BIBLEAncien et Nouveau Testament

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Le Nouveau Testament

Dans la littérature chrétienne, vingt-sept livres occupent une place unique, car ils sont la norme de la foi du chrétien. Ils constituent ce qu'on appelle le Nouveau Testament, la seconde partie de la Bible, la première partie étant formée par la Bible des juifs, celle que les chrétiens appellent, par différence, l'Ancien Testament.

Le mot « testament », qui traduit le latin testamentum (lui-même traduisant le grec diathèkè), ne signifie pas seulement « disposition testamentaire », c'est-à-dire l'acte par lequel quelqu'un dispose de ses biens pour le moment de sa mort (Gal., iii, 15 ; Hébr., ix, 16) ; il comporte aussi le sens du mot hébreu berith (rendu en grec par diathèkè), pacte d'alliance par lequel Dieu s'engage, moyennant conditions, à combler de biens d'ordre matériel et spirituel celui qui est devenu son peuple. Il s'agit donc du Livre de l'alliance que Dieu a contractée avec Israël ; le choix du mot « testament » tend à estomper le caractère bilatéral de toute alliance, pour mettre en relief l'autorité du testateur. En ce sens complexe, les deux Testaments consignent en deux groupes de livres l'histoire de Dieu venant faire alliance avec les hommes.

Quant à l'épithète « nouveau », elle se rattache à la prophétie de Jérémie, xxxi, 31 : l'économie ancienne de la Loi écrite sur la pierre doit être parachevée en une économie nouvelle, par laquelle la Loi sera gravée dans les cœurs (cf. Rom., xi, 27 ; Gal., iv, 24-26). Peu à peu, probablement sous l'influence des paroles de Jésus à la dernière Cène (Luc, xxii, 20) où il est question de la « nouvelle alliance », sans doute aussi en raison de l'interprétation paulinienne de II Corinthiens, iii, 14, on en est venu à insister sur la lecture de l'Ancienne Alliance, et donc sur les livres qui la composent. Le terme « nouveau » pourrait prêter à confusion, si l'on pensait qu'avec lui l'ancien est écarté. Bien au contraire, une des caractéristiques essentielles du Nouveau Testament, c'est qu'il ne peut trouver son plein sens que s'il est en constante relation avec l'Ancien. Selon la formule classique de saint Augustin, « le Nouveau Testament est caché dans l'Ancien, l'Ancien est dévoilé dans le Nouveau ».

Le texte

Les vingt-sept livres du Nouveau Testament ont tous été écrits en grec. Le plus ancien manuscrit complet qu'on en possède date du ive siècle ; il a été découvert au monastère Sainte-Catherine du mont Sinaï en 1859, d'où son nom de Sinaiticus. En outre, il existe bien d'autres témoins du texte, plus ou moins partiels ; en juillet 1984, on dénombrait 93 papyrus fragmentaires (tel d'entre eux remonte à l'an 135), 277 manuscrits « onciaux » (c'est-à-dire écrits en lettres majuscules), datant de la période comprise entre le ive et le xe siècle, 2 796 minuscules, postérieurs au ixe siècle, enfin 2 210 lectionnaires liturgiques d'époques diverses. On comprend aisément qu'à force d'être recopiés ces textes ont subi de nombreuses altérations, les unes n'ayant qu'une importance grammaticale, quelques autres touchant au sens même. Aux origines de l'imprimerie, on se contenta de reproduire le texte communément reçu à l'époque : ainsi pour la première Bible imprimée donnant les textes originaux, la polyglotte d'Alcala (la Complutensis), datant de 1520, ou pour les éditions ultérieures des libraires parisiens, les Estienne (1546-1551). C'est seulement à partir du xixe siècle qu'on s'efforça de retrouver un texte plus originel que le texte reçu ; citons Lachmann (1831), Tischendorf (1869-1872), Westcott et Hort (1881), Gregory (1900), Soden (1913), dont les travaux ouvrent la voie à l'édition monumentale qui se prépare à Münster sous la direction de K. Aland. Aujourd'hui on tend à ne tenir aucun manuscrit pour privilégié, pas même le texte « alexandrin » (représenté par le Vaticanus et le Sinaiticus, tous deux du ive s.), celui que préféraient Westcott et Hort ; de bonnes leçons peuvent se trouver dans les autres « familles » de textes, l'antiochien, le césaréen ou « l'occidental » (ce dernier est représenté par le Codex Bezae, qui mériterait d'être dénommé « Codex lyonnais », car il fut dérobé à Lyon lors du sac de la capitale des Gaules en 1562 et donné par Théodore de Bèze à Cambridge en 1581). Pour l'établissement du texte, on dispose en outre d'antiques versions qui ont précédé les grandes éditions [...]

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Pour citer l’article

Paul BEAUCHAMP, Xavier LÉON-DUFOUR, André PAUL, « BIBLE - Ancien et Nouveau Testament », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 08 août 2022. URL : https://www.universalis.fr/encyclopedie/bible-ancien-et-nouveau-testament/