BALTHUS BALTHAZAR KLOSSOWSKI DE ROLA dit (1908-2001)

Carte mentale

Élargissez votre recherche dans Universalis

Un réalisme onirique

Autodidacte, Balthus fut élevé par son père Erich Klossowski, peintre et historien de l'art, dans l'admiration de Cézanne, et poussé par Bonnard et Maurice Denis, auxquels ses parents étaient liés, à copier les tableaux de Poussin au Louvre et les fresques de Piero della Francesca à Arezzo. De son côté, Rilke – dont sa mère « Baladine » fut l'égérie à partir de 1922 – l'encouragea, préfaçant un petit livre de ses dessins (l'histoire de Mitsou, un chat qui devint son animal emblématique) et lui adressant chaque année une lettre à l'occasion d'un anniversaire qui fait partie de la légende balthusienne (il est né un 29 février).

Dans les années 1930, Balthus élabora une œuvre singulière, d'un réalisme puissant, teintée d'onirisme et de réminiscences enfantines : La Rue (Museum of Modern Art, New York), ou d'un érotisme violent : Alice et La Toilette de Cathy (Musée national d'art moderne, Paris), La Leçon de guitare. Ces toiles furent présentées en 1934 à la galerie Pierre, alors le haut lieu du surréalisme à Paris. Bien que lié d'amitié à Giacometti, Miró, Pierre Jean Jouve, Marie-Laure de Noailles ou Albert Skira qui publia, en 1935, dans Minotaure huit de ses illustrations pour Les Hauts de Hurlevent d'Emily Brontë, Balthus se tint toujours à distance de ce mouvement, refusant toute interprétation psychanalytique de ses œuvres. L'exposition le fit remarquer d'Antonin Artaud qui élaborait alors sa théorie du Théâtre de la cruauté, et pour lequel il créa, en 1935, les décors et costumes des Cenci. Cette collaboration en entraîna d'autres, notamment avec Albert Camus et Jean-Louis Barrault pour L'État de siège (1948).

De cette période, on retiendra encore Les Enfants Blanchard (musée Picasso, Paris), La Montagne (Metropolitan Museum of Art, New York) dont le personnage central est sa première épouse Antoinette de Watteville. Puis, pour les années de guerre, Le Salon (Museum of Modern Art, New York) et La Victime. Ensuite La Toilette (1947, Hirshhorn Museum, Washington D. C.), enfin Le Passage du Commerce-Saint-André et La Chambre (1952-1954).

1  2  3  4  5
pour nos abonnés,
l’article se compose de 2 pages

Écrit par :

Classification

Autres références

«  BALTHUS BALTHAZAR KLOSSOWSKI DE ROLA dit (1908-2001)  » est également traité dans :

ACADÉMIE DE FRANCE À ROME

  • Écrit par 
  • Robert FOHR
  •  • 3 048 mots
  •  • 2 médias

Dans le chapitre « Une difficile reconversion »  : […] Réclamée de longue date, la réforme qui s'imposait n'intervint que tardivement, à l'issue du directorat d'ailleurs fort libéral du musicien J. Ibert (1937-1961, avec une interruption sous le régime de Vichy). Il revint à André Malraux, comme en bien d'autres domaines, d'en fixer les orientations. Ce fut tout d'abord, au terme d'un retentissant conflit d'autorité qui opposa le ministre à l'Institu […] Lire la suite

NATURE MORTE

  • Écrit par 
  • Robert FOHR
  •  • 5 707 mots
  •  • 7 médias

Dans le chapitre « XIXe et XXe siècles : déclin et retour de l'objet »  : […] Bien que le trompe-l'œil, avec des artistes comme Boilly et Leroy de Barde ( Réunion d'oiseaux étrangers placés dans différentes caisses , 1810, Cabinet des dessins, musée du Louvre) et la peinture de fleurs, avec l'école lyonnaise, adepte d'un faire méticuleux et porcelainé (A. Berjon, Saint-Jean), y produisent des œuvres d'un grand raffinement et d'une indéniable poésie, la période néo-classique […] Lire la suite

Pour citer l’article

Virginie MONNIER, « BALTHUS BALTHAZAR KLOSSOWSKI DE ROLA dit (1908-2001) », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 09 mai 2021. URL : https://www.universalis.fr/encyclopedie/balthus/