INDO-PAKISTANAISE ARCHÉOLOGIE

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Le Paléolithique

Malgré le nombre important des recherches en cours, il est encore difficile d'établir des séquences chronologiques solides pour le quaternaire récent dans le subcontinent indo-pakistanais. L'observation des terrasses formées par les différentes rivières indique des alternances de phases sèches et humides qu'il est encore difficile de dater. Les plus anciennes industries lithiques que l'on a répertoriées sur de nombreuses terrasses de l'Inde centrale et de l'Inde péninsulaire s'apparentent à l'industrie acheuléenne de l'Europe, de l'Afrique et de l'Asie occidentale. Les pièces qui paraissent les plus anciennes, en particulier des bifaces relativement grossiers, rappellent souvent les industries du Paléolithique inférieur de l'Europe ; elles ont été ramassées dans d'anciennes zones de charriage des eaux. Parfois, cependant, les outils paraissent plus ou moins groupés et marquent l'emplacement de camps, comme à Chikri, sur les bords de la Pravara, à l'est de la région de Bombay, où des travaux de fouille ont permis de réunir une collection de bifaces grossiers en quartzite. À Hungsi, dans le Karnataka, la découverte de nombreux éclats de débitage indique que l'on se trouve en présence d'ateliers et de sols d'occupation. Mais, comme sur tous les autres gisements appartenant à un stade relativement ancien de l'Acheuléen indien, l'absence à Hungsi de restes organiques ou d'installations de foyers rend difficiles les tentatives de reconstitution des modes de vie des premiers occupants du subcontinent. Dans l'Inde centrale, dans la région des monts Vindhya, où vivent encore des populations tribales exploitant les ressources de la forêt tropicale, on a découvert de nombreux abris sous roche dont certains ont été occupés d'une façon plus ou moins continue de la fin du Paléolithique inférieur jusqu'à l'époque médiévale. À Bhimbetka, à 45 kilomètres de Bhopal, on a dénombré 750 grottes dont 500 sont décorées de fresques qui dateraient du « mésolithique » et de la période historique. Quelques-unes de ces grottes possèdent des couches d'occupation contenant des bifaces, des hachereaux, des grattoirs et des éclats de débitage. La taille des outils, la qualité du débitage et la présence d'une forte proportion de grattoirs indiquent que l'on se trouve en présence d'une phase de transition entre une industrie de type paléolithique inférieur et une industrie de type paléolithique moyen. Il en est de même des occupations les plus anciennes d'une autre série d'abris sous roche dans les collines d'Adamgarh.

Dès les années 1930, des géologues comme James Tod, dans la région de Bombay, et L. A. Cammiade, dans l'Inde du Sud, ont mis en évidence un horizon d'industries sur éclats correspondant à une phase intermédiaire entre le Paléolithique inférieur et le Paléolithique supérieur, le Paléolithique moyen. Ces industries, qui présentent des parallèles avec le moustérien de l'Asie occidentale et de l'Asie centrale, sont souvent qualifiées de névasiennes, d'après le site de Nevasa, dans la région de Bombay ; elles sont bien représentées dans toute l'Inde centrale et péninsulaire. Les outils sont souvent taillés dans des blocs d'agate, de jaspe ou de calcédoine, provenant des lits des rivières. Au nord-ouest de la chaîne des Aravalli, certains assemblages paraissent plus diversifiés et possèdent une proportion plus importante de burins : on les désigne sous le nom d'industrie de type Luni. Mais jusqu'à présent aucune fouille n'a permis de retrouver des niveaux d'occupation contenant des dépôts organiques et des installations susceptibles de nous permettre de reconstituer les modes de vie de ces groupes. On ne possède pas d'éléments de datation très solides pour ces industries que l'on peut approximativement situer entre 45 000 et 20 000 ans B.P. (before present, c'est-à-dire avant 1950, année où les premières datations au C 14 ont été réalisées).

C'est également au Paléolithique moyen que l'on peut rattacher plusieurs vastes ateliers de débitage sur les affleurements rocheux de Rohri, dans le Sind, qui se dressent au milieu de la plaine alluviale de l'Indus. Les collines de Rohri, où l'on exploite encore de nos jours de grandes carrières de silex, semblent avoir été, dès cette époque, un lieu de fabrication intensive d'outils. Ces carrières seront par la suite la source d'approvisionnement en silex de nom [...]

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-4000 à -2000. Naissance de l'écriture

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Vase en cuivre, art indo-pakistanais

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Tombe néolithique à Mehrgarh (Pakistan)

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Écureuil en faïence, provenant de Harappa

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Jean-François JARRIGE, « INDO-PAKISTANAISE ARCHÉOLOGIE », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 14 avril 2022. URL : https://www.universalis.fr/encyclopedie/archeologie-indo-pakistanaise/