AUTRICHE

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quelques données-clés.
Nom officielRépublique d'Autriche (AT)
Chef de l'ÉtatAlexander Van der Bellen (depuis le 26 janvier 2017)
Chef du gouvernementKarl Nehammer (depuis le 6 décembre 2021)
CapitaleVienne
Langue officielleallemand
Unité monétaireeuro (EUR)
Population9 003 000 (estim. 2022)
Superficie (km2)83 883

La IIe République d'Autriche : paix sociale, neutralité et rejet du passé

Le 27 avril 1945, le gouvernement provisoire dirigé par le social-démocrate Karl Renner – qui a été le premier chancelier de la Ire République – et composé des trois partis autrichiens qui se proclament antifascistes, à savoir le Parti social-démocrate alors socialiste (S.P.Ö.) le Parti communiste (K.P.Ö.) et le Parti du peuple autrichien (Ö.V.P., le parti conservateur chrétien), publie la Déclaration sur l'indépendance, qui stipule : « Article 1 – La république démocratique d'Autriche est rétablie et sera dirigée dans l'esprit de la Constitution de 1929. Article 2 – L'Anschluss imposé au peuple autrichien en 1938 est nul et non avenu. » La IIe République d'Autriche se veut un État indépendant et démocratique, convaincu de son identité nationale, cette fois autrichienne. Libérée du national-socialisme, l'Autriche n'en est pas pour autant libre. Jusqu'en 1955, le pays est divisé en quatre zones d'occupation. Les Français occupent le Tyrol et le Vorarlberg ; les Britanniques, la Styrie et la Carinthie ; les Américains une partie de la Haute-Autriche et la province de Salzbourg ; les Soviétiques tout l'est du pays. La capitale est, comme Berlin, divisée en différentes zones d'occupation et le premier arrondissement, centre historique de la ville, devient zone interalliée.

En novembre 1945, les premières élections sont remportées par l'Ö.V.P. (49,8 p. 100). Un gouvernement de « concentration nationale » gouverne le pays jusqu'à la fin de l'année 1947. Prenant prétexte du plan Marshall et de la réforme monétaire, le K.P.Ö., comme tous les autres partis communistes occidentaux, se retire du gouvernement. Les conservateurs chrétiens et les sociaux-démocrates, qui se sont affrontés dans le passé, sous l'empire, sous la Ière République et sous la dictature corporatiste chrétienne, s'unissent sur des valeurs communes : rejet d'un libéralisme effréné, refus du modèle soviétique, soutien à une politique d'assistance et de prévoyance sociales. Rassemblant alors 90 p. 100 de l'électorat, ils construisent un système à leur image, empreint de corporatisme, laissant le pouvoir à une bureaucratie échappant en grande partie, en raison d'une pratique problématique de la délégation, au contrôle réel de la base. Les sociaux-démocrates et les conservateurs chrétiens se sont, du début des années 1950 aux années 2000, partagé les postes de responsabilité, politiques, administratifs et économiques, dans le cadre d'un dispositif, non reconnu officiellement mais effectif, le Proporz. Les gouvernements sociaux-démocrates au pouvoir de 1970 à 1983 n'ont pas modifié ce mode de fonctionnement, dans lequel l'appartenance partisane prime sur la compétence personnelle. La coalition entre le parti conservateur-chrétien et les nationaux-populistes, entre 2000 et 2006, a sensiblement modifié le système.

Fonctionnement des institutions et vie politique

Les fondements constitutionnels

L'État autrichien est rétabli par la Déclaration d'indépendance du 27 avril 1945, signée par les représentants des trois partis fondateurs de la IIe République. Une loi ultérieure (1er mars 1945) remet en vigueur la Constitution de 1920, amendée en 1929. Si le Conseil national peut modifier la Constitution (avec une majorité des deux tiers des députés), certains principes fondamentaux – ceux de la démocratie, de l'État fondé sur le droit et le principe fédéral – ne peuvent être modifiés que par voie de référendum.

Le régime autrichien est à la fois parlementaire et présidentiel : le président fédéral nomme le gouvernement et peut le renvoyer, son autorité provient de ce qu'il est élu au suffrage universel. Il a également le pouvoir de dissoudre le Conseil national.

Le gouvernement fédéral est dirigé par le chancelier fédéral, qui est assisté par le vice-chancelier, les ministres et les secrétaires d'État. L'autorité du chancelier, qui n'est pas déterminée dans la Constitution, dépend beaucoup de la personnalité de celui-ci.

Le régime parlementaire

Le Parlement autrichien se compose de deux Chambres, le Conseil national (Nationalrat), élu au suffrage universel direct, et le Conseil fédéral (Bundesrat), représentant les neuf provinces fédérales (Bundesländer).

Le Conseil national compte 183 députés et le Conseil fédéral 58 représentants ; une législature du Conseil national, d’une durée de quatre ans jusqu’en 2008, est de cinq ans depuis cette législature, le Conseil f [...]

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Écrit par :

  • : ancien élève de l'École normale supérieure, agrégé de l'Université, docteur ès lettres, professeur à l'université de Munich
  • : professeur émérite à l'université de Paris-IV-Sorbonne
  • : maître de conférences à l'université de Paris-I-Panthéon-Sorbonne
  • : maître de conférences en géographie
  • : professeur émérite des Universités
  • : professeur émérite d'histoire contemporaine à l'université de Rouen

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Pour citer l’article

Roger BAUER, Jean BÉRENGER, Annie DELOBEZ, Christophe GAUCHON, Félix KREISSLER, Paul PASTEUR, « AUTRICHE », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 11 août 2022. URL : https://www.universalis.fr/encyclopedie/autriche/