ART URBAIN

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Un art de la marge

Son ancrage contextuel ne suffit pourtant pas à définir une pratique dont on sent qu'elle présente, au-delà de ses différentes chapelles, quelques traits communs. Le premier d'entre eux tient au caractère illégal ou « à peine légal » (pour reprendre le titre d'une exposition de l'artiste Banksy) d'un art dont l'histoire charrie son lot d'arrestations et de procès. À l'inverse de l'art public, l'art urbain se déploie dans une zone grise entre vandalisme et commande, entre marché de l'art et refus de l'art comme marchandise. Si certains artistes urbains ont fini par bénéficier des subventions municipales ou par seconder les politiques culturelles des entreprises et des institutions (témoins depuis les années 2000 les expositions de street art à la Tate Modern de Londres, à la fondation Cartier de Paris et au Museum of Contemporary Art de Los Angeles), leurs interventions se créent le plus souvent à l'insu des autorités, et parfois contre elles.

Cette marginalité est généralement subie. Les artistes qui interviennent dans la rue sont d'abord ceux dont les galeries ne veulent pas et dont les modes d'expression semblent trop naïfs ou populaires pour recevoir l'assentiment de l'élite artistique. Mais il arrive que cette marginalité soit revendiquée. Choisir la rue contre l'institution, c'est affirmer que l'œuvre peut s'adresser au public le plus large possible ; c'est aussi contester le travail de sélection, de digestion et de « récupération » en vigueur dans le milieu de l'art. C'est aussi subvertir le régime de signes (signalétique, publicité) par lequel le pouvoir tisse son empire sur la ville et y reconquérir des espaces toujours plus neutres, toujours plus quadrillés. En cela, l'art urbain possède peu ou prou une portée politique, qu'elle soit assumée ou non. De fait, son illégalité ouvre sur un autre régime de la création, où la gratuité conduit à la recherche d'un équilibre entre économie de moyens et impact sur le public. [...]


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Pochoir d'Artiste-ouvrier

Pochoir d'Artiste-ouvrier
Crédits : C. Mouly

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New York, Graffiti, H. Levitt

New York, Graffiti, H. Levitt
Crédits : Y. Bresson/ Musée d'art moderne, Saint-Etienne-Métropole

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Wrinkles of the City à Los Angeles, JR

Wrinkles of the City à Los Angeles, JR
Crédits : Cdrin/ Shutterstock

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Mosaïque Space Invaders, Paris

Mosaïque Space Invaders, Paris
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Pour citer l’article

Stéphanie LEMOINE, « ART URBAIN », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 01 août 2020. URL : http://www.universalis.fr/encyclopedie/art-urbain/