SCHNABEL ARTUR (1882-1951)

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Un musicien avant tout

Artur Schnabel naît le 17 avril 1882 à Kunzendorf, en Galicie, province qui appartient alors à l’Empire austro-hongrois (Kunzendorf est aujourd’hui Lipnik, en Pologne). C'est avec Hans Schmitt qu'il commence l'étude du piano. Il la poursuit au Conservatoire de Vienne, où Theodor Leschetizky perçoit sans peine la nature profonde de son élève : « Vous ne serez jamais pianiste, vous êtes musicien. » Son professeur d'écriture et de théorie, Eusebius Mandyczewski, le présente à Johannes Brahms. Dès ses débuts de concertiste, Artur Schnabel fuit toute virtuosité clinquante. Très vite son répertoire accueille Brahms, les sonates de Schubert, les bagatelles et les variations de Beethoven. Cette musique exigeante dont il fera peu à peu comprendre les secrètes beautés à ses auditeurs européens, il la propose sans la moindre concession au goût du jour. Artur Schnabel ne cherche pas à séduire – de sa vie il ne donnera le moindre bis – mais à élever.

Festival d'Édimbourg

Photographie : Festival d'Édimbourg

Le violoniste Joseph Szigeti, l'altiste William Primrose, le pianiste Artur Schnabel et le violoncelliste Pierre Fournier (de gauche à droite), le 20 septembre 1947, lors du premier festival d'Édimbourg. 

Crédits : Gerti Deutsch/ Picture Post/ Getty Images

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En 1900, il se fixe à Berlin et épouse la contralto Therese Behr (1876-1959), avec laquelle il donnera de nombreuses soirées de lieder. Il déploiera aussi une intense activité de musicien de chambre, notamment avec Carl Flesch, Pablo Casals, Emanuel Feuermann, Pierre Fournier, Paul Hindemith, Bronislaw Huberman, Joseph Szigeti, William Primrose et le Quatuor Pro Arte. Il participe même, en 1912, à la première audition berlinoise du Pierrot lunaire d'Arnold Schönberg, seule incursion qu'on lui connaisse dans l'aventure de la musique contemporaine. De 1925 à 1930, il enseigne à la Musikhochschule de Berlin et forme de nombreux élèves, dont Clifford Curzon et Peter Frankl. En 1927, pour le centenaire de la mort de Beethoven, il donne à Berlin – c'est la première fois qu'un pianiste s'y risque – l'audition complète des trente-deux sonates pour piano. C'est le début d'une vaste croisade beethovénienne à travers le monde entier qui l'amènera à renouveler cet exploit à Londres (en 1932 et 1934), à Berlin (en 1933) et à New York (en 1936).

Fuyant la montée du nazisme, Artur Schnabel se fixe à Londres en 1933. C'est à cette époque qu'il commence à enregistrer sur disque, réalisant d'impérissables premières : l'intégrale des sonates et concertos pour piano de Beethoven, les dernières sonates de Schubert et un chapelet de concertos pour piano de Mozart. L'été, il donne des cours d'interprétation à Tremezzo, près du lac de Côme, en Italie. En 1939, il émigre aux États-Unis ; il prendra la nationalité américaine en 1944. Sur le Nouveau Continent, le professeur est toujours très recherché – il enseigne à l'université du Michigan, à Ann Harbor (1940-1945) –, mais l'interprète est trop rigoureux pour être à la mode. Aussi ne tarde-t-il pas à se fixer en Suisse, laissant son fils Karl-Ulrich (1909-2001) mener aux États-Unis une double carrière de pianiste et de professeur. Il ne cessera de jouer et d'enregistrer jusqu'à sa mort, qui survient à Axenstein, en Suisse, le 15 août 1951. Il nous laisse plusieurs partitions pour piano, dont une Pièce pour piano en sept mouvements (1947), quelques œuvres de musique de chambre, trois symphonies, une rhapsodie et un concerto pour piano, ainsi que trois ouvrages : Reflections on Music (1933), Music and the Line of Most Resistance (1942), My Life and Music (1951).

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Pour citer l’article

Pierre BRETON, « SCHNABEL ARTUR - (1882-1951) », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 23 avril 2022. URL : https://www.universalis.fr/encyclopedie/artur-schnabel/