ÉQUESTRE ART

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L'écuyer

La position et les aides

L'assiette est, pour le cavalier, la base fondamentale de la position. Elle reçoit et doit absorber tous les mouvements transmis par le dos du cheval en action. Cela est possible par le relâchement des muscles de l'écuyer et par son engagement vers le centre de gravité. Les cuisses sont tournées sur leur plat, dirigées diagonalement vers le sol et prolongées par les jambes tombant naturellement. La ceinture portée en avant soutient le rein qui décrit une ligne courbe et flexible. La poitrine est légèrement avancée, les épaules effacées, libres mais non pas reculées. Les bras tombent simplement le long des flancs, les avant-bras soutenus mais un peu inclinés vers le sol, les poignets arrondis et souples. La tête est maintenue sans raideur.

Par le terme aides, on désigne les mains, les jambes, la répartition du poids du cavalier, la gaule, la voix. La main communique ses indications à la bouche du cheval par les rênes. Les jambes transmettent la volonté du cavalier aux parties latérales du cheval. L'éperon sans pointes peut agir avec une finesse indicatrice et directrice non coercitive, supérieure au contact du talon nu. Les répartitions de poids suggèrent et favorisent les changements de direction, d'allure et d'équilibre. La gaule est une aide supplémentaire qui agit sur les parties du cheval que n'atteint pas la jambe.

L'écuyer démontre au cheval sa position et la subtile gradation de l'usage de ses aides. Il se fond en lui et agit par ce qu'il éprouve ; ainsi le cheval soumis à la pensée de son cavalier y répond avec justesse, brillant et légèreté.

L'éducation du cheval

La mise en confiance et la détente physique du jeune cheval sont indispensables à son instruction.

Le travail à la longe

Le cheval doit être amené avec calme et douceur dans le manège, en longe de main et non sellé. On lui fait effectuer quelques tours du manège à chaque main afin de l'y familiariser, on lui parle, on le flatte, on lui donne quelque friandise.

L'écuyer, assisté d'un aide au début des exercices, tient le jeune cheval en grande longe et le met en mouvement. Il le laisse graduellement s'éloigner en dirigeant sans brusquerie la chambrière basse vers le centre de gravité du cheval. Il alterne le trot avec de courtes reprises au galop. Tant que cette leçon est le seul exercice du cheval, elle doit se poursuivre de 20 à 35 minutes. Une fois accoutumé à la longe, le cheval est d'abord sanglé, puis sellé.

Le montoir

C'est le premier contact important du cheval avec l'homme. Celui-ci doit s'entourer d'un luxe de précautions, de patience et de beaucoup de calme. Le résultat est d'autant plus heureux que l'on prodigue une abondance de gourmandises qui délivrent le jeune élève de ses anxiétés.

Il est souhaitable, dans la première semaine, de travailler à trois : un poids léger qui monte le poulain, un homme à la tête du cheval pour le rassurer et le récompenser, et l'écuyer, côté hors montoir, qui soutient l'étrivière opposée.

La leçon durera autant de jours qu'il le faut pour obtenir le calme absolu, en débutant par des tractions de la main sur les étrivières jusqu'à y faire peser le poids du cavalier et monter définitivement.

La leçon à pied

Elle est donnée après une bonne détente en longe. Elle a pour but essentiel de familiariser l'animal avec les indications du cavalier. La leçon à pied est comprise d'autant plus facilement que le cheval n'est pas inquiété par le poids de l'homme et l'action des aides. L'écuyer se met à l'épaule du cheval placé à main gauche et tient les rênes de filet dans sa main gauche à 10 cm de la bouche du cheval. Il arrêtera l'animal par un léger contact en le flattant de la main et de la voix et en s'efforçant de le tenir droit. Il le porte quelques pas en avant par la voix et un léger contact de la gaule. Si celle-ci effraie le cheval, on l'y familiarise auparavant en la lui passant sur tout le corps tout en le récompensant. L'écuyer agit ainsi à chaque main jusqu'à ce que les arrêts et les départs soient faciles et calmes. Il peut alors enseigner les premiers pas de reculer. Il se place en face du poulain, une main sur chaque rêne, derrière l'anneau du mors de filet. Il élève doucement les mains en agissant sur les commissures jusqu'à exécution d'un demi-pas en arrière.

Le travail à pied, qui accompagne quotidiennement le travail monté, se poursuit ainsi tout au long de l'éducation du cheval, auquel on enseigne consécutivement les éléments de chaque exercice : demi-épaule en dedans, puis épaule en dedans au pas le long des pistes et sur les voltes, les appuyers sur la diagonale, l'épaule en dedans au trot sur des voltes autour de l'écuyer, les débuts du rassembler en balançant délicatement le cheval entre la gaule et la main jusqu'à la première battue de piaffer.

On continue le travail monté en utilisant progressivement le langage établi à pied pour équilibrer le cheval, l'arrêter, le mettre en avant, le reculer, le ployer légèrement sur les voltes, l'incurver dans l'épaule en dedans, transformer et utiliser l'épaule en dedans pour passer aux appuyers au pas et au trot.

À toutes les contractions provoquées par l'étude de nouveaux exercices, l'écuyer répond pas une descente de main et une mise en avant du cheval redressé. La souplesse résultant progressivement des exercices à pied et monté améliore la cadence et l'élasticité des allures. Dès lors, l'écuyer utilise toute la gamme des mobilisations latérales pour lutter contre les contractions, les faux plis et la rigidité de toutes les parties du cheval. Au fil des mois, le jeune cheval, assoupli par des exercices rationnels, commence à modifier l'équilibre médiocre de ses débuts montés. Ses hanches, fortifiées et assouplies par l'épaule en dedans, prennent leur juste charge en s'engageant sous la masse ; l'encolure retrouve son port naturel, permettant aux muscles antérieurs de développer l'ampleur de leurs mouvements ; le dos du cheval se livre librement, sans raideur, procurant à l'écuyer un confort, donc une précision nouvelle dans ses actions.

Le cheval, sur des indications de plus en plus fines, arrive à se déplacer latéralement dans ses trois allures, sans modifier sa cadence. Son galop, étendu jusqu'alors, se relève sans intervention de la main, se ralentit puis s'étend à de simples indications de l'assiette. Le trot assoupli gagne en brillant et arrive sans transition apparente à l'élévation diagonale et à la suspension qui prélude au « passage ». Le galop à faux, obtenu sans contrainte par l'équilibre adapté du cavalier, met le cheval en état d'aborder son premier changement de pied comme en se jouant. Les arrêts s'effectuent, réguliers et d'aplomb, tout naturellement, par la grâce de l'équilibre où le cheval aura été maintenu dans l'allure qui les précède. Le pas régularisé prendra toute sa fermeté.

Insensiblement, le cheval entre dans le rassembler, cet état de grâce, couronnement de l'œuvre dont il est l'élément principal. À partir de ce suprême équilibre, tous les usages en seront permis e [...]

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Pour citer l’article

Michel HENRIQUET, « ÉQUESTRE ART », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 02 décembre 2021. URL : https://www.universalis.fr/encyclopedie/art-equestre/