HINAULT BERNARD (1954- )

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Des succès immédiats

Bernard Hinault naît le 14 novembre 1954 à Yffiniac (Côtes-d'Armor). Il passe un C.A.P. d'ajusteur, mais il se consacre rapidement au sport cycliste. En 1972, il est champion de France juniors. Il multiplie les succès chez les amateurs et passe professionnel en 1975. Le grand public le découvre en 1977. Lors du Critérium du Dauphiné libéré, il chute dans la descente du col de Porte. Cyrille Guimard, son directeur sportif, le sort du fossé, et le Breton, meurtri, remonte sur son vélo et s'en va gagner l'épreuve devant Bernard Thévenet, qui remportera quelques semaines plus tard le Tour de France. Devant ces images insolites retransmises en direct par la télévision, de nombreux amateurs de cyclisme, médusés, savent qu'un champion hors norme vient de prendre curieusement son envol.

Dès 1978, Bernard Hinault s'impose comme le nouveau « patron » du peloton. Son arrivée au plus haut niveau est une aubaine pour le cyclisme, qui connaît alors une crise importante. Eddy Merckx vient de prendre sa retraite sportive, laissant un grand vide. Le Tour de France 1977 n'a réuni que cent coureurs au départ – la participation la plus faible depuis 1947. Avec Guimard, Hinault impose, au sein de l'équipe Renault-Gitane, une nouvelle approche du sport cycliste. Les deux hommes tournent le dos à l'empirisme : la préparation se veut méthodique et systématique ; le calendrier est élaboré avec rigueur ; les tests de contrôle physiologique deviennent la norme ; des ingénieurs mènent des recherches pour tenter de perfectionner le matériel... En outre, ils mettent à mal le système traditionnel qui veut que les coureurs soient liés à un manager à la fonction obscure, qui peut aussi bien leur chercher une nouvelle équipe qu'un engagement plus ou moins lucratif dans divers critériums. Le rôle et le statut des équipiers sont redéfinis. Ceux-ci restent, bien sûr, au service de leur leader, mais ils bénéficient d'une participation aux bénéfices, voire d'un régime social assurant leur avenir par une reconversion. Hinault se fixe des objectifs, et les tient. En 1978, il gagne la Vuelta, puis est champion de France – ce sera son seul titre national, puisqu'il « distribuera » les suivants à ses équipiers. Novice au départ du Tour de France, il en est pourtant le véritable patron. Il mène la grève des coureurs, qui protestent à Valence-d'Agen contre la multiplication des demi-étapes, gère sa course en champion expérimenté – à vingt-trois ans – et attend le dernier contre-la-montre pour assurer son succès final aux dépens du valeureux Néerlandais Joop Zoetemelk. Hinault enchaîne les victoires, s'adjuge de nouveau le Tour de France en 1979, toujours devant Joop Zoetemelk.

En 1980, Bernard Hinault réalise un exploit d'anthologie lors de la classique Liège-Bastogne-Liège : parti seul à 84 kilomètres de l'arrivée, dans le froid et sous la neige, il devance le deuxième de près de 10 minutes. Puis il gagne le Giro, « dynamitant » la course dans la montée du Stelvio, aidé par son coéquipier Jean-René Bernaudeau. Le doublé Giro-Tour, l'un de ses deux objectifs de l'année, lui semble promis. Chacun pense qu'il va rejoindre Fausto Coppi, Jacques Anquetil et Eddy Merckx dans le cercle fermé des champions qui ont réussi cet exploit. Hélas ! un genou douloureux le contraint à abandonner le Tour de France dont il est maillot jaune. Son second objectif est le titre de champion du monde. La course a lieu sur le difficile circuit de Sallanches (Haute-Savoie) et, bien qu'il ait toujours critiqué le fait que le Championnat du monde se déroule par équipes nationales et non par formations sponsorisées comme toutes les autres courses, il fédère l'équipe de France. À l'issue d'une course parfaitement maîtrisée, il s'en va conquérir le maillot arc-en-ciel.

Les victoires se succèdent. En 1981, il gagne par défi Paris-Roubaix, cette course que la presse nomme la « reine des classiques » et que lui qualifie de « cochonnerie », en dominant les purs spécialistes des pavés du Nord, Roger De Vlaeminck et Francesco Moser. Il s'adjuge de nouveau le Tour de France la même année. En 1982, il réalise le fameux doublé Giro-Tour dont il avait été privé par u [...]

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  • : historien du sport, membre de l'Association des écrivains sportifs

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Pierre LAGRUE, « HINAULT BERNARD (1954- ) », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 20 juin 2022. URL : https://www.universalis.fr/encyclopedie/bernard-hinault/