CONSTANT BENJAMIN (1767-1830)

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Le début d'une carrière

Né le 25 octobre 1767 à Lausanne, descendant de protestants français réfugiés en Suisse, Constant appartient à une famille de hobereaux qui louait ses services aux armées étrangères. Il reçoit une éducation très disparate, qu'il a décrite avec humour dans le Cahier rouge. Livré à des précepteurs médiocres, il fait preuve néanmoins de talents précoces, surtout dans le domaine des langues anciennes et de la musique. À douze ans, il écrit un roman héroïque, Les Chevaliers. Ballotté à travers l'Europe par son père (Bruxelles, 1774 ; Londres, Oxford, 1780 ; Erlangen, 1782 ; Édimbourg, 1785 ; Paris, 1785 et 1787), son instruction très vaste souffre pourtant d'un manque de continuité. De 1788 à 1794, Constant exerce durant six ans la fonction de chambellan à la cour de Brunswick. Séjour morose, qu'un triste mariage, bientôt rompu, rend encore plus sombre. Il trompe son ennui en se dévouant pour sauver l'honneur et la fortune de son père compromis dans un interminable procès militaire. Le jeune Vaudois en conçoit de la haine à l'égard de l'aristocratie bernoise ; il affiche son goût pour la démocratie, se lie avec Jacob Mauvillon et s'intéresse de plus en plus à la Révolution. Cette évolution l'émancipe peu à peu du mentorat d'Isabelle de Charrière, avec laquelle il était lié depuis 1787. Ses déboires ne l'empêchent pas de travailler ; il découvre la théologie allemande et nourrit sa réflexion de l'exemple de Frédéric II et du joséphisme. C'est donc un jeune homme très brillant, mais un peu amer et désabusé, que rencontre Mme de Staël le 18 septembre 1794 à Lausanne.

L'amour qu'il éprouve pour cette femme déjà célèbre lui procure en même temps l'enthousiasme et une raison d'être. Mme de Staël lui offre l'occasion de se révéler intellectuellement (grâce à sa conversation et à son esprit) et matériellement (grâce à ses relations). Constant peut ainsi passer de l'obscurité d'une petite cour allemande à la scène parisienne sur laquelle il arrive avec la fille de [...]


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Écrit par :

  • : professeur assistant à l'université de Lausanne, chargé de recherches au Fonds national suisse de la recherche scientifique

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Pour citer l’article

Étienne HOFMANN, « CONSTANT BENJAMIN - (1767-1830) », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 05 août 2020. URL : http://www.universalis.fr/encyclopedie/benjamin-constant/