ART BRUT JAPONAIS II (exposition)

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Monstres et merveilles

Les œuvres en argile émaillée sont nombreuses et habitées par les monstres du folklore japonais, ces yōkai capables d’actions et de transformations effrayantes, ou les représentations grimaçantes des gardiens géants des monastères bouddhiques : ainsi les créatures étonnantes que sont les démons de Kontani Akio, les visages monstrueux de Sakai Kiyoshi, les yōkai de Matsumoto Naoya dont un superbe Shachihoko, tête de dragon et corps de carpe aux écailles hérissées. Déjà présent à la première exposition de la Halle Saint-Pierre, Sawada Shinichi, outre sa maîtrise de l’argile, réalise de petits véhicules (4 × 6 × 12 cm) en papiers collés, d’une minutie vertigineuse. Cette précision dans le détail qu’apprécient tant les Japonais s’applique aussi au mobilier électroménager de papier (15 × 11 × 7 cm) de Sakai Tomoaki. Autre créatrice déjà reconnue, Suzuki Marie réalise des œuvres sidérantes par le chatoiement de couleurs vives sur papier. L’intensité émotionnelle de ses évocations graphiques hautement sexualisées et torturantes s’appuie sur une technique au stylo-feutre qui emprunte au pointillisme et couvre de grands paravents (168 × 346 × 1,5 cm).

Si certaines sculptures sont géantes, comme les collages de journaux et magazines (7,82 × 5,33 m) de Yoshida Ichiro ou, plus proches de la taille des visiteurs, à l’image déroutante des humanoïdes en polystyrène recouvert de papier (1,60 × 0,60 × 0,50 m) d'Atsumi Keisuke, d’autres encore sont des miniatures, des robots finement articulés, inspirés des dessins animés qui obsèdent Yamane Akira depuis son enfance. Watanabe Yoshihiro réalise des pliages à partir de feuilles de chêne à un moment précis du séchage, donnant naissance à un monde animal en réduction (entre 2 et 6 cm), inédit et fascinant tandis que le bestiaire coloré d'Ayama Takayuki, sur bois gravé et peint, vibre d’une vitalité sauvage. Textiles et broderies donnent aux créateurs l’occasion de jouer des effets multicolores de multiples emmêlements chez Morita S [...]

Sans titre, Atsumi Keisuke

Sans titre, Atsumi Keisuke

Photographie

Si les créatures de Atsumi Keisuke évoquent au premier regard l'univers des mangas ou des jeux vidéo, elles trouvent leur source la plus profonde dans l'imaginaire japonais, peuplé de démons et d'esprits. Atsumi Keisuke, Sans titre, environ 1995. Mousse de polystyrène, papier japonais,... 

Crédits : Collection de la famille de l'artiste/ Halle Saint-Pierre

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Nelly FEUERHAHN, « ART BRUT JAPONAIS II (exposition) », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 12 décembre 2019. URL : http://www.universalis.fr/encyclopedie/art-brut-japonais-ii-exposition/