ATELIER, art

Carte mentale

Élargissez votre recherche dans Universalis

L'atelier cénacle. Sanctuaire romantique et grand atelier de la nature

De l'atelier traditionnel, il ne reste, au xixe siècle, que la fonction pédagogique exercée par quelques grands maîtres, mais la pédagogie se ressent aussi de l'idéologie romantique, et le rapport du maître à l'élève est tout à fait original. Ce qu'on apprend d'un maître est d'ordre purement formel. Les marchands de pinceaux, de couleurs, de toiles dispensent définitivement les artistes de toutes les tâches techniques. Bientôt, on connaîtra le chevalet portatif. Quant à l'enseignement, il est abusif et souvent lointain. Le maître ne travaille plus devant ses élèves. Enseignement et création sont séparés. L'un des témoignages les plus vivants de cette atmosphère nous est donné par L'Atelier d'Ingres d'Amaury Duval. Malgré toute la vénération de Duval pour son maître, il reconnaît qu'Ingres était fort mauvais pédagogue. L'idée du génie artistique est plus individualisée et plus forte que jamais. La notion d'« inspiration divine » trouve alors sa consécration romantique : « On n'apprend pas plus à être un grand dessinateur ou un grand coloriste qu'à être un grand poète... il n'y a pas besoin d'école », disait Ingres, et Duval d'avouer : « S'il nous avait ouvert les portes de son atelier, s'il n'avait eu pour nous aucun secret, si nous l'avions vu au travail et surtout s'il s'était servi de nous comme instruments, son œuvre aurait pu être immense et son influence bien autrement complète. » Le génie est despotique, on craint ses humeurs changeantes, on respecte avec une piété terrifiée l'oracle des positions théoriques. À Paris, parmi les élèves des deux « écuries » rivales, les « Ingres » ne saluent pas les « Delacroix ». Que règne ici l'anticonformisme, là le plat académisme, quelques « phares » se dressent dans une foule de spectateurs plus fanatiques que créateurs. Les grands maîtres s'apprêtent à n'être plus compris. Le mépris de l'artisan n'est plus en question. Maintenant on affecte le mépris du bourgeois, on se p [...]


1  2  3  4  5
pour nos abonnés,
l’article se compose de 10 pages



Médias de l’article

Alexandre et Campaspe dans l'atelier d'Apelle, G. Tiepolo

Alexandre et Campaspe dans l'atelier d'Apelle, G. Tiepolo
Crédits : Peter Willi/ Bridgeman Images

photographie

L'Atelier, J. Vermeer

L'Atelier, J. Vermeer
Crédits : Bridgeman Images

photographie

Réunion d'artistes dans l'atelier d'Isabey, L.L. Boilly

Réunion d'artistes dans l'atelier d'Isabey, L.L. Boilly
Crédits : Erich Lessing/ AKG

photographie

Intérieur d'atelier, O. Tassaert

Intérieur d'atelier, O. Tassaert
Crédits : Art Media/ Print Collector/ Getty Images

photographie

Afficher les 7 médias de l'article





Écrit par :

Classification


Autres références

«  ATELIER, art  » est également traité dans :

AMAURY-DUVAL EUGÈNE EMMANUEL PINEU-DUVAL dit (1808-1885)

  • Écrit par 
  • Bruno FOUCART
  •  • 441 mots

Sans doute l'un des plus originaux et des mieux doués des élèves d'Ingres, Amaury-Duval se contenta d'une carrière honorable et discrète. Peintre à la production rare, appartenant par sa famille à l'intelligentsia parisienne (son père, membre de l'Institut, fondateur de la Décade philosophique , rédacteur du Mercure , était un remarquable érudit et historien archéologue), Amaury-Duval avait des qu […] Lire la suite

ARCHITECTURE (Thèmes généraux) - L'architecte

  • Écrit par 
  • Florent CHAMPY, 
  • Carol HEITZ, 
  • Roland MARTIN, 
  • Raymonde MOULIN, 
  • Daniel RABREAU
  •  • 16 573 mots
  •  • 10 médias

Dans le chapitre « La circularité académique : le mandarinat »  : […] Le système académique était fondé sur la circularité. Les membres de la section architecture de l'Académie des beaux-arts se recrutaient par cooptation. Au travers de l'École nationale supérieure des beaux-arts et de ses filiales régionales créées en 1903, l'Académie régnait sur l'enseignement, dans la mesure où elle attribuait les récompenses. Les Prix de Rome, architectes de droit des bâtiments […] Lire la suite

ART SACRÉ

  • Écrit par 
  • Françoise PERROT
  •  • 5 348 mots

Dans le chapitre « Maurice Denis et la théorisation de l'art religieux »  : […] Le xx e  siècle s'est ouvert, en France, sur la séparation des Églises et de l'État (1905), ce qui a ralenti les initiatives en matière d'art religieux pour deux décennies. Des artistes, évoluant le plus souvent au sein de groupes ou de mouvements divers, ont fait état d'une quête spirituelle, que plusieurs ont pensé retrouver dans l'art médiéval. C'est le cas de Maurice Denis (1870-1943) qui se r […] Lire la suite

L'ATELIER D'INGRES, Eugène Emmanuel Amaury-Duval - Fiche de lecture

  • Écrit par 
  • Adrien GOETZ
  •  • 1 026 mots
  •  • 1 média

Dans le chapitre « Itinéraire d'un élève »  : […] Le récit, à la première personne, s'étend sur onze ans, de 1825 à 1836, prolongé par des anecdotes concernant la période ultérieure. Le plan est peu marqué, divisé en vingt-sept chapitres ponctués de dialogues, comme dans une conversation, le but étant de « faire connaître surtout les sentiments intimes et les préceptes du grand artiste ». À partir de 1825, jusqu'à son départ pour l'Italie en 1834 […] Lire la suite

AUBUSSON MANUFACTURES D'

  • Écrit par 
  • Nicole de REYNIES
  •  • 543 mots

L'existence d'ateliers de lissiers dans la ville d'Aubusson n'est attestée qu'à partir de 1531, date nettement postérieure à celle de l'établissement d'ateliers à Felletin, mais antérieure à celle de Bellegarde ; la production de ces villes voisines a les mêmes caractéristiques. Au milieu du xvii e siècle, l'industrie aubussonnaise étant en régression, Louis XIV offre à l'ensemble des ateliers pr […] Lire la suite

AUTEUR

  • Écrit par 
  • Alain BRUNN, 
  • François-René MARTIN
  • , Universalis
  •  • 3 112 mots
  •  • 12 médias

Dans le chapitre « L'individualisation de l'œuvre »  : […] L'activité même des historiens de l'art a toujours suivi le cours de cette individualisation de la production artistique, subissant aussi ses revirements, comme la « mort de l'auteur » annoncée par Roland Barthes, ou à l'inverse, son retour, dont Michel Foucault a mis à nu les implications pour les sciences humaines. La démarche attributionniste, longtemps centrale dans la discipline, consiste à […] Lire la suite

AUTOPORTRAIT, peinture

  • Écrit par 
  • Robert FOHR
  •  • 3 584 mots
  •  • 4 médias

Dans le chapitre « Le peintre noble et savant : l'autoportrait « en majesté » »  : […] Comme on l'a vu à propos de l'évolution du thème de saint Luc, le statut social et intellectuel de l'artiste et celui de la peinture sont au centre de la problématique de l'autoportrait, surtout à partir de la Renaissance où cet art, naguère « mécanique », accède pratiquement, avec les plus grands maîtres, au rang des « arts libéraux ». Formé comme un artisan dans une Allemagne encore médiévale, D […] Lire la suite

COULEURS, histoire de l'art

  • Écrit par 
  • Manlio BRUSATIN
  •  • 10 354 mots
  •  • 2 médias

Dans le chapitre « Techniques et traités au Moyen Âge »  : […] L'introduction des tons de bleu en Occident et les premières indications techniques sur leur fabrication se trouvent dans un recueil de recettes artisanales, les Compositiones ad tingenda musiva ..., manuscrit probablement rédigé à l'époque de Charlemagne, découvert à Lucques et publié seulement au xviii e  siècle à Milan par Ludovico Antonio Muratori. Il s'agit là du texte résumant le mieux le d […] Lire la suite

DAVID JACQUES LOUIS (1748-1825)

  • Écrit par 
  • Barthélémy JOBERT
  •  • 4 765 mots
  •  • 6 médias

Dans le chapitre « Le peintre de Napoléon »  : […] Avec Bonaparte, David trouva définitivement son grand homme, auquel il devait, jusqu'à sa mort, comme beaucoup d'autres Jacobins, vouer une fidèle admiration. Il n'entra vraiment en contact avec le général que vers 1797, souhaitant faire son portrait (ébauché et resté inachevé, Louvre), sortant enthousiasmé de leur première rencontre et disant à ses élèves (le mot est rapporté par Delécluze) : «  […] Lire la suite

DÉCOR DE LA NEF DE LA BASILIQUE SAINT-FRANÇOIS, Assise

  • Écrit par 
  • Christophe MOREAU
  •  • 228 mots

Vers la fin du xiii e  siècle à Assise l'ordre des franciscains voulait présenter aux yeux du public un cycle imagé retraçant la vie de leur saint fondateur. Ils virent en la personne de Giotto, qui avait déjà travaillé au décor de la basilique saint-François, avec son maître Cimabue, l'artiste répondant le mieux à leurs aspirations. Vers 1295, le maître florentin entreprend le décor à fresque sur […] Lire la suite

ENSEIGNEMENT DE L'ART

  • Écrit par 
  • Annie VERGER
  •  • 16 047 mots

Dans le chapitre « L'école nationale supérieure des beaux-arts (E.N.S.B.A) »  : […] L'ordonnance du 4 août 1819 approuvant le Règlement de l'École royale et spéciale des beaux-arts fait suite à l'arrêt du 27 janvier 1648 du Conseil d'État du Roi octroyant aux futurs académiciens l'indépendance face à la Maîtrise. Les premiers statuts concernant l'enseignement du dessin d'après un modèle sont rédigés en février de la même année. Cependant, la réforme qui marque durablement l'établ […] Lire la suite

ÉTRUSQUES

  • Écrit par 
  • Françoise-Hélène MASSA-PAIRAULT
  •  • 13 416 mots
  •  • 16 médias

Dans le chapitre « Mutations et conservation : produits artistiques, modèles et destinataires »  : […] La complexité de cette société, à la fois conservatrice et modérément ouverte, permet d'envisager également des nouveautés dans l'organisation des ateliers et la conception même du travail artisanal et artistique. Et d’abord dans la relation artisan-commanditaire qui n’est plus exclusivement aristocratique. La tombe, découverte à Sarteano (proche de Chiusi), du « Quadrige infernal » (330-320) est […] Lire la suite

EXPOSITION

  • Écrit par 
  • Nathalie HEINICH
  •  • 5 638 mots
  •  • 1 média

Dans le chapitre « L'exposition et le marché »  : […] L' histoire nous apprend d'ailleurs que la fonction esthétique se dégage progressivement d'une fonction commerciale autrefois prépondérante. Ainsi, dans le cas de la peinture, la nécessité d'exposer n'est apparue qu'à partir du moment où le système traditionnel de la vente au public, dans l' atelier-échoppe ouvert sur la rue, fut sinon interdit, du moins déconseillé aux peintres qui voulaient se d […] Lire la suite

FOYERS DE CULTURE

  • Écrit par 
  • Gilbert GADOFFRE
  •  • 9 694 mots
  •  • 3 médias

Dans le chapitre «  Châteaux et ateliers : les deux romantismes »  : […] L'effet politique du retour des émigrés après Waterloo est tellement négatif qu'on en est venu à ignorer un impact culturel dont l'importance n'est pas niable : ouverture sur l'étranger et les langues étrangères, les littératures, et intérêt pour les institutions d'autres pays. Ajoutons que les anciens émigrés ont soif de racines, d'histoire, de sociabilité. Beaucoup d'entre eux retrouvent, à défa […] Lire la suite

FRANCKEN FRANS II, dit LE JEUNE (1581-1642)

  • Écrit par 
  • Jacques FOUCART
  •  • 463 mots
  •  • 1 média

Le plus grand des Francken, Frans II ou le Jeune, fils de Frans I, neveu de Hieronymus et d'Ambrosius I, se partagea entre la grande peinture d'autel et le petit tableau de cabinet (souvent peint sur bois ou sur cuivre). Jusqu'en 1616 au moins, il signe généralement De Jon F. Franck (De Jonge signifie le jeune) pour se distinguer de son père, qui signe alors De Oude F. Francken et dans l'atelier d […] Lire la suite

GALLO-ROMAINE CÉRAMIQUE SIGILLÉE

  • Écrit par 
  • Alain DUVAL
  •  • 769 mots

À toutes les époques, les potiers se sont installés dans des régions riches en argile, en eau et en bois. À certains moments, les ateliers ont pu se trouver disséminés en de nombreuses unités de production. À d'autres, ils ont pu se trouver regroupés à proximité des agglomérations qu'ils étaient chargés de fournir. Mais, à l'extrême fin de l'époque gauloise et à l'époque gallo-romaine (~ i er - iv […] Lire la suite

GHIBERTI LORENZO (1378 ou 1381-1455)

  • Écrit par 
  • Pascal DUBOURG-GLATIGNY
  •  • 2 734 mots
  •  • 3 médias

Dans le chapitre « La porte du Paradis »  : […] Immédiatement après l'achèvement de la porte nord, dès le début de l'année 1425, l'Arte di Calimala commanda à Ghiberti la réalisation d'une seconde porte. Le programme iconographique initial, consacré à l'Ancien Testament, rédigé par l'humaniste Leonardo Bruni, prévoyait une répartition en vingt-huit panneaux, sur le modèle des deux portes précédentes, qui furent ramenés par la suite à dix pannea […] Lire la suite

GIOTTO - (repères chronologiques)

  • Écrit par 
  • Christophe MOREAU
  •  • 677 mots

1228 Le 18 juillet 1228 a lieu la canonisation de Francesco di Bernardone (saint François d'Assise), deux ans après sa mort. La même année va être entreprise la construction d'une basilique sur deux niveaux en bordure de la ville d'Assise, au-dessus du tombeau du saint. 1260-1263 À la demande du chapitre de l'ordre des Franciscains, saint Bonaventure rédige une biographie de saint François basé […] Lire la suite

HAYTER STANLEY WILLIAM (1901-1988)

  • Écrit par 
  • Michel MELOT
  •  • 240 mots

Après des études de chimie et de géologie au King's College de Londres, Hayter a une activité d'ingénieur des pétroles en Iran. Il arrive à Paris en 1926 et fait une rencontre décisive pour lui, celle du graveur Joseph Hecht, qui lui apprend la technique du burin. Il installa en 1927, rue du Moulin-Vert, un atelier de gravure qui devint la pépinière des peintres-graveurs de l'entre-deux-guerres. C […] Lire la suite

Voir aussi

Pour citer l’article

Marie-José MONDZAIN-BAUDINET, « ATELIER, art », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 25 février 2020. URL : http://www.universalis.fr/encyclopedie/atelier-art/