ART (Aspects esthétiques)Le beau

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Les deux composantes du Beau

La dualité du Beau et du Bien

Notons tout de suite que les philosophes ont commencé par s'interroger sur le beau, c'est-à-dire sur une propriété des choses et des actions. Cette propriété sera par la suite hypostasiée en une substance, la beauté, en même temps que seront plus fortement affirmées sa spécificité et son indépendance.

Au départ, le Beau a deux composantes principales, l'une de plaisir et l'autre de bien moral et religieux. Toutes deux sont identifiées dès Platon (428 env.-env. 347 av. J.-C.) dans l'Hippias majeur, dans le Banquet (env. 375 av. J.-C.) et le Phèdre (385-370 av. J.-C.). Dans L'Hippias majeur, Socrate s'interroge sur la nature du beau – ce par quoi les choses sont belles. Le sophiste Hippias lui répond successivement en donnant l'exemple d'une belle fille vierge (le désir sexuel et le désir de reproduction sont tout de suite présents), en parlant de l'or et de l'ajout d'une parure d'or, en introduisant également la notion de convenance, en parlant de richesse, d'honneurs et de respectabilité. L'idée d'utilité, elle, est aussitôt redéfinie en « utile à la production du bien », puis liée à l'agréable et au plaisir, à « ce qui nous fait nous réjouir ».

Platon - Athènes

Platon - Athènes

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Né vers 428 avant J.-C. à Athènes, Platon a reçu l’éducation d’un jeune aristocrate athénien. Disciple de Socrate, qu’il met en scène dans ses Dialogues,  il fonde sa propre école, l’Académie. La forme du dialogue oriente la pensée vers la parole et le questionnement. Elle permet... 

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Cette énumération va du plaisir-désir (sexuel) au bien, en passant par la convenance. Même si l'Hippias majeur constitue un des dialogues de jeunesse de Platon dits aporétiques parce que aboutissant à une impasse reconnue, cette suite de définitions avortées recoupe l'itinéraire d'ascension vers le bien, décrit dans le discours de Diotime rapporté par Socrate dans le Banquet : l'Amour, qui comble le vide, nous conduit du désir sexuel au Bien à travers l'amour des beaux corps, des belles choses et des belles occupations.

Aristote (385 env.-322 av. J.-C.) identifie également le Beau et le Bien avec ce [...]


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Platon - Athènes

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Saint Thomas d'Aquin, Juste de Gand

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Gottfried Wilhelm Leibniz

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John Locke

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  • : professeur de philosophie à l'université de Rouen, membre de l'Institut universitaire de France

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Pour citer l’article

Yves MICHAUD, « ART (Aspects esthétiques) - Le beau », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 02 juillet 2020. URL : http://www.universalis.fr/encyclopedie/art-aspects-esthetiques-le-beau/