BĪRŪNĪ (973-1050)

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Le savant

En 995, Bīrūnī effectue des mesures astronomiques dans le sud du Khwārizm, sur la rive gauche de l'Amū Daryā, avec des instruments dont l'importance semble prouver qu'il travaillait dans un observatoire officiel. Il se rend auprès du sultan sāmānide Manṣūr II b. Nūḥ (997-999), qu'il a loué comme son premier bienfaiteur. Mais des troubles ont lieu dans le pays : le prince de Gurgandj, Ma'mūn b. Muḥammad, renverse l'ancienne dynastie et prend le titre de Khwārizmshāh. Bīrūnī quitte alors son pays. C'est à ce moment sans doute qu'il fait un bref séjour à Rayy, où vraisemblablement il étudie les œuvres d'Abū Bakr Muḥammad b. Zakariyyā al-Rāzī (Rhazès), dont il compose la bibliographie. Puis il se rend à Djurdjān, à la cour du ziyāride Qābūs b. Washmgīr, dont la puissance s'était affermie dans ce pays en 998. C'était là un centre où se réunissaient de nombreux savants. Selon R. Wright, Bīrūnī entretint des relations avec ce prince jusqu'à son retour dans sa patrie qui doit se situer avant le renversement de Qābūs (1012). C'est à cette époque que Bīrūnī compose son grand ouvrage les Vestiges des siècles passés, appelé couramment Chronologie.

Dans la Chronologie, Bīrūnī signale plusieurs de ses ouvrages antérieurs : Livre du témoignage tiré du désaccord des observations (qui traite des mesures astronomiques) ; Des rayons et des lumières dépouillés des sottises inscrites dans les livres (sur le problème de la projectio radiorum, calcul trigonométrique des deux points de l'écliptique coupés par un cercle de 60, 90 ou 120 degrés ayant pour centre une planète) ; Avertissement contre l'art de faire illusion que sont les jugements astrologiques et Livre des soleils guérisseurs des âmes (sur la conjonction des astres et la durée de la vie humaine déterminée par les seules planètes) ; Histoire des Mubayyida et des Qarmates (il s'y réfère dans son chapitre sur les « ères des pseudo-prophètes ») ; Livres des merveilles de la nature et des étrangetés de l'art (sur les incantations, les charmes et les talismans).

Pendant son séjour à Djurdjān, Bīrūnī s'intéresse à la mesure e [...]


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  • : membre de l'Institut, professeur émérite à l'université de Paris-IV-Sorbonne

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Pour citer l’article

Roger ARNALDEZ, « BĪRŪNĪ (973-1050) », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 26 octobre 2020. URL : https://www.universalis.fr/encyclopedie/biruni/