BOSNIE-HERZÉGOVINE

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Nom officielBosnie-Herzégovine (BA)
Chef de l'ÉtatŽeljko Komšić (depuis le 20 juillet 2021). La présidence est confiée à un comité tripartite, où chacun des membres représente une des trois principales nationalités (bosniaque, croate, serbe) et assure la présidence durant huit mois.
Chef du gouvernementZoran Tegeltija (depuis le 5 décembre 2019)
Autorité internationaleValentin Inzko (depuis le 26 mars 2009)
CapitaleSarajevo
Langues officiellesbosniaque, croate, serbe
Unité monétairemark convertible (BAM 2)
Note : L'euro circule également de façon quasi officielle
Population3 481 000 (estim. 2021)
Superficie (km2)51 209

Histoire

Antiquité et Moyen Âge

Quand les Romains conquirent le territoire de l'actuelle Bosnie, au cours des iie et ier siècles avant notre ère, les populations qu'ils rencontrèrent appartenaient surtout à des tribus illyriennes. La majeure partie de la Bosnie moderne fut alors incorporée à la province romaine de Dalmatie. Au cours des ive et ve siècles de notre ère, les armées romaines subirent plusieurs défaites sévères dans cette région tombée aux mains des Goths. Quand ces derniers furent finalement chassés des Balkans par l'empereur byzantin Justinien ier, au début du vie siècle, le territoire bosniaque devint une partie de l'Empire byzantin, du moins en théorie.

Les Slaves commencèrent à s'installer sur ce territoire au cours du vie siècle. Une seconde vague slave, au viie siècle, comprenait deux tribus puissantes, les Croates et les Serbes : les Croates occupèrent probablement tout ou partie du centre, de l'ouest et du nord de la Bosnie, tandis que les Serbes se répandaient dans la vallée de la Drina et dans l'actuelle Herzégovine. (Les termes « serbe » et « croate » désignaient, à l'époque, des tribus. Ce n'est que plus tard qu'ils ont acquis leurs connotations d'identité ethnique ou nationale au sens moderne.)

À la fin du viiie et au début du ixe siècle, une partie du nord-ouest de la Bosnie fut conquise par les Francs de Charlemagne ; cette région fut par la suite incorporée à la Croatie, sous le roi Tomislav. Après la mort de ce dernier en 928, une grande partie de la Bosnie tomba aux mains d'une principauté serbe qui reconnaissait la souveraineté de l'Empire byzantin. La première mention écrite concernant la Bosnie au cours de cette période émane de l'empereur byzantin Constantin VII Porphyrogénète, qui décrivit la « Bosona » comme un district de la « Serbie baptisée ». Le district auquel il faisait référence était une région beaucoup plus petite que la Bosnie actuelle et centrée sur la rivière Bosna. Peu après cet impérial état des lieux, la majeure partie du territoire actuel de la Bosnie repassa sous l'autorité croate.

Au cours des xie et xiie siècles, la Bosnie connut la domination de Byzance par le biais d'intermédiaires serbes ou croates, l'incorporation à un royaume serbe qui s'était étendu vers le nord à partir des territoires du Monténégro et de l'Herzégovine actuels, puis la domination de la Hongrie, et à nouveau une brève période sous la férule byzantine. Après la mort de l'empereur Manuel Ier Comnène en 1180, l'emprise de Byzance cessa de s'exercer mais ni l'autorité de la Croatie ni celle de la Hongrie ne furent restaurées : c'est ainsi que, pour la première fois, un territoire bosniaque (mais excluant une grande partie de l'actuelle Bosnie et l'Herzégovine dans son intégralité) devint une entité indépendante.

Une sorte d'État bosniaque exista presque continûment de 1180 à 1463, en dépit d'attaques répétées du royaume voisin de Hongrie, qui affirmait toujours une hypothétique souveraineté sur la Bosnie. Cette dernière connut des moments de puissance et d'indépendance, en particulier sous la direction de trois chefs marquants : le ban Kulin (1180-1204), le ban Stjepan Kotromanic (1322-1353) et le roi Tvrtko Ier (1353-1391). Sous Kotromanic, la Bosnie s'étendit vers le sud, incorporant la principauté de Hum (l'actuelle Herzégovine). Sous le règne de Tvrtko Ier, elle poursuivit son expansion méridionale et mit la main sur une partie de la côte dalmate. À la fin du xive siècle, elle fut pour une courte période le plus puissant État de l'ouest des Balkans. La Grande Bosnie de Tvrtko resta pourtant une exception : pendant la plus grande partie de la période médiévale, la Bosnie fut surtout un État morcelé, isolé et protégé par ses terres impénétrables.

Une des conséquences de cet isolement fut le développement d'une Église bosniaque particulière. Après la partition de la Chrétienté entre catholicisme romain et orthodoxie orientale, le territoire bosniaque avait été en majorité (à l'exception toutefois de l'actuelle Herzégovine) catholique romain ; mais, au cours de sa longue période d'isolement par rapport à Rome, l'Église bosniaque tomba dans un état de schisme de facto, élisant ses propres dirigeants parmi les supérieurs des couvents. Manque de formation théologique, r [...]

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Bosnie-Herzégovine : carte physique

Bosnie-Herzégovine : carte physique
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Bosnie-Herzégovine : drapeau

Bosnie-Herzégovine : drapeau
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Tireur serbe

Tireur serbe
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Soldats bosniaques

Soldats bosniaques
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Écrit par :

  • : docteur en géographie
  • : membre associé de l'École des hautes études en sciences sociales, responsable Balkans à la Direction générale des relations internationales et de la stratégie
  • : professeur de littérature à l'université de Sarajevo
  • : historien, professeur invité au St. Antony's College, université d'Oxford

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Pour citer l’article

Emmanuelle CHAVENEAU, Renaud DORLHIAC, Nikola KOVAC, Noel R. MALCOLM, « BOSNIE-HERZÉGOVINE », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 14 janvier 2022. URL : https://www.universalis.fr/encyclopedie/bosnie-herzegovine/