AUXILIAIRE, linguistique

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Un grand nombre d'éléments linguistiques qui font partie du constituant verbe sont traités par la grammaire traditionnelle comme des verbes, mais au comportement morphologique irrégulier, au contenu lexical moins plein, compensé par un rôle important dans la formation de certains temps ou voix de la conjugaison : on a pris l'habitude de les appeler auxiliaires. Moins une langue est flexionnelle, plus le système de la conjugaison a recours à des morphèmes discontinus pour exprimer la complexité du procès : là où le latin dit amabitur et l'hébreu nitbarekh, le français dit « il sera aimé » et « il avait été béni ». Il est des langues où le factitif est intégré à la base verbale et d'autres qui connaissent pour cette forme une opposition lexicale (mourir/tuer, avoir/donner), mais le plus souvent c'est un opérateur qui remplit cet office (« faire » en français, lassen en allemand, etc.). La question posée ici est double : quelles unités linguistiques faire figurer dans la classe des auxiliaires ? quelles règles de fonctionnement, aussi universelles que possible, peut-on établir pour rendre compte de l'union d'un « auxiliant » et d'un « auxilié », pour reprendre la terminologie de Benveniste ? Pour ce dernier, en effet, on devra distinguer trois constituants : le porteur des catégories de temps, de personne, de nombre et de mode (classiquement, l'auxiliaire) ; le lexème (le radical verbal porteur de sens) ; la somme auxiliant + auxilié, dont la valeur est celle de parfait. Cette analyse, satisfaisante pour le français, mériterait d'être affinée pour tenir compte du fait que de nombreuses langues utilisent également des auxiliaires modaux ou des formes aspectuelles qui s'opposent au parfait (la forme anglaise en -ing, par exemple). Il faut, d'autre part, prévoir dans une description purement formelle la nécessité de prédire l'apparition, dans la chaîne syntaxique, d'un morphème dont la valeur lexicale [...]

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TEMPORALITÉ (littérature)

  • Écrit par 
  • François TRÉMOLIÈRES
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De la notion de temporalité, on ne retient le plus souvent que la signification philosophique : elle désigne la dimension existentielle, vécue, du temps. Mais il s'agit aussi d'un terme grammatical qui indique la valeur ou le caractère temporels d'un fait de langue. Le linguiste Émile Benveniste l'emploie par exemple dans son étude des « relations d'auxiliarité » (reprise in […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/temporalite-litterature/#i_50609

Pour citer l’article

Robert SCTRICK, « AUXILIAIRE, linguistique », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 22 août 2019. URL : http://www.universalis.fr/encyclopedie/auxiliaire-linguistique/