BOHÈMES (exposition)

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Intérieur d'atelier, O. Tassaert

Intérieur d'atelier, O. Tassaert
Crédits : Art Media/ Print Collector/ Getty Images

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Sainte Famille, G. Lallemant

Sainte Famille, G. Lallemant
Crédits : A. Beaudoin/ MBA, Rennes/ Service de presse/ RMN

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Le mystère des origines

Tout est dit... Encore fallait-il le montrer, ce à quoi s'est attaché Sylvain Amic, directeur des musées de Rouen, à travers plus de deux cents œuvres réparties en quinze grands thèmes, la place occupée par les Bohémiens dans l'art occidental depuis la fin du xve siècle, où ils semblent faire leur apparition. Le mystère qui entoura longtemps leur origine (d'où leurs noms successifs, et selon les pays qu'ils traversent, d'Égyptiens – en anglais Gipsies –, Cigains, Zigeuner, Zingari, Tsiganes, Bohémiens, Gitans ou Manouches, qui, tous, désignent ce qu'on appelle aujourd'hui la nation rom) et leur vie errante, pauvre mais libre et proche de la nature, vont alimenter de nouvelles postures artistiques.

De Léonard de Vinci au maniérisme et au caravagisme, la représentation, à la fois réaliste et fantasmée des Bohémiens oscille entre angélisme et diabolisme, sensualité et gravité. La Vierge Marie apparaît parfois en petite bohémienne avec sa grande coiffure caractéristique, et sous le sobriquet de Zingarella, par assimilation probablement avec l'épisode de la Fuite en Égypte narré dans l'Évangile de Matthieu. Les gravures de Callot au début du xviie siècle, qui devaient inspirer à Baudelaire les « Bohémiens en voyage » des Fleurs du mal, n'ont pas peu contribué à installer l'étrangeté de ces errants dans l'imaginaire collectif, comme La Gitanilla de Cervantès le fit pour le charme envoûtant de la belle bohémienne.

Sainte Famille, G. Lallemant

Sainte Famille, G. Lallemant

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Georges Lallemant, Sainte Famille, fin XVIe-XVIIe siècle. Huile sur toile, 115 cm × 94 cm. Musée des Beaux-Arts de Rennes. Au Moyen Âge et jusqu’au XVe siècle, on appelle « Égyptiens » des populations rom, réputées venir d’Orient. Le terme « Bohémien » ne s’imposera que par la... 

Crédits : A. Beaudoin/ MBA, Rennes/ Service de presse/ RMN

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Le thème de la Diseuse de bonne aventure (vers 1625) est chez Georges de La Tour associé à la parabole du fils prodigue. L'Égyptienne qui dérobe en même temps qu'elle prédit l'avenir invite à une réflexion morale sur le danger qu'il y a à vouloir connaître son destin. Ce que l'exposition gommait toutefois à ce stade, faute d'une scène de taverne à la Valentin de Boulogne, par exemple, c'est le côté déjà « bohème » de la vie des jeunes suiveurs de Caravage dans la Rome du début du xviie siècle. Elle le sera aussi à Paris sous la Révolution, alors que la disparition des institutions et des rites qui encadraient jusque-là la vie artistique, ai [...]

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Robert FOHR, « BOHÈMES (exposition) », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 23 juillet 2019. URL : http://www.universalis.fr/encyclopedie/bohemes/