HOHENSTAUFEN ART DES

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Architecture et art monumental

Toutes les disciplines artistiques sont représentées dans le panorama de l'art staufien. Toutefois, l'architecture semble exceller particulièrement. Au temps de Frédéric Barberousse (1152-1190), l'art roman arrive à son épanouissement suprême, au point de verser parfois dans une redondance telle que certains historiens d'art se sont crus autorisés à parler d'un « baroque roman ». Le chevet triconque de la cathédrale de Mayence, terminé en 1239, illustre bien cette évolution. Comme ses cathédrales sœurs de Spire et de Worms, la cathédrale de Mayence avait été rebâtie au xie siècle, après l'incendie de 1009. Vers 1200, elle reçut des voûtes ogivales semblables par leur bombage coupoliforme à celles qui couvrent maintes églises gothiques dans l'ouest de la France. La reprise du chevet triconque du xie siècle, qui marqua la fin de ces embellissements, présente un formidable amoncellement d'arcatures et de niches, richesse égalée par la collégiale contemporaine de Saint-Quirin de Neuss en Basse-Rhénanie. Ici aussi le chevet se présente en triconque, nouveauté monumentale qui semble avoir beaucoup plu à cette époque, en Rhénanie notamment, comme on le verra plus loin. Les cathédrales de Spire et de Mayence terminées, il resta à magnifier celle de Worms. On lui adjoignit, au xiiie siècle, une extraordinaire abside occidentale dont les murs, épais de six mètres, se creusent déjà de belles rosaces gothiques. Devant ce contre-chevet encore entièrement d'inspiration romane, qui continue la tradition des absides occidentées more romano, on est amené à s'interroger sur la position adoptée par les architectes allemands vis-à-vis du gothique. Les historiens d'art des années 1930 (W. Pinder, par exemple) identifient à juste titre l'art staufien à l'architecture romane finissante. Mais, parallèlement à l'architecture des cathédrales du Rhin supérieur, commencent à s'édifier des églises da [...]


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Écrit par :

  • : professeur d'histoire de l'art du Moyen Âge à l'université de Paris-X et au Centre d'études supérieures de civilisation médiévale de Poitiers

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Pour citer l’article

Carol HEITZ, « HOHENSTAUFEN ART DES », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 23 novembre 2019. URL : http://www.universalis.fr/encyclopedie/art-des-hohenstaufen/