AUTOGREFFE DE CARTILAGE

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On entend par autogreffe de cartilage la technique qui consiste à utiliser du tissu cartilagineux d'un sujet prélevé dans une zone indemne et non fonctionnelle afin de le réimplanter pour réparer des lésions post-traumatiques de cartilage du même sujet en toute sécurité sur le plan immunologique et infectieux.

Les autogreffes qui visent à réparer le cartilage utilisent des cylindres ostéocartilagineux comme des plots, véritables unités fonctionnelles prélevées avec une instrumentation spécifique réimplantés dans des puits préparés aux mêmes dimensions dans le tissu défectueux (Bobic, Hangody).

Les autogreffes qui visent à régénérer le cartilage peuvent être obtenues par sollicitations des cellules souches de l'os sous-chondral, qui aboutissent à un tissu fibrohyalin de qualité aléatoire (abrasion de Johnson, microfracture de Rodrigo, perforations de Pridie).

Mieux encore, on utilise des cultures autologues de chondrocytes qui aboutissent à du cartilage quasi normal (hyaline like) capable de se maintenir à long terme. Le principe est le suivant : on prélève des cellules par microbiopsie endoscopique après avoir analysé la lésion. La biopsie est adressée dans un laboratoire spécialisé et agréé par les pouvoirs publics pour des raisons de sécurité. La biopsie est traitée de telle façon que la matrice (collagène, protéoglycanes, etc.) est digérée par attaque enzymatique et que les chondrocytes ainsi libérés sont agencés en monocouche pour être cultivés. Sur des milieux spéciaux, ils subissent d'abord une dédifférenciation (retour à l'état embryonnaire de chondroblastes) puis une redifférenciation (retour au stade de chondrocytes purs) par action de différents facteurs de croissance subtilement dosés. La culture demande trois semaines, au bout desquelles on peut la réimplanter sous forme liquide de quelques centimètres cubes. Elle contient plusieurs millions de cellules à croissance rapidement exponentielle. La zone à traiter aura été excisée jusqu'en tissu sain... Elle aura été recouverte par un lambeau périosté suturé à ses bords et étanchéifié à la fibrine. La culture sera injectée sous le périoste et contenue dans ce réservoir qui formera avec elle un complexe original biologique hyperactif capable de régénérer un tissu cartilagineux hyalin de haute qualité qui évoluera sur deux ans avant d'être stabilisé. Les contrôles biopsiques à long terme (à dix ans) ont montré le maintien de ce tissu rénovateur.

—  Jacques BAHUAUD

Écrit par :

  • : professeur agrégé, chef du service d'orthopédie traumatologie, Hôpital d'instruction des Armées R. Piqué, Bordeaux

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Pour citer l’article

Jacques BAHUAUD, « AUTOGREFFE DE CARTILAGE », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 16 octobre 2019. URL : http://www.universalis.fr/encyclopedie/autogreffe-de-cartilage/