ANGLO-SAXON ART

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Une situation historique complexe

On ne peut comprendre la genèse et l'évolution de l'art anglo-saxon du haut Moyen Âge (ve-ixe s.) sans un rapide survol de l'histoire de l'Angleterre romaine, puis barbare. Peuplée de Celtes, la Bretagne (dénomination de l'Angleterre par les Romains, alors qu'ils connaissaient la Bretagne actuelle sous le nom d'Armorique) fut, du fait de sa situation périphérique et insulaire, l'une des dernières provinces de l'Empire romain à être conquise. Ce pays ne pouvait cependant manquer d'attirer Rome par ses richesses minières abondantes et variées : or, plomb, argentifère, cuivre, étain et fer.

L'expédition de César, en 55-54 avant J.-C., ayant été sans lendemain, ce n'est que sous le règne de Claude, en 43 après J.-C., que la conquête de l'île eut lieu. Elle ne se fit pas sans mal et fut accompagnée de révoltes des populations soumises, en particulier celle de la reine bretonne Boudica, en 60. L'ouest de l'Angleterre fut progressivement occupé, mais les légions romaines marquèrent le pas en Écosse, région peuplée d'une population préceltique, les Pictes, conduisant Hadrien à isoler ces barbares par une ligne fortifiée tracée en 122 du golfe de Solway à la Tyne. En 139, l'empereur Antonin tenta de reporter ce limes à quelque 130 km plus au nord, entre les villes actuelles de Glasgow et d'Édimbourg. L'entreprise fut sans lendemain et le « mur d'Antonin », achevé vers 148-149, fut abandonné vers 163, tandis que le « mur d'Hadrien » était remis en service. Il devait marquer la frontière septentrionale de la Bretagne romaine jusqu'à sa conquête par les Anglo-Saxons.

Dès le iiie siècle, alors que la romanisation progressait, les Britanno-Romains durent faire face à diverses menaces extérieures. Au nord, les Pictes multiplièrent les raids contre le « mur d'Hadrien », à l'arrière duquel ils suscitèrent des troubles. À l'ouest, le littoral subit les incursions des Scots d'Irlande, d'origine celtique. Dès le ive siècle, un certain nombre d'entre eux s'établirent en Cornouailles et au pays de Galles, peut-être comme fédérés (c'est-à-dire en qualité d'alliés militaires de Rome). D'autres débarquèrent en Écosse, où ils fondèrent dans la seconde moitié du ve siècle le royaume de Dalriada au détriment des Pictes et donnèrent leur nom à cette région.

Dès les années 280, une troisième menace commença à planer sur la Bretagne romaine, quand des pirates germaniques venus du continent attaquèrent les côtes orientales de l'île, comme d'ailleurs celles du continent. Ce fut le fait de peuples établis sur les rives de la mer du Nord, entre le Jutland et l'embouchure du Rhin : Jutes, Angles, Saxons (ligue formée au iie s. apr. J.-C. par divers groupes germaniques), et à moindre titre Frisons et Francs. La riposte de Rome fut immédiate et efficace. Dès 286, une série de forts, le plus souvent tenus par des garnisons d'auxiliaires germaniques, jalonnèrent les rivages bretons et gaulois de la mer du Nord et de la Manche dont ils assurèrent la sécurité durant la majeure partie du ive siècle.

La grande invasion continentale de 406, où les Barbares franchirent le Rhin gelé, eut pour conséquence indirecte l'effondrement rapide de la province insulaire, à un moment où elle atteignait une prospérité sans précédent. En effet, l'usurpateur Constantin III débarqua à Boulogne, à la tête de ses troupes, en 407 afin de porter secours à la Gaule. Privés de leur armée de campagne et sans espoir d'une aide militaire venue du continent, les Britanno-Romains se trouvèrent brusquement livrés à eux-mêmes pour défendre leur territoire menacé de toute part. Malgré des tentatives de résistance, immortalisées par la légende du roi Arthur, ils furent bien vite submergés tandis que les structures romaines, moins enracinées ici que dans d'autres provinces de l'Empire, s'effondraient en quelques dizaines d'années.

Dès les années 430-440, alors que la pression des Pictes et des Scots s'accentuait, les Angles, les Jutes et les Saxons commencèrent à débarquer en Angleterre, non par vagues massives, mais par petits groupes tribaux ou familiaux, du fait de la faib [...]

400 à 500. Royaumes barbares

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400 à 500. Royaumes barbares

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Grande-Bretagne, Angleterre anglo-saxonne, Ve-VIIe siècles

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Évangiles d’Echternach, v. 700

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Codex Amiatinus

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  • : directeur du musée des Antiquités nationales, Saint-Germain-en-Laye

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LES ROYAUMES ANGLO-SAXONS (exposition)

  • Écrit par 
  • Christian HECK
  •  • 1 117 mots
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Pour citer l’article

Patrick PÉRIN, « ANGLO-SAXON ART », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 09 mai 2022. URL : https://www.universalis.fr/encyclopedie/art-anglo-saxon/