PALESTINIENNE AUTORITÉ

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Les origines du nationalisme palestinien

Il y a une culture palestinienne arabe originale depuis quelques décennies, dans le creuset de la culture arabe moderne. Au sein du réveil culturel et politique arabe, voire panarabe, depuis les années 1860, un mouvement palestinien se singularise du fait de la confrontation concrète au « foyer national juif » puis, depuis 1948, à l'État d'Israël. Les moments forts de ce mouvement sont d'abord la révolte de 1936-1938 contre la puissance mandataire britannique et contre le foyer juif sioniste, puis la guerre israélo-arabe de 1948 et, en conséquence de la dispersion et dépossession partielles de nombreux Palestiniens, la formation de mouvements organisés de résistance, qui se coalisent et s'affirment après la nouvelle défaite arabe de 1967. Troisième moment fort : confrontation avec les armées jordanienne en Jordanie en 1970-1971 et syrienne au Liban en 1976. Quatrième moment : le démantèlement systématique des forces palestiniennes concentrées au Liban-Sud et dirigées à Beyrouth, par les offensives israéliennes en 1978 et 1982 et syriennes (ou libanaises prosyriennes) en 1983 et 1986-1988. Le cinquième moment fort commence en décembre 1987 avec le Soulèvement général à Gaza et en Cisjordanie (Judée-Samarie) qui se heurte à l'armée israélienne. Échec devant Israël, échec face aux États arabes voisins ? Le « soulèvement », qui débouche sur la conclusion d'un accord de paix bilatéral israélo-palestinien en 1993, est-il finalement en mesure de limiter ce double échec ?

Occupation britannique de Jérusalem

Photographie : Occupation britannique de Jérusalem

Les troupes britanniques et les forces de la police palestinienne qui occupent Jérusalem vivent dans la crainte permanente du terrorisme. 

Crédits : Hulton Getty

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Les Palestiniens face au mouvement sioniste

À partir de 1516, la Palestine fait partie, dans l'État musulman des Turcs ottomans, de la province de Damas. Après 1888, elle est administrativement divisée entre le département (vilayet) de Beyrouth au nord et le sanjak autonome de Jérusalem au sud, qui s'étend à l'ouest jusqu'à Jaffa et Gaza.

En 1914, la Palestine, du littoral méditerranéen (depuis Gaza au sud jusqu'aux approches de Tyr au nord) au fleuve Jourdain, compte environ 730 000 habitants, dont 60 000 à 80 000 Juifs. Parmi ces derniers, la plupart sont récemment immigrés d'Europe et de Russie, certains sont palestiniens (résidant en Palestine) depuis des siècles et arabophones.

En effet, l'arabisation de la Palestine et son islamisation sont un fait culturel et religieux, à peine un fait de peuplement. Le même Palestinien – le même « Hébreu » , au cours du temps, a changé de langue (cananéenne, hébraïque, araméenne, grecque, latine quelque peu, arabe, puis, parfois, turque) et de religion majoritaire (polythéiste, juive, chrétienne, musulmane).

Le sentiment national palestinien avant 1914

Avant la Première Guerre mondiale, peut-on parler d'un sentiment national palestinien arabe ? Oui, au sens d'un attachement local déterminé à la Galilée, à la région de Jérusalem et au littoral méditerranéen. La seule autre loyauté « nationale » connue concerne alors la vaste communauté musulmane qu'Istanbul incarne depuis plusieurs siècles de manière prestigieuse. Certes, un nationalisme arabe – panarabisme – est latent, du fait de la langue arabe, mais il ne s'exprime vraiment qu'à la fin de la première décennie du xxe siècle. Or, au même moment, le mouvement du sionisme politique, né en Europe à la fin du xixe siècle, crée, en Palestine même, une discrimination progressive entre les Palestiniens juifs, grossis de colonies agricoles européennes de plus en plus nombreuses, et les Palestiniens non juifs. Les premiers adoptent peu à peu la langue hébraïque revivifiée, à la place de leur langue arabe traditionnelle et du turc.

Aussi, en Palestine, le réveil de la conscience nationale arabe prend-il l'accent propre d'une résistance à une poussée nationale contraire très concrète. C'est pourquoi les Palestiniens occupent une place importante dans les manifestations du nationalisme arabe au cours du xxe siècle. Il s'agit pour eux, en effet, non seulement de revendiquer une indépendance politique contre le Turc ottoman puis, après 1918, contre l'Anglais, mais aussi, et plus fondamentalement, de ne pas laisser s'échapper [...]

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Autorité palestinienne : drapeau

Autorité palestinienne : drapeau
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Occupation britannique de Jérusalem

Occupation britannique de Jérusalem
Crédits : Hulton Getty

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Protectorat britannique en Palestine

Protectorat britannique en Palestine
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Population palestinienne, 2000

Population palestinienne, 2000
Crédits : Encyclopædia Universalis France

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Écrit par :

  • : docteur ès lettres et sciences sociales, directeur de recherche à la Fondation nationale des sciences politiques
  • : maître de conférences habilitée à diriger des recherches, Sciences Po, Aix-en-Provence

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Pour citer l’article

Olivier CARRÉ, Aude SIGNOLES, « PALESTINIENNE AUTORITÉ », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 19 janvier 2022. URL : https://www.universalis.fr/encyclopedie/autorite-palestinienne/