BIOLOGIELa contruction de l'organisme

Carte mentale

Élargissez votre recherche dans Universalis

Les gènes de développement

Ces gènes ont été découverts chez la drosophile grâce aux mutations du développement, apparues spontanément ou plus souvent induites par des mutagènes, qui ont été décrites chez cet Insecte. Le généticien américain Edward B. Lewis a posé les bases de ces recherches en analysant les mutations homéotiques qui entraînent la substitution de certaines parties du corps par d'autres. La mutation du gène Antennapedia, par exemple, est responsable de la croissance d'une patte à la place d'une antenne sur la tête de la mouche. Lewis découvre que les mutations homéotiques ne correspondent pas à l'altération de gènes de structure mais de gènes régulateurs d'autres gènes.

Plusieurs de ces gènes ont été clonés, et Walter Gehring et ses collaborateurs y découvrent, à Bâle, en 1984, une séquence conservée qu'ils appellent l'homéodomaine. On démontre chez la drosophile que les gènes homéotiques (dont l'homéobox diverge peu de celle d'Antennapédia) sont distribués séquentiellement sur le même chromosome, qu'ils sont activés au cours du développement selon l'ordre dans lequel ils sont placés sur le chromosome de l'extrémité 3' à l'extrémité 5' de la molécule d'ADN, enfin que les gènes situés en 3' sont exprimés en position céphalique et conditionnent le développement de l'extrémité antérieure de la mouche. Les gènes suivants s'expriment plus tard et plus caudalement. Cette disposition est connue comme la règle de colinéarité spatiale et temporelle, qui sous-tend l'« information de position » que ces gènes fournissent à chaque partie du corps. Très rapidement, ces gènes sont découverts chez un Batracien, le xénope, puis chez la souris, grâce à la conservation très forte de l'homéodomaine au cours de l'évolution. Ces gènes sont beaucoup plus nombreux chez les Vertébrés que chez la drosophile : trente-huit chez la souris et chez l'homme ; ils sont répartis en quatre groupes sur des chromosomes différents et résultent d'une double duplication. [...]

Xénope du Cap

Photographie : Xénope du Cap

Photographie

Le xénope du Cap (Xenopus laevis), un amphibien originaire d'Afrique du Sud, a été très utilisé dans les recherches portant sur le développement embryonnaire des vertébrés et sur le fonctionnement du système immunitaire. Ses œufs ont servi d'outils dans de nombreuses recherches de... 

Crédits : T. Vinckers

Afficher

1  2  3  4  5
pour nos abonnés,
l’article se compose de 5 pages

Écrit par :

  • : directeur de recherche au C.N.R.S., sous-directeur de l'Institut d'embryologie du C.N.R.S.

Classification

Autres références

«  BIOLOGIE  » est également traité dans :

BIOLOGIE - L'être vivant

  • Écrit par 
  • Andrée TÉTRY
  • , Universalis
  •  • 5 064 mots
  •  • 1 média

Le terme « biologie » (β́ιος, vie, et λ́ογος, science) désigne la science qui étudie les êtres vivants, la vie. Il est utilisé, pour la première fois par le médecin allemand Gottfried R. Treviranus (1776-1832), dans Biologie oder Philosophie der lebendenNatur (Biol […] Lire la suite

BIOLOGIE - La maintenance de l'organisme

  • Écrit par 
  • Marc PASCAUD
  •  • 2 732 mots
  •  • 10 médias

« C'est toujours la même lampe qui éclaire, pourtant ce n'est jamais la même flamme qui brûle puisque la flamme se nourrit d'un combustible sans cesse renouvelé. Ainsi l'homme : toujours un, toujours autre, puisqu'il est perpétuellement recréé par l'agrégation et la désagrégation des cinq khandas ou agrégats physiques et psychiques qui composent l'être » (Nagasena, disciple du Bouddha, […] Lire la suite

BIOLOGIE - La biologie moléculaire

  • Écrit par 
  • Gabriel GACHELIN
  •  • 7 385 mots
  •  • 11 médias

La biologie moléculaire n'est pas en elle-même une discipline, c'est une expression commode pour désigner la « molécularisation » de la biologie, autrement dit le rôle central de l'approche moléculariste dans l'étude de la vie. Chacun y met à peu près le même contenu : la traduction des phénomènes du vivant – et en particulier la transmission et l'expression des caractères héréditaires – en termes […] Lire la suite

BIOLOGIE - Les pratiques interventionnelles

  • Écrit par 
  • François GROS
  •  • 6 550 mots
  •  • 3 médias

Depuis le dernier quart du xxe siècle, la biologie s'est dotée de nouveaux moyens techniques et de nouveaux protocoles expérimentaux qui lui donnent la possibilité d'intervenir sur les organismes vivants au niveau de leurs gènes : soit pour leur conférer de façon permanente et transmissible certaines propriétés physiologiques, métaboliques ou morpholo […] Lire la suite

BIOLOGIE - La bio-informatique

  • Écrit par 
  • Bernard CAUDRON
  •  • 5 439 mots
  •  • 3 médias

La bio-informatique est une application des techniques informatiques au traitement massif de données biologiques. Elle est spécialement utilisée pour l'analyse des séquences génomiques et des protéines. Le terme de bio-informatique est apparu en 1995 dans des publications scientifiques et des programmes de recherche, avec les premiers pas de la génomique. Cette discipline prend en effet appui sur […] Lire la suite

BIOLOGIE, en bref

  • Écrit par 
  • François GROS
  • , Universalis
  •  • 945 mots

La prise de conscience de la réalité biologique, c'est-à-dire de ce qui caractérise le vivant par rapport à l'inanimé, remonte sans doute aux premières tentatives des Anciens pour définir et expliquer cette différence. On pense ici à la philosophie naturaliste d'Aristote, aux idées d'Hippocrate, puis de Galien. Leur conception de la vie s'inscrit le plus so […] Lire la suite

ADAPTATION - Adaptation biologique

  • Écrit par 
  • Armand de RICQLÈS
  •  • 1 372 mots

En biologie comme en technologie, le concept d'adaptation sert généralement à comprendre la relation qui existe entre les structures et les fonctions qu'elles remplissent. Dire d'un organe ou d'un outil qu'il est bien adapté signifie qu'il est efficace, autrement dit que les caractères de l'objet sont bien appropriés au rôle qu'il peut jouer. […] Lire la suite

AÉROBIOSE & ANAÉROBIOSE

  • Écrit par 
  • Claude LIORET
  •  • 2 741 mots
  •  • 1 média

L' aérobiose est la vie en présence d'air, l'anaérobiose est la vie en absence d'air. En fait, c'est la présence ou l'absence d'oxygène qui importe : certains organismes, dits aérobies stricts, ne peuvent vivre qu'en présence d'oxygène ; d'autres, dits anaérobies stricts, sont tués en présence d'oxygène ; enfin les organismes aérobies ou anaérobies facultatifs vivent, selon des modalités différent […] Lire la suite

ANIMAUX MODES D'ALIMENTATION DES

  • Écrit par 
  • René LAFONT, 
  • Martine MAÏBECHE
  •  • 4 302 mots

La diversité des modalités alimentaires que l'on rencontre chez les animaux est bien illustrée par la coexistence de deux terminologies parallèles, l'une latine (-vore de vorare ) et l'autre grecque (-phage, de phagein ), qui définissent leurs comportements alimentaires. Un troisième suffixe, -trophe (du grec trophê , nourriture), a un sens plus général relatif à la nutrition et s'applique à l'en […] Lire la suite

ANIMAUX MODES DE REPRODUCTION DES

  • Écrit par 
  • Catherine ZILLER
  •  • 4 437 mots
  •  • 4 médias

Tout être vivant tend à se conserver en tant qu'individu et à se perpétuer en tant que membre d'une espèce. Ces deux tendances reposent l'une et l'autre sur une faculté fondamentale de la matière vivante, la faculté de se reproduire. La reproduction a pu être définie par Buffon (1748) comme « cette propriété commune à l'animal et au végétal, cette puissance de produire son semblable, cette chaîne […] Lire la suite

Voir aussi

Pour citer l’article

Françoise DIETERLEN, « BIOLOGIE - La contruction de l'organisme », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 22 janvier 2021. URL : https://www.universalis.fr/encyclopedie/biologie-la-contruction-de-l-organisme/