un refuge protestant. La Guyane de Raleigh inspira l'Utopie de Thomas More.

Walter Raleigh

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Walter Raleigh (1552-1618), explorateur, homme d'État, historien, étend sa cape sous les pas de la reine Élisabeth Ire d'Angleterre. 

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Raleigh ne vit jamais Manoa, « la plus grande ville du monde » aux bords du grand lac salé Parime (ou Toponowini), régnant sur une vaste cuvette agricole protégée du monde par la forêt, ni les peuples sauvages, les Amazones et les Ewaïpanomas, les fameux hommes sans têtes. Pourtant, le centre de la Guyane, d'où l'on continue d'extraire l'or et le diamant, fut longtemps couvert par un ou plusieurs lacs et l'on découvrira peut-être un jour les vestiges de Manoa sur l'île de Maracá (État brésilien du Roraima).

L'héritage colonial

Faute de cités d'or, la « Guiana » de Raleigh devint le refuge des protestants chassés par les guerres de religion en Europe et attirés par le rêve doré. Elle se trouve à l'intersection de l'axe de la course aux Indes, parallèle à l'équateur, et du méridien de Tordesillas à partir duquel la Castille et le Portugal se partagèrent leurs possessions (traité de Tordesillas en 1494). Sur le continent américain, la découverte de cette région vient combler un vide entre l'axe nord-sud, le long des Andes, de la colonisation espagnole et l'axe est-ouest de l'avancée portugaise remontant le long de l'Amazone.

Dès 1604, le capitaine anglais Charles Leigh tenta, sans succès, de s'installer sur les bouches de l'Orénoque. La même année, le Français Daniel de La Ravardière explora les côtes de la Guyane. Les premières installations hollandaises dans les Guyanes datent de 1616, sur l'Essequibo (dans l'actuelle Guyana). Mais il faudra attendre 1630 pour que les Britanniques s'installent à l'embouchure du fleuve Suriname, 1643 pour la fondation de la ville de Cayenne par les troupes du roi Louis XIII, et 1651 pour la création d'une colonie britannique du Suriname, à l'existence éphémère. De 1665 à 1667, en réponse à une attaque britannique dans les Indes occidentales, une flotte de l'État de Zélande s'empara de la colonie. Lors de la paix de Breda, en 1667, les Provinces-Unies conservèrent leur conquête en échange de la Nouvelle-Amsterdam qu'ils avaient fondée, en 1626, dans l'île de Manhattan (qui deviendra New York). La « Nieuw Amsterdam » fut alors refondée sur la rivière Berbice, près de l'actuelle capitale du Suriname, Paramaribo.

Ce n'est qu'en 1796 que les Britanniques reprirent pied sur la côte de Guyane. Ils s'emparèrent des colonies hollandaises de l'Essequibo, de Demerara et de Berbice puis, trois ans plus tard, de celles du Suriname. Les colonies furent restituées à la République batave lors du traité d'Amiens de 1802, puis à nouveau occupées. Les traités de 1814-1815 placèrent les colonies de l'Essequibo, de Demerara et de Berbice sous la domination britannique et restituèrent celle du Suriname aux Hollandais.

La Guyane côtière : une création coloniale inachevée

Les colonisations catholique et protestante prirent pied sur la Guyane côtière, une ancienne région de culture amérindienne. La conquête fut sauvage, l'esclavage fut plus féroce qu'ailleurs, l'émigration se révéla un désastre, et le bagne fut mortifère.

La Caribane : une terre de vieille culture amérindienne

Malgré sa réputation de côte sauvage, la côte guyanaise, que les cartes anciennes nommaient la « Caribane », fut longtemps une terre de grande culture et, au xiie siècle, la Guyane présentait un littoral fort développé. Sur la rive nord, à partir de 600 apr. J.-C., les sociétés dites Arauquinoïdes pratiquaient une agriculture intensive sur billons (Rostain, 2003), fort exigeante en main-d'œuvre et capable de nourrir une population nombreuse et dense. Sur la rive méridionale, de grandes cités, à Santarém sur l'Amazone et sur l'île de Marajó à l'embouchure du même fleuve, tiraient leur subsistance des cultures de varzea (terres inondables) et de la terra preta (terre noire très fertile).

Ces sociétés étaient issues de la zone Orénoque-Apure (dans l'actuel Venezuela) et constituaient, entre la Guyana orientale et l'île de Cayenne, des cultures indépendantes mais présentant des caractères communs. Dans la plaine côtière, elles vivaient dans des villages de bois qui dominaient, sur des buttes artificielles, un paysage de billons ordonnés utilisant des systèmes élaborés de drainage. L'artisanat y était raffiné et les échanges trans-culturels poussés. Les voyages se faisaient alternativement à pied et par voie d'eau, grâce à une série de sentiers traversant les lignes de partage des eaux et reliant les différentes sections navigables (biefs) des fleuves, entre les sauts infranchissables et considérés comme sacrés.

Les Amérindiens sont, au début du xxie siècle, plus de 206 437 dans la Guyane, répartis en vingt-quatre groupes (Bahuchet, 1993). Ils représentent officiellement 5,57 p. 100 de la population totale, un chiffre important comparé aux États de la région (0,4 p. 100 de la population du Brésil en 2000 et 2,31 p. 100 de celle du Venezuela selon le recensement de 2001). La densité de population amérindienne qui est de 0,06 hab./km2 au Brésil atteint 0,11 en Guyane (statistiques de Serge Bahuchet, 1993), traduisant un doublement de la population amérindienne guyanaise entre 1970 et 1990. Un tiers des populations amérindiennes vit dans la zone périphérique, mais cette part tend à diminuer. En 1970, 32 p. 100 des Amérindiens de la Guyane vivaient au milieu de forêts et de savanes inondables (mangroves et varzeas). En 1990, la zone ne représente plus que 28 p. 100 de l'ensemble, malgré un taux de croissance démographique annuel de 1,88 p. 100. La zone principale de peuplement amérindien se situe dans le Delta Amacuro (19 573 Warao en 1990). Dans les Guyanes côtières, on compte 21 714 Karib Kalin'a (anciennement dénommés Galibi), 14 510 Arawaks Lokono, et 600 Palikur. Dans cette zone de vieille culture agricole, les habitats sont peu à moyennement dégradés, bien qu'ils soient très fragiles et très convoités. Ils sont, en effet, soumis à des pressions très fortes de la part de l'agriculture (riziculture, élevage), de l'urbanisation, des routes et de la pêche intensive sur le plateau continental (crevettes).

L'union politique entre les différents groupes indigènes s'ébauche, à partir de 1981, autour de la Fédération des organisations amérindiennes de Guyane (F.O.A.G). Très active politiquement et culturellement, elle reste cependant dynamisée par une ethnie, les Kali'na.

Esclavage et plantations : « le nègre de Surinam »

Couverte de mangrove et de varzea, la marge côtière et fluviale du bouclier est la partie la plus fertile et la plus attractive. Sans savoir qu'ils rendaient aux savanes littorales leur paysage agricole traditionnel, les Hollandais mirent à profit, au Nord, leur expérience des polders et transformèrent, à partir de 1710, une partie des savanes littorales en rizières densément peuplées (rivières Canje, Abary, Mahaicony, Pomeroon ou Waini).

Au Suriname, la colonie était groupée autour de la ville de Paramaribo, dont le luxe insolent (maisons en bois de deux à quatre étages, palais du gouverneur), à la fin du xviiie siècle, contrastait violemment avec l'atonie de Cayenne et devint bientôt légendaire. Son port recevait six vaisseaux par an pour la traite des Noirs et, entre 1750 et 1774, cinquante vaisseaux par an partaient d'Amsterdam à destination de Paramaribo. La colonie entière comptait 650 plantations.

Les esclaves révoltés (les nègres marrons), réfugiés dans la forêt, sur le cours supérieur des rivières, créèrent un contre-pouvoir à la plantation avec lequel la colonie fut vite obligée de négocier. Le nombre des esclaves (en Guyane française, 1 399 esclaves noirs en 1700 et 5 571 en 1759 sur une population de 1 752 personnes au début du xviiie siècle et 5 847 personnes en 1759), leur capacité à survivre et à s'organiser dans la forêt rendaient, en effet, la lutte contre ces Marrons extrêmement difficile. Dès 1626, dans la Guyane hollandaise, les premières républiques noires s'installèrent sur les rivières Coppename et Saramacca, dont les Marrons prirent le nom. En 1639, un traité, qui servira de modèle aux suivants, fut passé avec eux par le gouverneur : l'émancipation est accordée aux révoltés, ainsi que la jouissance du territoire qu'ils occupent, à condition qu'ils cessent le sac des plantations, n'accueillent pas de nouveaux venus et, même, s'allient aux Hollandais contre les nouveaux groupes de Marrons. Un traité semblable accorda aux Ndjuka le territoire du Tapanahoni, affluent de la rive gauche du Maroni. Ceux-ci deviendront, par la suite, de véritables alliés des Hollandais, contribuant à traquer ou à contrôler les groupes plus récents, comme les Boni, établis sur le haut Maroni à partir de 1776-1777 et placés sous la tutelle des Ndjuka en 1791. Ces groupes de Marrons ne représentent donc pas qu'une simple opposition au pouvoir de Paramaribo. Rapidement, ils en sont un relais important. Non seulement les Ndjuka vont seconder à moindre frais et avec une plus grande efficacité les troupes hollandaises dans la lutte contre les révoltés, mais ils constituent aussi une sorte de « marquisat » chargé de contrôler les frontières de la colonie. Grâce à une série d'accords, les Hollandais déléguèrent à ces francs-tireurs le rôle de gardes-frontières.

L'abolition de l'esclavage, entre 1848 (en France) et 1888 (au Brésil), et la perte d'une main-d'œuvre servile provoqua le débarquement d'autres hommes enchaînés, les bagnards (70 000 personnes passèrent par les bagnes français, entre 1851 et 1947) et les Indiens sous contrat (des Indes « orientales »). Entre 1838 et 1917, 238 909 immigrants indiens ont débarqué en Guyane britannique. Ils représentaient 70 p. 100 des travailleurs immigrés du pays sur la période, et 44 p. 100 du total des immigrants indiens dans la Caraïbe.

La Guyane économique « utile »

Outre l'agriculture de plantation, les activités économiques de la région concernent l'extraction (or, diamants, pétrole, fer, manganèse, bauxite, bois, eau), la propulsion (lancements de fusées à Kourou à partir de 1968) et la distribution. Elles sont concentrées autour des villes principales (Manaus, Macapá, Ciudad Guayana, Ciudad Bolívar, Georgetown, Paramaribo, Cayenne), anciens comptoirs fortifiés situés sur la rive côtière ou fluviale qui tiennent les principaux estuaires. Elles disposent leurs plans orthogonaux face à l'air plus frais du large. De grands théâtres, des églises baroques au sud (Manaus), de grandes églises de bois austères au nord (Georgetown – capitale de la Guyana –, Paramaribo, Cayenne), témoignent d'un destin colonial plus faste que le rôle de villes d'outre-mer qu'elles partagent depuis la seconde moitié du xxe siècle. Les ports de ces villes exportent la bauxite, le manganèse, l'or, les diamants, le bois, la viande au profit des entreprises et des États européens, nord-américains (Canada et États-Unis) ou latino-américains.

La zone riveraine fluviale et maritime vit, au début du xxie siècle, dans la dépendance de trois principaux bassins d'emplois. La Corporación Venezolana de Guayana (C.V.G.), premier organisme public de promotion du développement régional, créée en 1958 dans l'État de Bolívar, exploite l'énergie hydraulique du rio Caroní (barrages de Guri,de Macagua et de Caruachi), ainsi que les ressources forestières, le fer, la bauxite, l'or et les diamants. Elle emploie, en 2007, dix-huit mille personnes. La zone franche de Manaus (Brésil) et son statut de centre administratif et commercial fixent 1 644 690 habitants (2005) en plein cœur de l'Amazonie. Et, en Guyane française, le Centre spatial guyanais (C.S.G.), basé à Kourou depuis 1964, couvre 50 kilomètres de côtes et emploie 1 700 personnes. Ces trois pôles génèrent des flux de migrations importants.

Au nord, les routes suivent le tracé de la côte. À l'intérieur, elles quittent les rives de l'Amazone, de l'Orénoque et du rio Negro et permettent le développement de villes secondaires : Boa Vista (capitale de l'État brésilien du Roraima créée en 1830), Lethem (frontière Guyana-Roraima), Santa Elena (frontière Venezuela-Roraima), El Dorado (Venezuela)... La jonction fluviale par le canal du Casiquiare est demeurée une voie « marginale » empruntée aujourd'hui par des groupes Amérindiens transfrontaliers qui font remonter clandestinement la cocaïne colombienne vers Caracas, Georgetown, Paramaribo ou Cayenne.

Dans les Guyanes côtières, les activités agricoles, industrielles et tertiaires sont concentrées le long de la côte et laissent, entre elles, de longues discontinuités forestières. L'ouverture de la route Régina/Saint-Georges (Guyane) puis la construction d'un pont sur l'Oyapock en 2008 ont rendu la circulation routière possible de Macapá (Brésil) à Georgetown. Au-delà, la contestation frontalière toujours active entre la Guyana et le Venezuela, qui porte sur 60 p. 100 de la superficie du premier, a transformé la frontière actuelle en un no man's land infranchissable. Les camions passent à l'intérieur des terres par Linden, Bartica et Lethem pour rejoindre Caracas par Ciudad Guayana, ou Manaus par Boa Vista.

Le front de la « latinité » en Amérique du Sud

Pour le Brésil ou le Venezuela, l'Amazone et l'Orénoque ne sont pas des mers d'eau douce séparant des régions différentes, mais des fleuves géants fonctionnant comme les creusets de l'intégration nationale et catholique. Le traité de Madrid, en 1750, fixa la limite entre les deux empires ibériques sur « les montagnes qui séparent les bassins entre l'Orénoque et le Marañon ou fleuve Amazonas », dans l'ignorance du canal du Casiquiare (reconnu, pour la première fois, en 1800 par Alexandre de Humboldt), et dans le plus grand mépris de l'unité insulaire de la « Guiana » décrite par les protestants, de Walter Raleigh à Élisée Reclus.

« Au siècle des grandes découvertes, la plupart des entreprises conduites par la France au Nouveau Monde sont le fait des protestants » (F. Lestringant, 1990). Le rôle du protestantisme se décline, certes, de façon différente de Cayenne à Georgetown : exclusif au Suriname hollandais, il est très majoritaire en Guyane britannique et a été important dans la colonie française de Guyane, au moins durant la période de fondation.

La Guyane présente des caractéristiques géographiques appropriées pour le projet protestant : l'insularité la protège de l'influence des puissances catholiques, tant par mer que par terre. La divergence du réseau hydrographique fait de chaque fleuve côtier une entité autonome, elle-même compartimentée en biefs isolés par des chutes d'eau difficiles à franchir, qui fonctionnent comme autant de frontières naturelles. Les migrations juives, au milieu du xviie siècle, et indiennes (1838-1917) viendront renforcer cette tendance au « développement séparé » de l'Amérique latine.

Les Guyanes côtières sont classiquement présentées comme une mosaïque humaine profondément variée et hétérogène. L'identité culturelle se fonde sur une identité ethnique, voire raciale. À chacun des groupes identifiés est attribuée une position et un territoire particuliers dans la société. La plaine littorale est composée d'unités urbaines et rurales ethniquement homogènes : les villages indiens de l'Est (issus de l'immigration indienne), amérindiens, javanais, laotiens, Saint-Luciens ou marrons se succèdent sans se mélanger. La hiérarchie économique et sociale est étroitement liée à une perception de la société en « castes » ethniques.

La ville est le fief des Créoles qui, à Cayenne comme à Paramaribo ou à Georgetown, ont la mainmise sur les emplois administratifs, et des Chinois qui se chargent du commerce. À Georgetown, cette répartition est en cours d'évolution : de plus en plus d'Indiens, d'Amérindiens, de métis et de Blancs habitent la capitale alors qu'ils sont nés ailleurs et, à l'inverse, les Noirs sont plus nombreux à vivre à l'extérieur en étant nés dans la capitale. Si la population créole est essentiellement noire et métisse en Guyane française, on distingue généralement, en Guyana et surtout au Suriname, les « Afro-créoles » qui constituent la grande majorité et occupent des emplois de travailleurs urbains, de soldats et de policiers, et les « Euro-créoles » qui forment la strate supérieure de la bureaucratie d'État, les professions libérales, et tiennent les hauts postes dans l'armée, la police, la classe intellectuelle et une position importante dans la bourgeoisie marchande.

L'organisation politique suit ce même découpage au Suriname et en Guyana. Au Suriname, par exemple, les principaux partis, issus des années 1940 et qui ont resurgi après 1987 (chute du dictateur Dési Bouterse), sont à base essentiellement ethnique (Nationale Partij Suriname, N.P.S., est le parti des Créoles, urbains et chrétiens). La situation est différente en Guyane française où la communauté créole règne sans partage sur la population de nationalité française.

La Guyane intérieure amérindienne

Sur chaque cours d'eau se succèdent des biefs et des rapides ; au-delà de ces premiers « sauts » qui bloquent la remontée des navires, commence la Guyane proprement dite, par opposition à la Caribane côtière. Ce toponyme d'origine amérindienne est le seul, en Amérique du Sud, à couvrir une surface aussi vaste.

La géographie sacrée du « Pays des mille eaux »

Au début du xxe siècle, on recensa plus de quatre-vingt-quatorze étymologies pour le terme Guyane (Williams, 1904), dont les plus courantes décrivent un « pays des mille eaux », « une planète » ou un « pays sans nom ».

Les cultures les plus anciennes identifiées en Guyane ne sont pas situées en marge du territoire mais en son cœur. Les chasseurs-cueilleurs du Paléolithique occupent depuis 10 000 ans les savanes intérieures. Les horticulteurs Koriabo (Rostain, 2003) évoluent dans la zone forestière et sur la côte depuis 1100, et des agriculteurs barrancoïdes (350-650) et arauquinoïdes (600-1300) aménagent le littoral. Il est difficile de dire si cette imbrication des cultures provient d'une diffusion historique centrifuge ou s'il s'agit d'une stratégie de complémentarité des milieux à grande échelle. L'insularité de la Guyane semble avoir été non seulement connue, mais entretenue et alimentée par les sociétés traditionnelles. Pour celles-ci, les îles forment un territoire coupé du monde des vivants, le domaine des rêves et des morts où l'on va enterrer les siens. La Guyane toute entière tire sa sacralité de cette paradoxale insularité que l'on retrouve à toutes les échelles (île de Cayenne, île de Maracá, île de Marajó...).

Malgré leur sacralité, les paysages forestiers guyanais ne constituent pas des espaces naturels vierges, protégés de l'empreinte de l'homme. Au contraire, leur composition fut profondément et précocement modifiée par l'action des sociétés amérindiennes. La forêt tropicale humide constitue l'essentiel de la couverture végétale guyanaise. Elle fait partie de la grande forêt tropicale qui couvre 4 p. 100 de la planète (935 millions d'hectares) et constitue, sinon un poumon pour la planète, du moins une « mémoire » génétique absolument vitale, puisqu'on estime qu'elle regroupe à elle seule 50 p. 100 des espèces animales et végétales. Là où elle n'a pas été vidée de ses habitants, la forêt est un territoire construit, approprié, maîtrisé par le travail et par le verbe. L'appropriation des paysages forestiers passe par un vaste travail toponymique. Les sociétés forestières ont profondément transformé le faciès botanique grâce aux systèmes de rotation des déboisements. La base de l'alimentation est le manioc, parfois secondé par la banane plantain (chez les Yanomami, répartis entre le Roraima et le Venezuela). La chasse et la pêche sont des activités complémentaires de l'agriculture. Dans le contexte animiste (Descola, 2005) de la « domesticulture » (domestication d'un écosystème tout entier), la lisière entre champs cultivés et forêt n'existe pas. La différence entre le naturel et le culturel, entre l'homme et l'animal restent ainsi invisibles.

Le « Pays sans nom » aux frontières de la colonisation européenne

Au début du xxie siècle, le partage colonial est encore inachevé dans l'intérieur des terres. La faiblesse du contrôle étatique, d'un côté, permet l'enracinement et la croissance des sociétés amérindiennes, et de l'autre, elle les met en danger. Ainsi, dix-sept groupes réunissant 143 519 personnes sont localisés sur les frontières, souvent contestées, entre États. Avec un total de 1 150 kilomètres de frontières en litige (soit 15,6 p. 100 de la longueur totale de ses frontières), la Guyane représente le tiers des conflits frontaliers en Amérique latine.

Du côté brésilien, la frontière est fixée par la calha norte, « la gouttière nord », projet militaire conçu en 1985. Dans cette bande de 160 kilomètres de large et 6 500 kilomètres de long, les terres indigènes forment des ensembles très étendus, contigus et dans lesquelles sont officiellement interdits les projets miniers. En fait, l'essentiel de ces terres indigènes est constitué de parcs nationaux dans lesquels l'exploitation minière et forestière est encouragée par l'armée et la Fondation nationale de l'Indien (Funai, créée le 5 décembre 1967). D'autres acteurs se rencontrent sur cette frontière, multipliant ainsi les conflits : des missions catholiques et protestantes, des propriétaires terriens, des compagnies minières et des garimpeiros (chercheurs d'or) clandestins. Les espaces proprement indigènes (Yanomami, Waimiri-Atroari et Tukano, en particulier) sont donc, en fait, réduits, morcelés et criblés d'installations militaires et minières. Pour l'anthropologue Bruce Albert, les conséquences immédiates de ces découpages et de ce voisinage sur la mortalité et les conditions de vie des Yanomami relèvent d'une « véritable stratégie de génocide ».

Chasseur yanomami

Chasseur yanomami

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Indien Yanomami à la chasse. 

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Cela étant, 68 p. 100 des Amérindiens (Bahuchet, 1993) vivent dans l'intérieur des terres, et onze groupes n'ont jamais été en contact avec les Blancs (quatre d'entre eux le refusent explicitement). Dans la zone des savanes intérieures, la voix des chamans Karibs traditionnels est encore entendue (Whitehead, 2002). L'anthropologue Pierre Grenand identifie, en haute Guyane, trois des neuf principales zones de peuplement indigène de l'Amazonie : la zone Karibe des savanes intérieures (45 465 personnes), la zone Yanomami (38 853 personnes) et la zone Tukano du Uaupès (affluent du rio Negro, Brésil) et du Casiquiare (48 181 personnes) (Bahuchet, 1993). Par exemple, les groupes Makushi, Pemón, Piaroa, Kapon, Akawayo, Patamona, Ingariko, WaiWai, Wapishana et Xiriana sont passés de 14 900 à 36 023 personnes entre 1970 et 1990 (de 14 à 17 p. 100 de la population amérindienne guyanaise). Le taux de croissance annuel a été, durant la même période, de 2,93 p. 100. Le milieu est peu ou moyennement dégradé par l'homme, mais la pression exercée par les militaires, les orpailleurs et les éleveurs est très forte. Depuis 1997-1998, une série de sècheresses s'est abattue sur les savanes intérieures du Rupununi, du Sipaliwini et de la Gran Sabana et poussent les villageois à l'exil.

Les terres réellement attribuées aux Amérindiens ne représentent qu'une partie des terres reconnues comme indigènes (11,6 p. 100 du territoire de la Guyana, 5,9 p. 100 de celui du département français de Guyane et 13,3 p. 100 du territoire brésilien) et une plus faible partie encore des terres revendiquées (21 p. 100 en Guyana, 27 p. 100 en Guyane française).

Universelle périphérie, le bouclier des Guyanes attire tous les peuples du monde, mais leur ferme son cœur. Les rêves d'Eldorado attirent toujours chercheurs d'or et de diamants, tandis que l'anthropophagie rituelle pratiquée par les chamanes Macuxi ou Patamuna entraîne l'homme vers les plus obscures profondeurs de son inconscient. C'est dans cette paradoxale insularité, dans cette dimension onirique incontournable que résident la forme et l'âme de la région.

—  Emmanuel LÉZY

Bibliographie

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Écrit par :

  • : maître de conférences en géographie à l'université de Paris-X-Nanterre

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Pour citer l’article

Emmanuel LÉZY, « GUYANES BOUCLIER DES », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 26 février 2020. URL : http://www.universalis.fr/encyclopedie/bouclier-des-guyanes/