ARTICULATIONS

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Anatomie humaine

Synarthroses

Les surfaces osseuses en présence ne sont pas revêtues de cartilage ; une mince couche de tissu fibreux ou cartilagineux cimente un interligne articulaire très étroit.

La synfibrose, ou suture, unit deux os qui ont subi l'ossification membraneuse. C'est le cas des os de la voûte du crâne, reliés par des ponts membraneux, étroits chez l'adulte, larges chez le nouveau-né, où ils forment les fontanelles.

Les sutures se différencient, d'après leur forme, en suture dentée, munie de longues et fines dentelures, et suture écailleuse, fortement biseautée.

La synchondrose est l'articulation fixe de deux os développés à partir de cartilages, par exemple l'occipital et le rocher (os temporal), et, plus généralement, tous les os de la base du crâne.

Avec l'âge, les articulations du crâne peuvent s'ossifier en totalité ; on parle de synostose (par exemple, sphénoïde et occipital).

Amphiarthroses

Les articulations discovertébrales qui unissent entre eux les corps vertébraux de deux vertèbres adjacents constituent la variété numériquement la plus importante d'amphiarthroses. Fonctionnellement, ces articulations ont une place majeure, et pratiquement, en pathologie humaine, leur atteinte est responsable d'un pourcentage élevé des consultations de rhumatologie.

Il existe chez l'homme normal vingt-trois articulations discovertébrales étagées de C2, la deuxième vertèbre cervicale, à S1, la première vertèbre sacrée. Parmi ces articulations, certaines sont particulièrement importantes parce qu'elles constituent des zones charnières situées à la jonction de deux segments moins mobiles du rachis : ainsi en est-il des charnières cervico-dorsales englobant C6, C7 et D1 (pour les 6e et 7e vertèbres cervicales et la première vertébrale dorsale), la charnière dorso-lombaire englobant D11, D12, L1 et L2 (pour les 11e et 12e vertèbres dorsales et les 1re et 2e vertèbres lombaires) et la charnière lombo-sacrée englobant L4, L5 et S1 (pour les 4e et 5e vertèbres lombaires et la 1re sacrée). Les zones de mobilité maximale sont également les zones où les atteintes pathologiques sont les plus fréquentes et cela tant chez certains mammifères que chez l'homme ; on connaît les arthroses lombo-sacrées de certaines races de chiens et de chats – chez l'homme, l'atteinte lombo-sacrée est responsable d'une pathologie très variée mais extrêmement répandue : lombalgies aigues, ou lombagos, lombalgies chroniques (par détérioration structurale et arthrose d'un ou des deux disques de la charnière, disques L4L5 et L5S1), lombosciatiques et sciatiques, par compression de l'une des deux racines nerveuses du nerf sciatique passant en arrière du disque dans le canal rachidien (racines L5 et S1).

Articulation intervertébrale

Dessin : Articulation intervertébrale

Articulation intervertébrale. 

Crédits : Encyclopædia Universalis France

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L'articulation disco-vertébrale comprend d'une part les plateaux des vertèbres adjacentes, ou plateaux vertébraux, et d'autre part le disque vertébral. Ce dernier comprend deux parties :

– l'anneau fibreux fait de lamelles fibreuses concentriques ; il est épais en avant et latéralement, mince et donc plus faible en arrière. Les lamelles fibreuses s'insèrent en haut et en bas sur les plateaux vertébraux,

– le nucleus pulposus, qui a l'aspect d'une gelée blanchâtre et homogène. Aux étages lombaire et lombo-sacré, le nucleus est situé à l'union du tiers moyen et du tiers postérieur de l'espace discal. Aux étages sus-jacents, il est franchement médian.

Physiologiquement, le nucleus pulposus peut être comparé à un coussinet qui reçoit les pressions, les transmet et les répartit sur l'ensemble des structures voisines : plateaux vertébraux et anneaux fibreux du disque.

En cas de lésions des anneaux fibreux du disque (déchirures, détérioration structurale...), le nucleus tend à « s'engouffrer » dans la brèche ainsi formée, ce qui donne lieu à la production d'une hernie discale, toujours postérieure et préférentiellement postéro-latérale dans le cas du rachis lombo-sacré. La hernie ainsi produite peut faire comprimer la racine sciatique immédiatement adjacente : racine L5 dans le cas d'une hernie L4L5 et racine S1 dans le cas d'une hernie L5S1. Cette compression est à l'origine de crises de sciatique. Plus à distance, l'articulation discovertébrale et entourée de puissants ligaments qui unissent entre eux les corps vertébraux adjacents : ligament longitudinal antérieur qui s'insère sur les faces antérieures et latérales des vertèbres respectant le rebord vertébral lui-même (listel marginal) ; ligament longitudinal postérieur moins épais que le ligament antérieur. Tandis que le ligament longitudinal antérieur n'adhère pas aux anneaux les plus extérieurs du disque, le ligament postérieur y adhère solidement. Ces deux ligaments, ainsi que les anneaux les plus externes du disque, sont richement innervés par le nerf sinu-vertébral dont l'excitation est responsable du caractère très douloureux de toutes les atteintes déjà citées : lombago, arthrose lombaire et lombo-sacrée, etc.

La symphyse pubienne unit sur la ligne médiane les deux os iliaques, par l'intermédiaire d'un ligament interosseux qui peut se lyser dans sa partie centrale avec formation d'une cavité liquidienne ; celle-ci assure à la symphyse une meilleure mobilité : c'est une diarthro-amphiarthrose.

Une amphiarthrose possède des ligaments périphériques de renforcement.

Diarthroses

Une diarthrose, articulation mobile, se caractérise par l'existence d'une cavité synoviale vraie. Elle s'observe principalement au niveau des membres, en particulier à l'union des os longs.

Structure

Les os longs des membres se mettent en rapport par leurs extrémités, ou épiphyses. L'une est convexe, l'autre concave, et toutes deux sont recouvertes d'un cartilage articulaire à surface lisse, portant le nom de surface articulaire. L'épaisseur du cartilage, proportionnelle aux forces de pression qu'il subit, est plus considérable au niveau des membres inférieurs.

Genou

Dessin : Genou

Coupe frontale de l'articulation du genou droit. 

Crédits : Encyclopædia Universalis France

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La synoviale, membrane conjonctive mince riche en vaisseaux, s'insère à la périphérie du cartilage et relie les deux surfaces articulaires. Elle sécrète un liquide filant, le liquide synovial, qui lubrifie le cartilage.

La capsule articulaire forme un manchon fibreux tendu d'une épiphyse à l'autre. Élastique, résistante, elle maintient les os en place ; elle peut s'insérer au ras du cartilage (épaule) ou à distance (hanche). Mince et perforée au niveau de l'épaule, elle permet un jeu articulaire de grande amplitude, ce qui l'expose à la rupture en cas de luxation de la tête de l'humérus. Par contre, la capsule est épaisse à la hanche et maintient le contact permanent de la tête fémorale dans la cavité cotyloïde du bassin. La synoviale tapisse la face profonde de la capsule et la portion de l'épiphyse comprise entre l'insertion capsulaire et le cartila [...]

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Articulation intervertébrale

Articulation intervertébrale
Crédits : Encyclopædia Universalis France

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Genou

Genou
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Articulation scapulo-thoracique

Articulation scapulo-thoracique
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Genou : surfaces articulaires

Genou : surfaces articulaires
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Écrit par :

  • : professeur à la faculté de médecine de Paris
  • : médecin, ancien directeur de recherche à l'Institut national de la santé et de la recherche médicale

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Pour citer l’article

Claude GILLOT, André-Paul PELTIER, « ARTICULATIONS », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 08 décembre 2021. URL : https://www.universalis.fr/encyclopedie/articulations/