EGOYAN ATOM (1960- )

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Le sens des images

Atom Egoyan est né en 1960 au Caire, dans une famille arménienne et artiste. Il émigre avec les siens au Canada en 1963. À dix-huit ans, il s'installe à Toronto où il obtient, en 1982, un diplôme en relations internationales. Mais il s'intéresse surtout au théâtre et au cinéma. La pièce de Samuel Beckett, La Dernière Bande, dont le « héros » écoute un enregistrement de divers épisodes de son passé, lui inspire en 1979 son premier court-métrage, Howard in particular, puis en 2000, la fiction télévisée Krapp's Last Tape. Il revient à cet ouvrage fondateur en 2002 lors d'une exposition londonienne : Steenbeckett. Mais, dès Peep show (1981), il formule les principales données de son œuvre future.

Jusqu'à Calendar (1993), le cinéaste va introduire ses recherches formelles dans ses films, en s'attaquant au matériau fictionnel, par le mélange des temps, la confusion des personnalités, le multiculturalisme, cela d'une manière plus visuelle que strictement narrative. À partir d'Exotica (1994), où l'utilisation de la vidéo se fait plus discrète, tout en jouant un rôle de premier ordre dans Le Voyage de Felicia (1999) ou Ararat (2002), Egoyan se livrera à un travail de « dysnarration » en respectant, tout en les détournant, les codes du récit. Il doublera alors ses films par des installations comme The Origin of the Non-Descript (réalisé en 2001 en collaboration avec Geoffrey James, et inspirée du film The Adjuster : photographie, mono-bande couleur en boucle de 30 s., moniteur, son).

Avec ses trois premiers longs-métrages de fiction : Next of Kin (1984), Family Viewing (1987) et Speaking Parts (1989), Atom Egoyan acquiert une notoriété internationale. Dans Next of Kin, la vidéo n'est encore qu'un déclencheur de fiction. Un jeune homme voit sur un écran de télévision, dans la salle d'attente d'un thérapeute, une famille d'origine arménienne se plaindre de la disparition du fils de la maisonnée. L'adolescent va se substituer à ce dernier et vivre, dans un autre pays, l'existence du disparu auprès de sa famille d'adoption. Tous les thèmes du cinéaste sont déjà [...]


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Raphaël BASSAN, « EGOYAN ATOM (1960- ) », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 24 septembre 2020. URL : https://www.universalis.fr/encyclopedie/atom-egoyan/