ROY ARUNDHATI (1961- )

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Une écrivaine-militante

Après la parution de son premier roman, Arundhati Roy choisit non pas de rejoindre le rang des écrivains diasporiques mais de rester à Delhi et de continuer à s’engager en faveur de causes écologistes, féministes et altermondialistes, dont elle rend compte dans ses nombreux essais polémiques. Ceux-ci traitent des essais nucléaires et de la construction de grands barrages en Inde (Le Coût de la vie, 1999), de la politique du gouvernement américain face au terrorisme international (Ben Laden, secret de famille de lAmérique, 2001), des questions environnementales et des dangers d’une mondialisation incontrôlée (L’Écrivain-militant, 2003), des scandales et atrocités dont l’Inde est le théâtre (La Démocratie : notes de campagne, 2011) ou encore des méfaits du capitalisme (Capitalisme : une histoire de fantômes, 2016).

Plusieurs de ces sujets d’actualité sont également abordés par un biais fictionnel dans les deux romans de Roy. Le Dieu des petits riens se penche sur les vestiges de la colonisation dans l’État sous gouvernement communiste du Kerala, dégradé par l’industrie du tourisme. Le Ministère du bonheur suprême dresse un sombre tableau d’une société indienne minée par la crispation identitaire et par la violente répression instituée par le gouvernement central. Sur le territoire contesté du Cachemire, les cimetières se multiplient tandis que, dans les forêts de l’Inde centrale, la guérilla maoïste s’organise pour défendre les territoires occupés par les communautés aborigènes. Les deux romans mettent également en lumière la persistance du système de castes et de diverses formes d’oppression. Dans Le Dieu des petits riens, les personnages principaux (une mère divorcée, ses jumeaux biculturels – de père bengali hindou et de mère chrétienne syriaque du Kerala – et son amant issu d’une caste d’intouchables) sont marginalisés par la société et leur propre famille au point d’être détruits. Dans Le Ministère du bonheur suprême, ce sont les hijra ou transgenres qui sont ostracisées. L’une d’entre elles, Anjum, choisit d’élire domicile dans un cimeti [...]


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Écrit par :

  • : professeure des Universités en littérature britannique contemporaine et en littératures postcoloniales à l'École normale supérieure de Lyon, membre de l'Institut universitaire de France

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Pour citer l’article

Vanessa GUIGNERY, « ROY ARUNDHATI (1961- ) », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 25 février 2020. URL : http://www.universalis.fr/encyclopedie/arundhati-roy/