AUTELS

Carte mentale

Élargissez votre recherche dans Universalis

Autels et cultes

Il y a plusieurs sortes d'autels, selon les différentes traditions cultuelles. La première a son origine dans l'immolation des victimes en l'honneur de la divinité. L'étymologie en conserve la trace : le mizbeah des Hébreux est le lieu où l'on égorge ; l'altare des Latins, celui où l'on fait brûler.

Les premiers sacrifices ont été offerts directement sur le sol, pratique que l'on rencontre encore chez certaines peuplades primitives, mais qui s'est maintenue chez les Anciens quand ils s'adressaient aux divinités chtoniennes. Au cours d'un stade ultérieur, que l'on ne peut dater avec précision, mais qui semble contemporain de la protohistoire, une portion du sol a été réservée aux sacrifices, soit à l'intérieur de l'habitation, comme chez les Nagô africains, soit en plein air, comme chez les Phéniciens ou les Latins : l'Ara Pacis Augustae témoigne de la persistance de cette coutume à une époque tardive.

Assez rapidement, les restes des victimes ont formé des entassements ; les Grecs de l'époque classique les considéraient comme des autels et leur attribuaient même une sainteté particulière. D'où, semble-t-il, l'idée de les simuler par un amoncellement de terre, qui symboliserait également les éminences sur lesquelles on offrait des sacrifices. Cette dernière origine est confirmée par de nombreuses sources : les rituels védiques, l'étymologie chinoise font dériver autel de tertre.

Le récit du sacrifice d'Abraham mentionne le bois ; ce type d'autel a dû persister assez tard, car un relief de Daskyleion, daté du ve siècle avant J.-C., en représente un, fait de branchages.

Toutefois, aucun de ces entassements n'a un caractère permanent. Abraham élève un autel chaque fois qu'il offre un sacrifice.

Ils deviennent plus durables avec l'usage de la pierre. Elle est d'abord employée brute. Les Hébreux s'y tiendront, car une prescription qui leur est propre en interdit la taille sous peine de profanation. L'autel ne devient pourtant permanent qu'avec l'emploi de substances travaillées  [...]

1  2  3  4  5
pour nos abonnés,
l’article se compose de 6 pages

Écrit par :

Classification

Autres références

«  AUTELS  » est également traité dans :

AUTEL D'OR DE VOLVINIUS, Milan

  • Écrit par 
  • Christophe MOREAU
  •  • 264 mots

Vers 840, l'évêque de Milan, Angilbert II, commande au maître orfèvre, Volvinius, un autel destiné à accueillir les reliques des saints Gervais et Protais, ainsi que celles de saint Ambroise auquel était consacrée sa cathédrale (l'autel est conservé dans l'église Saint-Ambroise, Milan). L'imposant ouvrage, d'une longueur de 2,20 mètres pour une profondeur de 1,22 mètre et une hauteur de 85 centimè […] Lire la suite

DESIDERIO DA SETTIGNANO (av. 1430-1464)

  • Écrit par 
  • Marie-Geneviève de LA COSTE-MESSELIÈRE
  •  • 483 mots

Fils d'un tailleur de pierre, Desiderio est cité comme maître sculpteur dans un acte de 1453. Ses affinités avec Donatello sont évidentes mais, de 1432 à 1453, celui-ci est à Rome et à Padoue : c'est donc par des sculptures que l'influence de Donatello a pu s'exercer sur Desiderio, qui a certainement travaillé près de Bernardo Rossellino à Florence. L'évolution de Desiderio doit être retracée à pa […] Lire la suite

ÉGLISE, architecture

  • Écrit par 
  • Alain ERLANDE-BRANDENBURG
  •  • 8 040 mots
  •  • 2 médias

Dans le chapitre « Le triomphe de la société laïque »  : […] Il est encore difficile de porter un jugement sur les conséquences du dernier concile de l'Église catholique, qui porte le nom de Vatican II (1962-1965). Il paraît déjà, dans le domaine de l'architecture catholique, être aussi déterminant que l'édit de Milan, le césaro-papisme carolingien, la réforme grégorienne et les conciles de Latran IV (1215) et de Trente (1545-1563). Les décisions qui y ont […] Lire la suite

ICONOSTASE

  • Écrit par 
  • Jean GOUILLARD
  •  • 1 215 mots
  •  • 1 média

Pour les contemporains, l'iconostase évoque cet imposant dressoir d'images saintes qui, dans les communautés orthodoxes de souche gréco-byzantine, isole le fidèle de l'espace sacré par excellence, le sanctuaire. Dans l'usage originel, eikonostasion définissait le support, sur pied ou en console, d'une icône privilégiée, disposée en avant de l'entrée du chœur. Le meuble existe du reste toujours av […] Lire la suite

INDE (Arts et culture) - L'art

  • Écrit par 
  • Raïssa BRÉGEAT, 
  • Marie-Thérèse de MALLMANN, 
  • Rita RÉGNIER
  •  • 49 132 mots
  •  • 62 médias

Dans le chapitre « L'autel védique »  : […] Le sacrifice constituait à l'époque védique l'acte religieux par excellence. Sur la « trame » de sa liturgie complexe, on prétendait renouveler sans fin la création et assurer l'accord permanent des hommes et des « puissances » divinisées. Aux moments désignés par les astrologues se déroulait une série d'opérations préparatoires : fabrication des briques destinées à l'autel ; choix, purification […] Lire la suite

JUBÉ

  • Écrit par 
  • Maryse BIDEAULT
  •  • 449 mots

Venant du premier mot de la prière « Jube, Domine, benedicere » qui était chantée avant les leçons, le terme « jubé » est utilisé pour désigner une clôture transversale de bois ou plus souvent de pierre qui ferme le chœur d'une église, généralement entre les deux piles orientales de la croisée du transept. Cette clôture est percée d'une ou de plusieurs portes et souvent couronnée d'une tribune à l […] Lire la suite

MÉROVINGIENS

  • Écrit par 
  • Alain ERLANDE-BRANDENBURG, 
  • Patrick PÉRIN
  •  • 15 048 mots
  •  • 4 médias

Dans le chapitre « Le décor architectural »  : […] Si le décor architectural des petits sanctuaires ruraux nous échappe presque totalement (il était peut-être pour l'essentiel en bois), celui des sanctuaires urbains et des grands monastères des campagnes nous est relativement bien connu, aussi bien par les monuments encore intacts que par les découvertes archéologiques. Comme l'illustre magnifiquement le baptistère de Poitiers (édifice du iv e  s. […] Lire la suite

MOSAN ART

  • Écrit par 
  • Philippe VERDIER
  •  • 3 578 mots

Dans le chapitre « Nicolas de Verdun »  : […] Dans la génération suivante, Nicolas de Verdun réalisa dans le programme de l' autel- ambon de Klosterneuburg la somme de la méthode typologique. Les plaques avec leurs figures gravées et niellées de bleu et de rouge se détachent, comme dans les émaux allemands, sur un fond d'émail bleu qui, ici, constitue l'enveloppe atmosphérique d'un dessin essentiellement conçu dans un sens plastique ; elles […] Lire la suite

ORFÈVRERIE CAROLINGIENNE - (repères chronologiques)

  • Écrit par 
  • Christophe MOREAU
  •  • 472 mots

397 Mort de saint Ambroise né à Trèves en 339 et élu évêque de Milan en 373. 780-799 Reliquaire de l'évêque Altheus offert par l'évêque à sa cathédrale, Sion, où il est conservé. Les dessins des émaux se rapprochent de certaines figures de l'autel milanais. Première moitié du ix e  siècle Couronne votive du trésor de la cathédrale de Monza. Son décor végétal n'est pas sans rappeler celui des pl […] Lire la suite

OTTONIEN ART

  • Écrit par 
  • Florentine MÜTHERICH
  •  • 3 497 mots
  •  • 1 média

Dans le chapitre « Orfèvrerie et arts mineurs »  : […] Dans le domaine de l'orfèvrerie, l'art ottonien a produit des œuvres qui comptent parmi les témoignages les plus éclatants du Moyen Âge. Aujourd'hui encore, les trésors des églises de Quedlinburg et d'Hildesheim, d'Essen, d'Aix-la-Chapelle et de Trèves, de Bamberg et de Ratisbonne ainsi que les merveilles du trésor impérial conservé à la Hofburg de Vienne en apportent la preuve. Les croix, les re […] Lire la suite

Voir aussi

Pour citer l’article

Louis LÉVY, « AUTELS », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 05 juin 2021. URL : https://www.universalis.fr/encyclopedie/autels/