ART KANAK

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La présence des ancêtres

Flèches faîtières, sagaies, chambranles, haches ostensoirs, masques et bambous gravés sont autant de témoins d’une société codifiée.

Les gestes coutumiers régissent les relations sociales kanak. La « coutume », ce rituel de salutation, engageant un échange de paroles et d’objets de peu de valeur (souvent un billet enroulé dans un morceau d’étoffe), s’applique chaque fois qu’un nouvel arrivant se présente en un lieu. Lors des grandes cérémonies coutumières (fêtes, mariages, deuils…), les dons et contre-dons engagent des valeurs beaucoup plus importantes, comme les monnaies traditionnelles qui évoquent les figures claniques ancestrales.

Dans la culture kanak, la case traditionnelle, de forme circulaire, est édifiée autour d’un poteau central et surmontée d’une flèche faîtière. Cette sculpture de faîtage représente le torse et le visage stylisés du chef. L’enfilement des conques marines qui la surmonte renvoie à la conque d’appel, symbole du rassemblement, et évoque aussi la position médiatrice du « grand aîné » entre terre et ciel et entre terre et mer. De grandes appliques sculptées et fixées de chaque côté de la porte d’entrée de la case cérémonielle accueillent le visiteur, le mettant sous la protection de ses figures ancestrales. Précédant l’entrée, des sculptures à planter anthropomorphes bordant une allée centrale accompagnaient les cérémonies.

Case kanak, Nouvelle-Calédonie

Case kanak, Nouvelle-Calédonie

Photographie

La case traditionnelle kanak, de forme circulaire, possède une entrée unique et basse, encadrée d'appliques en bois sculptées représentant les ancêtres de la chefferie. L'entrée est précédée de sculptures à planter anthropomorphes bordant une allée centrale et accompagnant les... 

Crédits : V. Koch/ Demotix/ Corbis

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Les grands masques des Kanak, faits d’une figure de bois surmontée d’un impressionnant dôme de cheveux humains et d’un manteau de plumes, représentaient l’esprit du chef défunt revenu, le temps d’un rituel, du pays sous-marin des morts.

L’étude attentive du patrimoine kanak accumulé dans les musées durant les xixe et xxe siècles met en lumière les transformations culturelles. En deux siècles de contact, la société kanak s’est transformée, et ses productions en marquent les différents temps. Comme l’évolution des monnaies traditionnelles en coquillage perdant au xixe siècle leur fonction économique à la suite de l’introduct [...]

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Écrit par :

  • : conservateur en chef du Patrimoine, adjoint au directeur du Patrimoine et des collections, musée du quai Branly

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Pour citer l’article

Emmanuel KASARHÉROU, « ART KANAK », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 01 juillet 2019. URL : http://www.universalis.fr/encyclopedie/art-kanak/