BANQUE MONDIALE

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Organes dirigeants et fonctionnement

La Banque compte en 2013 cent quatre-vingt-huit États membres qui ont souscrit à son capital, en fonction de leur importance économique respective. Selon ses statuts, avant d'en être membre, un État doit d'abord adhérer au Fonds monétaire international. Le siège de la Banque est basé à Washington et elle compte des antennes dans plus de 100 pays membres.

Le capital de la Banque mondiale est composé du montant des souscriptions de ses États membres, qui détermine le nombre de voix dont chacun d’eux peut se prévaloir, mais ceux-ci n'en versent pas l'intégralité. Seulement 20 p. 100 doivent être versés, dont la moitié – soit 10 p. 100 – l'est en or ou en dollars américains. Les 80 p. 100 restants peuvent être appelés à tout moment pour faire face, si nécessaire, à des remboursements d'emprunts ou à des garanties. L'existence d'un capital souscrit mais non versé est destinée à donner confiance aux marchés financiers sur lesquels la Banque lève l'essentiel de ses ressources pour financer ses prêts aux pays en développement et permettre à l'institution de bénéficier d'excellentes conditions d'emprunt. Le coût inhérent à la concessionnalité des financements de l'AID est pris en charge par les contributions des pays riches actionnaires.

Le pouvoir de décision appartient aux pays membres actionnaires. Chaque État désigne un gouverneur et un gouverneur suppléant. Le conseil des gouverneurs, basé au siège, fonctionne comme une assemblée générale d'actionnaires : les gouverneurs, en général les ministres des Finances ou du Plan, ont le pouvoir d'admission et de suspension des membres, d'augmentation ou de réduction du capital social, d'interruption des activités de la Banque, d'interprétation de ses statuts.

Comme les gouverneurs ne se réunissent qu'une fois par an, à l'occasion de l'assemblée annuelle de la Banque qui se tient chaque automne avec celle du FMI, ils délèguent l'essentiel de leurs pouvoirs au conseil des administrateurs, lequel compte vingt-cinq membres. Les cinq principaux actionnaires – États-Unis, Allemagne, Japon, France et Royaume-Uni – en nomment chacun un, et les autres administrateurs sont élus par le reste des États membres répartis en groupes (circonscriptions) à l’occasion d’élections organisées tous les deux ans.

Il en résulte une certaine incohérence, dans la mesure où des pays très divers peuvent être amenés à voter ensemble quand d’autres ont une importance mal proportionnée à leur poids économique.

Le président est, par convention tacite, un ressortissant du pays principal actionnaire, c'est-à-dire les États-Unis, quand le directeur général du FMI est un citoyen européen. Il est élu par les administrateurs pour un mandat de cinq ans, renouvelable. Eugene Meyer fut le premier président de la Banque mondiale de juin à décembre 1946. Les mandats de Eugene R. Black Sr. (1949-1961), Robert McNamara (1968-1981) et de James Wolfensohn (1995-2005) ont été les plus longs, celui de Paul Wolfowitz (2005-2007) a été écourté par une affaire de favoritisme le contraignant à démissionner. En 2007, Robert Zoellick a pris la direction d'une institution dans la tourmente. Il a été remplacé en 2012 par Jim Yong Kim, un Américain dont les origines coréennes confortent la légitimité de l’institution. En 2019, David Malpass, précédemment sous-secrétaire au Trésor des États-Unis pour les affaires internationales, est nommé président.

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Pour citer l’article

Marie-France BAUD-BABIC, Olivier MARTY, « BANQUE MONDIALE », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 27 juin 2022. URL : https://www.universalis.fr/encyclopedie/banque-mondiale/