AUGUSTINISME

Carte mentale

Élargissez votre recherche dans Universalis

Le problème de la prédestination

La controverse avec Julien d'Éclane, au sujet de la prédestination et du péché originel, avait durci la théorie d'Augustin.

Certaines de ses formules sur la masse innombrable des damnés, résultant du péché originel, massa damnata, massa perditionis, ou bien sur le petit nombre des élus, dépassèrent sans doute sa conviction profonde et pouvaient être interprétées comme la négation de la bonté de Dieu et de l'efficacité de la rédemption. Elles heurtaient l'enseignement traditionnel de l'Église.

Le semi-pélagianisme

La réaction vint du milieu monastique provençal, d'ascètes pour qui les outrances de l'augustinisme semblaient encourager le relâchement des efforts humains pour parvenir à la sainteté. Jean Cassien fut leur porte-parole : formé à l'école du monachisme oriental, il affirmait que Dieu et l'homme, la grâce et le libre arbitre coopéraient pour sauver l'homme pécheur. À ses yeux, le problème important était de savoir quand, et sous quelle impulsion, commençait la bonne volonté : cet initium bonae voluntatis, ce premier pas, était tour à tour imputé à l'action de Dieu et à la volonté de l'homme. Mais, dans ce dernier cas, tout le mérite revenait à la créature, et la grâce de Dieu devenait, sinon inutile, du moins simple récompense : l'homme était l'unique auteur de son salut.

Les disciples d'Augustin virent là un retour des pires thèses pélagiennes : Prosper d'Aquitaine partit en guerre contre ces ingrati, ces négateurs de la grâce, les dénonça à Rome mais n'obtint du pape Célestin qu'une déclaration prudente qui, tout en proclamant Augustin l'un des plus grands docteurs, blâma ceux qui innovent en [...]


1  2  3  4  5
pour nos abonnés,
l’article se compose de 9 pages



Écrit par :

  • : professeur émérite à l'université de Paris-Sorbonne, directeur de l'Institut de recherches pour l'étude des religions
  • : agrégée de l'Université, docteur ès lettres, professeur et directeur du département de philosophie à l'université de Paris XII-Créteil

Classification


Autres références

«  AUGUSTINISME  » est également traité dans :

ALEXANDRE DE HALÈS (1185 env.-1245)

  • Écrit par 
  • Charles BALADIER
  •  • 943 mots

Originaire de Hayles (Halès en français), dans le comté de Gloucester, Alexandre de Halès, premier franciscain à enseigner à l'Université de Paris, y fut d'abord un des principaux maîtres séculiers. Il était bachelier sententiaire entre 1120 et 1126. Outre ses Questiones disputate antequam esset frater , on connaît sa […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/alexandre-de-hales/#i_10931

ARISTOTÉLISME MÉDIÉVAL

  • Écrit par 
  • Alain de LIBERA
  •  • 4 994 mots
  •  • 1 média

Dans le chapitre « L'« entrée » d'Aristote et ses vicissitudes »  : […] La première censure intervient en 1210, quand le concile de la province ecclésiastique de Sens interdit la lecture des « livres naturels d'Aristote ainsi que de ses commentaires, tant en public [ publice ] qu'en privé [ secreto ] sous peine d'excommunication » – les libri naturales , c'est-à-dire, on l'a vu, tant la […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/aristotelisme-medieval/#i_10931

AUGUSTIN saint (354-430)

  • Écrit par 
  • Michel MESLIN
  •  • 8 944 mots
  •  • 2 médias

Dans le chapitre « La pensée d'Augustin »  : […] La pensée doctrinale d'Augustin s'est développée progressivement, ne parvenant que par étapes, à la suite des circonstances et parfois sous l'action de la controverse, à la prise de conscience de chaque vérité et à la perception lucide du rôle de cette vérité dans l'ensemble de la révélation chrétienne. Lui-même donne souvent à ses lecteurs le conseil de « progresser avec lui » : la perspective hi […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/augustin/#i_10931

AVICENNE, arabe IBN SĪNĀ (980-1037)

  • Écrit par 
  • Henry CORBIN
  •  • 8 898 mots
  •  • 1 média

Dans le chapitre « L'augustinisme avicennisant »  : […] Comme on le sait, l'œuvre d'Albert le Grand fut recouverte, pendant des siècles, par l'œuvre de son élève le plus célèbre, saint  Thomas d'Aquin. Et précisément une grande part de l'activité de saint Thomas fut consacrée à la critique destructive d'une forme d'augustinisme qui conduisit Étienne Gilson à la découverte et à l'analyse mémorable du phénomène qu'il caractérisa comme « augustinisme avi […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/avicenne/#i_10931

AVICENNISME LATIN

  • Écrit par 
  • Alain de LIBERA
  •  • 6 636 mots

Dans le chapitre « Le premier avicennisme »  : […] Avant la traduction complète d'Averroès (1230 env.), l'assimilation des textes philosophiques arabes reflète avant tout l'idiosyncrasie des traducteurs de Tolède. La traduction latine du De anima d'Avicenne est due à une équipe de traducteurs comprenant un membre arabophone (« Avendauth Israelita »), peut-être Ibn Daud (mort à Tolède vers 1180), et un latiniste (l'« archidia […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/avicennisme-latin/#i_10931

BAÏUS MICHEL DE BAY dit (1513-1589)

  • Écrit par 
  • Raoul VANEIGEM
  •  • 700 mots

Né à Meslin, dans le Hainaut, Michel de Bay, dit Baïus, doit sa célébrité à la polémique qu'il engagea sur la question de la grâce et de la prédestination. La controverse allait, après sa mort, connaître un éclatant rebondissement avec la querelle du jansénisme. Étudiant à l'université de Louvain, président, en 1541, du collège de Standonck, docteur en théologie en 1550, successeur de Hasselius, B […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/baius/#i_10931

BONAVENTURE saint (1217-1274)

  • Écrit par 
  • Edith WEBER
  •  • 1 294 mots

Jean Fidanza, dit Bonaventure, né à Bagnoregio (près d'Orvieto) en 1217, étudie à la faculté des arts de Paris de 1236 à 1242. En 1243, il entre dans l'ordre des Franciscains à Paris et poursuit ses études de théologie jusqu'en 1248, sous la direction d'Alexandre de Halès. Bachelier biblique de 1248 à 1250, il commente à Paris l'Évangile selon Luc (commentaire sans doute remanié plus tard) et comp […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/bonaventure/#i_10931

BONIFACE VIII (1235-1303)

  • Écrit par 
  • Marie-Dominique CHENU
  •  • 1 629 mots
  •  • 1 média

Dans le chapitre « La bulle « Unam sanctam » »  : […] Parmi les nombreux documents émanés de Boniface, la bulle Unam sanctam , du 18 novembre 1302, mérite une très particulière attention, et sa rédaction même manifeste que, au-delà de la fièvre des circonstances, elle revêt la forme et la valeur d'une « constitution ». Elle se présente, en effet, comme un exposé doctrinal des principes qui règlent les rapports entre le pouvoir s […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/boniface-viii/#i_10931

LA CITÉ DE DIEU, Augustin - Fiche de lecture

  • Écrit par 
  • Charles CHAUVIN
  •  • 830 mots
  •  • 1 média

Dans le chapitre « Interprétations de l'œuvre »  : […] Sur la nature précise de l'ouvrage, les commentateurs s'accordent aujourd'hui à le considérer « non comme un traité de théorie politique, mais comme l'expression d'une philosophie de l'histoire, qui s'efforcerait de cerner un dessein divin dans le cours des événements » (Henry Chadwick). Augustin s'y révèle exégète, philosophe et théologien et s'inspire tour à tour de la Bible, de Cicéron, de Var […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/la-cite-de-dieu/#i_10931

GUILLAUME D'AUVERGNE (apr. 1180-1249)

  • Écrit par 
  • Olivier JUILLIARD
  •  • 1 044 mots

Sacré, en 1228 par Grégoire IX, évêque de Paris, où il avait été reçu magister theologiae en 1223, Guillaume d'Auvergne a été fortement influencé par les commentaires arabes d'Aristote et se présente à la fois comme le défenseur des ordres mendiants, alors en plein essor, et comme le tenant d'un aristotélisme réinterprété à la lumière de saint Augustin et d'Ibn Gabirol. Il a […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/guillaume-d-auvergne/#i_10931

GUILLAUME D'AUXERRE (1150 env.-1231)

  • Écrit par 
  • Jean RIBAILLIER
  •  • 575 mots

Parfois confondu avec Guillaume de Seignelay, évêque de Paris (mort en 1223), Guillaume d'Auxerre, maître en théologie, enseigne à l'université de Paris ; il porte le titre d'archidiacre de Beauvais, qu'il doit à l'amitié d'un évêque. Par là, il illustre cette fédération canoniale qui, au cœur du royaume capétien, s'étend de Reims à Rouen et d'Amiens à Bourges ; il fera d'ailleurs entrer un autre […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/guillaume-d-auxerre/#i_10931

INTÉRIORITÉ

  • Écrit par 
  • Étienne BORNE
  •  • 5 258 mots

Dans le chapitre « De saint Augustin à Descartes et à Kant »  : […] Le christianisme, qui n'est pas une philosophie, mais n'a jamais cessé d'exercer sur les philosophies toutes les sortes d'influences – fascinatrices ou répulsives –, a permis une reprise créatrice des philosophies de l'intériorité. Non pas qu'il ait apporté au problème une solution apaisante par recours au dogmatisme théologique et à l'expérience religieuse ; il a plutôt dramatiquement durci cette […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/interiorite/#i_10931

JANSÉNISME

  • Écrit par 
  • Louis COGNET, 
  • Jean DELUMEAU, 
  • Maurice VAUSSARD
  •  • 4 137 mots
  •  • 2 médias

Le jansénisme n'est pas un phénomène isolé, mais une manifestation particulièrement dramatique de la crise provoquée par la Renaissance humaniste qui secoue la théologie catholique au xvii e  siècle. Jusque vers 1550, le problème des relations entre la liberté humaine et la grâce est dominé par les solutions qu'y avaient apportées saint Augustin. […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/jansenisme/#i_10931

JANSENIUS CORNELIUS JANSEN dit (1585-1638)

  • Écrit par 
  • Jean MESNARD
  •  • 989 mots

Théologien, né près de Leerdam, issu d'une famille catholique hollandaise. Formé principalement à l'université de Louvain, de mouvance espagnole, Jansenius y est témoin du conflit, toujours prêt à se rallumer, opposant les jésuites de la ville, dont le molinisme accorde beaucoup à la liberté humaine, et la tradition thomiste ou baïaniste de l'Université, qui affirme l'efficacité souveraine de la […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/jansenius/#i_10931

MOYEN ÂGE - La pensée médiévale

  • Écrit par 
  • Alain de LIBERA
  •  • 22 370 mots

Dans le chapitre « De la sémiotique à la psychologie »  : […] Comme la théorie thomiste de la figura , la théorie ockhamiste des intentiones animae est l'application d'un modèle originairement sémiotique : une intention première est une « occurrence mentale » et un « acte d'intellection signifiant naturellement des choses singulières qui ne sont pas des signes » ( res quae non sunt signa ) ; […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/moyen-age-la-pensee-medievale/#i_10931

PRÉDESTINATION

  • Écrit par 
  • André DUMAS
  •  • 2 867 mots

Dans le chapitre « Les Pères de l'Église, le Moyen Âge et la Réforme »  : […] Jusqu'à saint Augustin, le thème de la prédestination reste peu développé, en particulier dans la théologie orientale, plutôt axée sur la déification. Il fallait lutter contre le fatalisme du manichéisme, insister sur la liberté de la nature humaine restaurée par Christ, donc ne pas risquer de confondre la volonté éternelle de salut de Dieu avec un arbitraire écrasant et démoralisant. Le thème ré […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/predestination/#i_10931

ROGER MARSTON (mort en 1303)

  • Écrit par 
  • Denis COUTAGNE
  •  • 410 mots

Franciscain, disciple de saint Bonaventure et de Jean Peckham, farouche défenseur de l'augustinisme contre saint Thomas d'Aquin. Roger Marston fit ses études à Paris, en 1270 environ, et enseigna à Oxford, puis à Cambridge. De 1292 à 1298, il fut ministre de la province franciscaine d'Angleterre. On a de lui, outre un De anima , des Quaestiones disputatae […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/roger-marston/#i_10931

SERIPANDO GEROLAMO (1493-1563)

  • Écrit par 
  • Jean-Robert ARMOGATHE
  •  • 386 mots

Théologien italien, cardinal et légat au concile de Trente. Attiré très jeune par la vie religieuse, Seripando entre en 1507 chez les ermites de Saint-Augustin. Il y fait une rencontre décisive, celle de son maître et protecteur Gilles de Viterbe qu'il suit à Rome et à Viterbe, en étudiant la philosophie et la théologie ; il est ordonné prêtre en 1513. Une succession de charges importantes dans sa […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/gerolamo-seripando/#i_10931

VITAL DU FOUR (1260 env.-1327)

  • Écrit par 
  • Denis COUTAGNE
  •  • 499 mots

Né à Bazas dans la province d'Auch en Gascogne, Jean du Four prit, en entrant dans l'ordre des Frères mineurs, le nom de Vital. Envoyé en 1285 au studium generale de Paris, il commenta les Sentences . Après un temps de régence à l'université, autour de 1292-1294, il gagna Montpellier, où il fut lecteur et où il s'initia à la médecine. Il vint ensuite en […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/vital-du-four/#i_10931

Voir aussi

Pour citer l’article

Michel MESLIN, Jeannine QUILLET, « AUGUSTINISME », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 10 octobre 2019. URL : http://www.universalis.fr/encyclopedie/augustinisme/