RONELL AVITAL (1952- )

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Le philosophe et le téléphone

S'inscrivant dans le sillage philosophique de critique et de remise en cause de l'idéologie qui marqua les années 1970 (Foucault, Deleuze, Lyotard), Avital Ronell prend en compte les dispositifs technologiques de son temps. Sa réflexion autour du téléphone et de la communication est ainsi l'occasion pour elle de revenir sur le dispositif philosophique qui envisage l'analyse conceptuelle, à la manière de Heidegger, comme la réponse à un appel. « Qui répond à qui ? » signifie que nous sommes en permanence rattachés à des formes techniques dont nous devenons dépendants.

Dès lors, la forme-sujet d'aujourd'hui doit être intégralement repensée du côté des phénomènes d'addiction que de tels dispositifs techniques engendrent inexorablement. S'employant à déconstruire l'appel à l'authenticité formulé par Heidegger, rappelant les phobies technologiques du philosophe, mais aussi ses impensés à l'occasion notamment de sa lecture d'Hölderlin, Avital Ronell montre comment le sujet tend à se produire dans l'addiction. « Nous sommes tous en puissance soumis à l'addiction », écrit-elle dans American Philo. À partir de là, le sujet est pensé en excès par rapport à lui-même : il ne peut jamais se formuler sous une quelconque identité mais doit se risquer dans ce qui fait intrusion en lui, sous la forme d'un désir d'invasion ou de pénétration. Il semble alors, contrairement à ce que recherchait Heidegger, qu'il n'existe plus de place pour une « demeure de l'être ». Toutes les maisons sont hantées par les intrus qui les envahissent.

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Écrit par :

  • : professeur de philosophie à l'université de Bordeaux-III-Michel-de-Montaigne

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Guillaume LE BLANC, « RONELL AVITAL (1952- ) », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 16 mai 2019. URL : http://www.universalis.fr/encyclopedie/avital-ronell/