TAVERNIER BERTRAND (1941- )

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Le présent au miroir du passé

Les films historiques de Tavernier ne visent pas seulement à l'exploration du passé mais l'utilisent pour parler des problèmes d'aujourd'hui. Évocation du temps de la Régence, Que la fête commence (1975) décrit la décomposition de la société française sous Giscard d'Estaing, à une époque de libération des mœurs et d'affairisme. Dans Le Juge et l'assassin, les abus de pouvoir d'un juge à la fin du xixe siècle, la peine de mort, la mise en question de la justice, de la médecine, de la presse comme de l'Église demeurent d'actualité en 1976. Coup de torchon (1981), transposition d'un roman noir de Jim Thompson dans l'Afrique coloniale des années 1930, et La Passion Béatrice (1987), située dans la France médiévale de 1360, évoquent des périodes de transition, quand la violence règne sans partage.

La guerre est toujours abordée à travers ses conséquences ou ses aberrations. La guerre d'Algérie, « guerre occultée », est racontée, dans le documentaire La Guerre sans nom (en collaboration avec Patrick Rotman, 1992), du point de vue des appelés. Dans La Vie et rien d'autre (1989), Tavernier choisit d'évoquer la rencontre, en 1920, d'une jeune femme qui cherche son fiancé parmi les 350 000 morts et disparus et d'un officier chargé d'identifier ceux-ci. En marge encore de la Grande Guerre, dans les Balkans après l'armistice, Capitaine Conan (1996) évoque deux victimes de la violence et de la barbarie : le « trouillard pur jus » et le tueur qui ne peut plus vivre que dans la guerre... Sans être un film de guerre, Laissez-passer (2002), enfin, est une chronique d’une grande justesse du cinéma français au temps de l'Occupation.

La Vie et rien d'autre, B. Tavernier

Photographie : La Vie et rien d'autre, B. Tavernier

Photographie

La Vie et rien d'autre (1989), de Bertrand Tavernier, avec Philippe Noiret et Sabine Azéma, évoque les années qui ont suivi la Grande Guerre et la recherche des soldats disparus sur les champs de bataille. 

Crédits : Hachette Première, AB Films/ Mary Evans/ Aurimages

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Écrit par :

  • : critique et historien de cinéma, chargé de cours à l'université de Paris-VIII, directeur de collection aux Cahiers du cinéma

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Pour citer l’article

Joël MAGNY, « TAVERNIER BERTRAND (1941- ) », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 19 janvier 2021. URL : https://www.universalis.fr/encyclopedie/bertrand-tavernier/