ARITHMOMÈTRE DE THOMAS DE COLMAR

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De l’invention au succès commercial

Né à Colmar le 5 mai 1785, Charles-Xavier Thomas participe dès 1809 aux campagnes napoléoniennes d’Espagne et du Portugal, en tant qu’officier d’administration chargé d’assurer l’approvisionnement en vivres des troupes. En 1819, il fonde une première compagnie d’assurances, la Compagnie du Phénix puis, en 1829, la Compagnie du Soleil. Confronté à d’incessants calculs statistiques dans son début de carrière, il eut l’idée de construire une machine capable d’effectuer les quatre opérations  de l’arithmétique. Le 18 novembre 1820, il dépose un premier brevet pour une machine à calculer qu’il nomme arithmomètre – dont le prototype n’a jamais été retrouvé. En 1824, sous la direction de Thomas de Colmar, l’horloger Devrine en construit une version améliorée. L’année suivante, le Bulletin de la société d’encouragement pour l’industrie nationale, sous la plume de Louis-Benjamin Francoeur et de Pierre Hoyau, en fait une description fidèle. Selon une étude réalisée en 2019 par Ina Prinz (directrice de l’Arithmeum de Bonn en Allemagne), cette machine souffre d’une certaine fragilité et son fonctionnement nécessite beaucoup d’attention et d’ajustements, ce qui a sans doute constitué, avec une demande quasi inexistante à cette époque, un sérieux frein à sa commercialisation.

Deux événements vont véritablement permettre l’essor de l’industrie du calcul mécanique en Europe. C’est, d’une part, l’Exposition universelle de Londres en 1851 et, d’autre part, celle de Paris, en 1855. Dès 1848, avec l’aide d’un jeune mécanicien, Pierre Piolaine, Thomas de Colmar redouble d’efforts pour proposer une machine robuste et fiable. Ayant fait fortune avec ses compagnies d’assurances, il dispose de moyens financiers considérables pour mener à bien son projet. En 1850, il dépose un nouveau brevet. C’est le début de l’aventure commerciale de l’arithmomètre. Pour promouvoir sa machine, mais aussi pour faire face à la concurrence naissante (l’Arithmaurel de Maurel et Jayet, les machines du docteur Roth…), il va offrir à de nombreux souverains et chefs d’État d’Eu [...]


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CALCUL ET RATIONALISATION - (repères chronologiques)

  • Écrit par 
  • Pierre MOUNIER-KUHN
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1623 L'astronome allemand Wilhelm Schickard invente une « horloge à calcul ». Mais celle-ci disparaît dans un incendie et Schickard ne poursuit pas ce projet qui n'aura donc aucune influence historique. 1637 René Descartes, dans le Discours de la méthode , définit la méthode rationnelle de résolution des problèmes : diviser chaque difficulté en opérations ou en éléments aussi simples que possibl […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/calcul-et-rationalisation-reperes-chronologiques/#i_57443

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Pour citer l’article

Valéry MONNIER, « ARITHMOMÈTRE DE THOMAS DE COLMAR », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 26 novembre 2019. URL : http://www.universalis.fr/encyclopedie/arithmometre-de-thomas-de-colmar/