BAOULÉ

Carte mentale

Élargissez votre recherche dans Universalis

Géographie historique du pays baule précolonial

Les traditions d'origine baule font référence, pour le xviiie siècle, à un espace plus restreint et culturellement plus hétérogène : celui qu'occupèrent les migrants conduits par les Asabu de la reine Abla Pokou, personnage à la fois historique et légendaire qui fuyait les querelles dynastiques et les troubles du pays ashanti, et à qui les traditions imputent la fondation de l'ethnie baule à une époque assez mal précisée (entre 1730 et 1760). Un espace réticulé mettait en relation plusieurs zones de peuplement se réclamant d'une même origine et des mêmes institutions politiques. D'abord quelques forts noyaux de peuplement dans la partie septentrionale de la savane centrale, seule région à laquelle correspond strictement le toponyme « baule », où les villages baule cohabitaient avec des groupements très divers : des Gbomi, considérés comme autochtones ; des anciens occupants Krobu, Guro ou Mande ; des groupes plus récemment établis, de même culture akan que les Baule Asabu. Parmi ceux-ci, les Alangira, qui constituaient la principale entité politique que les Asabu trouvèrent en place au terme de leur migration. En relation avec ces forts noyaux baule existaient des établissements plus localisés ou plus diffus qui correspondaient soit à des groupements mis en place au cours de la migration (comme les Elomwen dans la région méridionale de Tiassalé), soit à des fractions qui se séparèrent du corps principal de la migration (Nzikpli et Ngban notamment), soit enfin à des groupes de nouveaux migrants d'origine akan (les Asandre par exemple).

Progressivement, et surtout au cours du xixe siècle, la structure en réseau du peuplement baule s'étoffa par l'essaimage de ces groupes et l'établissement de leur hégémonie politique, économique et linguistique sur l'ensemble de la savane préforestière et sur les marches forestières de l'Ouest (aux dépens des Guro) et surtout de l'Est (par la « baoulisation » des Agba d'origine alangira et des Abe, et par le refoulement ou l'intégration de populatio [...]

1 2 3 4 5

pour nos abonnés,
l’article se compose de 6 pages




Écrit par :

  • : directeur de recherche à l'Institut français de recherches pour le développement en coopération, sociologue

Classification


Autres références

«  BAOULÉ  » est également traité dans :

AFRIQUE (Structure et milieu) - Géographie générale

  • Écrit par 
  • Roland POURTIER
  •  • 21 433 mots
  •  • 29 médias

Dans le chapitre « Ethnies, États, nations »  : […] Outre leur appartenance à un groupe linguistique et leur adhésion à une religion, les populations africaines se reconnaissent dans des groupes ethniques, surtout en Afrique noire car, au nord du Sahara, l'adhésion presque exclusive à l'islam et l'ancienneté des identités nationales relèguent au second plan la question ethnique, sauf en ce qui concerne le statut des Berbères par rapport à la majori […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/afrique-structure-et-milieu-geographie-generale/#i_23582

AFRIQUE NOIRE (Arts) - Un foisonnement artistique

  • Écrit par 
  • Louis PERROIS
  •  • 6 825 mots
  •  • 7 médias

Dans le chapitre « Les chefferies Baoulé et Ashanti »  : […] La sculpture, chez les Baoulé, est véritablement perçue comme un art et appréciée en tant que tel. La plupart des objets usuels sont décorés de figures gravées ou sculptées. Les statuettes, parmi les plus belles de l'Afrique noire, sont soit des portraits que l'on garde en tant qu'œuvres d'art, soit des figurines funéraires, les waka sona . Le masque de […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/afrique-noire-arts-un-foisonnement-artistique/#i_23582

BOUAKÉ

  • Écrit par 
  • Pierre VENNETIER
  •  • 433 mots

Ville de la Côte d'Ivoire et capitale de la région de la Vallée du Bandama, Bouaké fut à l'origine un poste militaire fondé en 1898 en pays baoulé, dont les habitants acceptaient mal la colonisation ; la ville comptait 19 000 habitants en 1946, 113 000 en 1969, 333 000 en 1988 et 573 700 en 2005, mais les Baoulé n'y représentent qu'une minorité. L'afflux des ruraux a multiplié les quartiers d'habi […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/bouake/#i_23582

CÔTE D'IVOIRE

  • Écrit par 
  • Richard BANÉGAS, 
  • Jean-Fabien STECK
  •  • 13 468 mots
  •  • 6 médias

Dans le chapitre « L'autochtonie et l'allochtonie au cœur du pouvoir »  : […] Cette ethnogenèse coloniale va, dès les années 1930, s'articuler à une problématique de l'autochtonie et de l'allochtonie qui constituera la matrice de l' « ivoirité » et du nationalisme. Ces phénomènes sont étroitement liés à l'économie de plantation et aux alliances politiques qui se nouèrent sous l'empire colonial. Dans le système de représentation et de classement ethnique de l'État colonial, […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/cote-d-ivoire/#i_23582

MASQUES - Le masque en Afrique

  • Écrit par 
  • Annie DUPUIS
  •  • 4 315 mots
  •  • 5 médias

Dans le chapitre « Agriculteurs du bassin du Niger »  : […] Pour les Bambara, « la société n'a commencé d'exister qu'avec l'agriculture » (D. Zahan). De nombreux masques bambara représentent diverses antilopes, animal associé à l'agriculture, dont la tradition orale dit qu'il fut l'instigateur. À la corne est assimilée la croissance des céréales. Les plus connus de ces masques sont les tyirawaw des Bambara, portés par la société in […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/masques-le-masque-en-afrique/#i_23582

Voir aussi

Pour citer l’article

Jean-Pierre CHAUVEAU, « BAOULÉ », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 21 septembre 2019. URL : http://www.universalis.fr/encyclopedie/baoule/