SCHÖNBERG ARNOLD

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Débuts et premières compositions

Arnold Schönberg, né à Vienne le vendredi 13 septembre 1874 de parents de la petite bourgeoisie juive, est l'un des représentants éminents de cette classe sociale bien déterminée qui allait donner au xxe siècle naissant quelques-uns de ses génies les plus dérangeants et les plus lourds d'avenir : nous sommes encore les petits-fils spirituels de Freud, de Kafka, d'Einstein, de Mahler et de Schönberg, et le siècle que ces juifs d'Europe centrale ont façonné demeure le nôtre, pour le meilleur et pour le pire. Né un jour « fatidique », Schönberg conserva toujours une horreur superstitieuse du chiffre 13 et du vendredi, allant jusqu'à numéroter les mesures de ses partitions avec un 12 bis ! Ce qui ne l'empêcha pas de mourir à 76 ans (7 + 6 !) le vendredi 13 juillet 1951, à minuit moins 13.

Il ne fut pas un enfant prodige, mais, mis au violon à neuf ans, il commença très jeune à composer d'instinct. À dix-neuf ans, violoncelliste dans un orchestre d'amateurs, il rencontra son futur beau-frère, le compositeur et chef d'orchestre Alexandre von Zemlinsky, son aîné de trois ans, qui lui apprit le contrepoint en six mois. Ce fut, avec l'étude de l'harmonie élémentaire prodiguée par son ami Oskar Adler, l'unique enseignement que reçut jamais celui qui devait être le plus grand professeur de composition et le plus grand pédagogue de son siècle : Schönberg un autodidacte ! Son développement créateur fut extraordinairement rapide : un quatuor de 1897 révèle un disciple doué des classiques ; deux ans plus tard, Verklärte Nacht est un premier chef-d'œuvre, dont les audaces harmoniques (notamment un accord décrété « impossible » par les traditionalistes viennois : un quatrième renversement de la neuvième de dominante de bémol !) soulèvent déjà des protestations. « Depuis lors », dira Schönberg par la suite, « le scandale n'a jamais cessé. » Cette œuvre innove également en chargeant une formation de chambre (sextuor à cordes) de toutes les tensions dramatiques d'un [...]

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Pour citer l’article

Harry HALBREICH, « SCHÖNBERG ARNOLD », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 22 octobre 2021. URL : https://www.universalis.fr/encyclopedie/arnold-schonberg/