BANGLADESH

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Nom officielRépublique populaire du Bangladesh (BD)
Chef de l'ÉtatAbdul Hamid (par intérim depuis le 20 mars 2013, élu le 22 avril 2013)
Chef du gouvernementHasina Wajed (depuis le 6 janvier 2009)
CapitaleDhaka ou Dacca
Langue officiellebengali
Unité monétairetaka (BDT)
Population170 371 000 (estim. 2021)
Superficie (km2)147 570

Géographie

Caractéristiques physiques et humaines

Un milieu naturel fertile, mais vulnérable

Une grande partie des terres du Bangladesh se trouvent à moins de 12 mètres au-dessus du niveau de la mer, et les zones côtières se situent à moins de 2 mètres : il est donc un des pays les plus plats du monde. Plateaux et collines ne représentent que 20 p. 100 de sa superficie, et se situent essentiellement dans le nord-est (région de Sylhet) et dans le sud-est du pays (Chittagong Hill Tracts). À cheval entre l’Inde et le Bangladesh, dans le sud-ouest du pays, s’étend la plus grande mangrove du monde, les Sundarbans, réputée pour être un des derniers habitats naturels du célèbre tigre du Bengale. À l’extrême sud-est du pays, la plage de Cox’s Bazar, la plus longue du monde, s’étend sur 120 kilomètres.

Plage de Cox's Bazar, Bangladesh

Photographie : Plage de Cox's Bazar, Bangladesh

La plage de Cox's Bazar, située à l'extrême sud-est du Bangladesh, près de la frontière birmane, est réputée pour être un lieu de villégiature prisédes riches Bangladais. 

Crédits : David Méchin

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Ce pays presque sans relief se compose principalement de vastes plaines situées à l’intérieur du delta du Gange (ou delta du Bengale). Celui-ci est formé par la confluence de trois des plus grands fleuves du monde : le Gange (la Padma), le Brahmapoutre (la Jamuna) et la Meghna. Descendant de l’Himalaya, ces fleuves se rejoignent au Bangladesh avant de se jeter dans le golfe du Bengale. Par ailleurs, plus de deux cent trente cours d’eau sillonnent le pays, recouvrant 7 p. 100 de sa superficie totale. Ironie du sort, la densité et la vitalité de ce réseau hydrographique sont source de vie autant que de mort. Si la fertilité des terres du Bangladesh dépend de la crue des fleuves, ses inondations endommagent les infrastructures (routes, bâtiments, réseaux de communication, digues) et fragilisent une population déjà vulnérable.

Fleuve au Bangladesh

Photographie : Fleuve au Bangladesh

Le Bangladesh est un pays de grands fleuves, lesquels sont la source de la fertilité des sols, mais provoquent de désastreuses inondations. 

Crédits : David Méchin

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Doté d’un climat tropical, le Bangladesh connaît chaque année des périodes de mousson au cours desquelles tombent en moyenne 80 p. 100 des précipitations annuelles. Les fortes crues et les inondations dévastatrices recouvrent alors environ un cinquième du territoire – les pires années, jusqu’au tiers des terres. En 1998, le Bangladesh a connu les inondations les plus meurtrières de son histoire : près de 70 p. 100 du territoire fut inondé, provoquant la mort de plus de 1 000 personnes et laissant 30 millions de Bangladais sans abri. Pour autant, ces excès en eau n’épargnent pas le pays d’épisodes réguliers de sécheresse, qui sont liés à l’arrivée tardive ou au retrait précoce des pluies de mousson.

Moins visible mais tout aussi destructrice, l’érosion côtière et fluviale a des conséquences dramatiques sur l’économie locale et la population, qui dépendent de l’agriculture. En moyenne, de 1 500 à 3 500 hectares de terres cultivables disparaissent chaque année, réduisant progressivement le territoire déjà en proie à une forte pression démographique et engendrant des rivalités croissantes autour de l’accès à la terre. L’érosion dépossède les hommes de leurs terres et provoque le déplacement de 500 000 à 1 million de personnes par an : elle est considérée comme un facteur majeur de paupérisation au Bangladesh.

Érosion fluviale au Bangladesh

Photographie : Érosion fluviale au Bangladesh

L'érosion de nombreux fleuves au Bangladesh provoque des déplacements dramatiques de populations (migrants climatiques), submergent les terres agricoles et emportent les routes. 

Crédits : David Méchin

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Le Bangladesh est aussi régulièrement frappé par de violents cyclones et des tempêtes tropicales. En 1970, le Pakistan oriental est touché par le cyclone Bhola, le plus meurtrier de son histoire, qui provoque la mort de plus de 500 000 personnes. La forte vulnérabilité du Bangladesh a conduit le pays à se doter d’une politique de prévention et de gestion des catastrophes naturelles et de réduction des risques, en investissant notamment dans la construction d’abris anticycloniques et dans la mise en place de systèmes d’alerte précoce.

Une nouvelle menace : le changement climatique

Le Bangladesh doit aujourd’hui faire face à une nouvelle menace : le changement climatique. En effet, selon le Groupe intergouvernemental sur l’évolution du climat (G.I.E.C.), le pays est considéré comme un des plus vulnérables au monde. Si le niveau de la mer s’élève de 1 mètre, 17 p. 100 de la superficie totale du pays sera inondée. Par ailleurs, la hausse des températures, en accélérant la fonte des glaciers de l’Himalaya, entraînera à chaque période de mousson des inondations encore plus importantes. La fréquence et l’intensité des cyclones vont également augmenter, occasionnant des dégâts encore plus catastrophiques. En raison de cette vulnérabilité, le Bangladesh est un pionnier en matière d’adaptation au changement climatique : il s’est doté, notamment, d’un plan d’action national de lutte contre le changement climatique depuis 2009, de fonds spécifiques (Bangladesh Climate Change Trust Fund, établi en 2009 ; Bangladesh Climate Change Resilience Fund, créé en 2010) et de programmes destinés à adapter l’agriculture (développement de variétés de riz résistantes à la salinité des eaux) et à protéger les infrastructures (élévation du niveau des routes, construction de digues…).

Les effets du changement climatique au Bangladesh, couplés à la pauvreté et à la forte densité de population, vont en outre accroître les déplacements de populations. On estime que près de 30 millions de personnes pourraient être amenées à se déplacer d’ici à 2050, obligeant le gouvernement bangladais et la communauté internationale à répondre à de nouveaux défis humanitaires, politiques et juridiques. Mais le changement climatique n’est pas tant à l’origine de nouveaux problèmes qu’il va surtout exacerber les vulnérabilités existantes.

Un État pauvre et surpeuplé, mais fort de son identité

Avec une densité de 1 100 habitants au kilomètre carré, le Bangladesh est le pays le plus densément peuplé au monde – à l’exception des villes-États, comme Singapour.

Le pays a pourtant effectué des progrès notables en matière de contrôle des naissances, en développant des politiques de planning familial dès le début des années 1970. Ainsi, la croissance démographique annuelle est passée de 2,8 p. 100 en 1975 à 1,5 p. 100 en 2012 ; le taux de natalité a baissé de 6,6 enfants par femme dans les années 1970 à 2,2 en 2012.

Le Bangladesh appartient à la catégorie des pays les moins avancés : le revenu par habitant est de 840 dollars par an en 2012, et près de la moitié de la population vit au-dessous du seuil de pauvreté. Le pays connaît toutefois un développement économique depuis les années 1980, lequel a permis de quintupler le P.I.B. par habitant (de 330 dollars en 1980 à 1 750 dollars en 2011).

Les inégalités sociales restent cependant très fortes, et surtout liées à l’accès à la terre. En 2008, 4,5 millions de Bangladais étaient des paysans sans terre. Si la perte des terres est l [...]

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Bangladesh : drapeau

Bangladesh : drapeau
Crédits : Encyclopædia Universalis France

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Plage de Cox's Bazar, Bangladesh

Plage de Cox's Bazar, Bangladesh
Crédits : David Méchin

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Fleuve au Bangladesh

Fleuve au Bangladesh
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Érosion fluviale au Bangladesh

Érosion fluviale au Bangladesh
Crédits : David Méchin

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Écrit par :

  • : doctorante en science politique et relations internationales à SciencesPo Paris et au Centre d'études et de recherches internationales (CERI), chercheuse invitée à l'International Centre for Climate Change Adaptation and Development (ICCCAD) Independent University, Dhaka, Bangladesh

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Pour citer l’article

Alice BAILLAT, « BANGLADESH », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 26 novembre 2021. URL : https://www.universalis.fr/encyclopedie/bangladesh/