ARCHITECTURE ÉCOLOGIQUE ou ARCHITECTURE DURABLE

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Histoire et développement

Des constructions vernaculaires à l'habitat bioclimatique

L'architecture traditionnelle typique d'une aire géographique et culturelle donnée est la manifestation d'un savoir-faire séculaire transmis et amélioré de génération en génération. Cette architecture, dite vernaculaire, est une « science du concret ». Il convient de méditer son enseignement, de le perpétuer, mais aussi de l'enrichir et de le prolonger. Formes, matériaux et techniques de l'architecture vernaculaire ont été dictés par le microclimat et les avantages offerts par les ressources localement disponibles : construction en bois dans les régions forestières ; murs en pisé ou en briques et couvertures en tuiles quand les sols sont argileux ; toitures en ardoises ou en lauzes dans les régions schisteuses ; maçonneries en calcaire, en grès ou en granite selon la nature du substratum. Grâce à l'expérience des anciens, l'architecture traditionnelle tenait également compte des risques liés au relief et au climat : terrains inondables, couloirs d'avalanches, zones sismiques, etc. L'habitat « bioclimatique » est un mode de construction alternatif qui a émergé aux États-Unis après les crises pétrolières des années 1970. Il s'inspire de l'insertion douce des constructions vernaculaires dans le paysage, de leur adéquation entre fonction et usage ainsi que de la logique d'utilisation inhérente à chaque matériau. Il a été repris en France par des « néo-ruraux » qui ont quitté la ville pour s'installer à la campagne, dans des régions plus ou moins désertifiées. Réalisées pour la plupart en autoconstruction, avec peu de moyens et sans études thermiques, les premières maisons bioclimatiques offrent un confort d'hiver et d'été grâce à une approche pragmatique, inspirée de celle de l'habitat vernaculaire.

À la recherche d'un équilibre entre « low-tech » et « high-tech »

Depuis les années 1980, deux tendances se développent parallèlement : le low-tech et le high-tech. Les partisans du low-tech, mus par la volonté de retrouver dans leur mode de vie une simplicité volontaire, sont convaincus de la nécessité d'une décroissance économique dans les pays industrialisés. Ils pratiquent souvent l'autoconstruction avec des matériaux naturels locaux et prônent l'économie de moyens et la mise en valeur de savoir-faire traditionnels. Le high-tech, soutenu par la recherche industrielle, est lui essentiellement axé sur l'optimisation énergétique grâce à des matériaux et des installations techniques sophistiquées. Entre les deux se dessine une troisième voie, moins militante et plus pragmatique, qui place l'homme au centre des préoccupations. Cette architecture « éco-responsable » englobe des préoccupations économiques et écologiques, tout en affirmant notre responsabilité sociale vis-à-vis des générations futures. Les concepteurs de ces constructions plus respectueuses de l'homme et de la nature commencent par appliquer toutes les mesures bioclimatiques dictées par le bons sens, qui ne coûtent que du temps d'analyse et de réflexion, avant de se tourner vers des installations techniques optimisées. Leur travail est fondé sur des échanges constructifs avec les clients, les ingénieurs, les entreprises et les artisans.

Des motivations différentes selon les pays

La notion d'architecture éco-responsable est indissociable de celle de « développement durable » qui a été popularisée par le Sommet de la Terre organisé en 1992 à Rio de Janeiro. Cette approche s'est développée avec plus ou moins de rapidité selon les États.

Dans les pays scandinaves et germaniques, les mentalités ont déjà beaucoup évolué et les pratiques en faveur d'un développement durable et équitable sont ancrées dans la réalité quotidienne : elles sont intégrées à la culture et représentent un pouvoir politique et économique. Les Scandinaves ont une relation presque mystique avec la nature sauvage, qui les pousse à la défendre, et ces pays peu peuplés au climat difficile ont une tradition d'entraide et de démocratie participative. Le passé a légué aux Allemands une conscience aiguë de la responsabilité commune. Leur engagement s'explique aussi de manière plus prosaïque par un choix industriel. Ce pays exportateur voit dans les technologies liées au développement durable les marchés de demain : capteurs solaires thermiques, cellules photovoltaïques, éoli [...]

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KAUFMANN HERMANN (1955- )

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  • Dominique GAUZIN-MÜLLER
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Hérault d'une dynastie du bois comprenant concepteurs, charpentiers et industriels, l'architecte autrichien Hermann Kaufmann milite depuis les années 1980 pour une construction innovante mêlant bois massif et produits dérivés. Son œuvre très vaste, marquée par la conscience du « service » à offrir au client, couvre maisons individuelles, logements collectifs, équipements publics et bâtiments d'ac […] Lire la suite

Pour citer l’article

Dominique GAUZIN-MÜLLER, « ARCHITECTURE ÉCOLOGIQUE ou ARCHITECTURE DURABLE », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 20 mai 2022. URL : https://www.universalis.fr/encyclopedie/architecture-ecologique-architecture-durable/