ARBRE

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L'arbre adulte

Son aspect

Souvent, même lorsqu'il est défeuillé, on peut reconnaître un arbre à son port. Ce caractère physionomique tient à plusieurs causes : taille et forme du tronc, angles que forment les branches entre elles, importance relative des rameaux...

Notons qu'il ne se manifeste bien que lorsque l'arbre est relativement isolé. En forêt, par la suite de phénomènes de compétition, les troncs sont généralement plus allongés et les branches plus réduites.

L'axe primaire des plantes ligneuses, ou tronc, peut être réduit en hauteur, comme chez l'aubépine, alors que ses branches latérales ont une grande extension ; c'est ce que nous nommerons la forme « buisson ». Il peut être bien développé – forme « arbre » –, restant individualisé jusqu'au sommet de l'arbre (résineux) ou disparaissant apparemment au-dessus des premières branches qui deviennent aussi grosses que lui (pommier, etc.). On a parlé, dans le premier cas, de tronc excurrent et, dans le second, de tronc déliquescent. Les branches, elles, forment la ramure, la cime, ou le houppier comme disent les forestiers, et portent rameaux et ramilles.

Certains ports sont cependant typiques. Lorsque le tronc porte à son sommet une couronne de grandes feuilles, sans branches latérales, on parle d'arbre monocaule (papayer). Si les feuilles ne tombent que par cassure de leur base (et non par une zone d'abcission), il restera sur le tronc une gaine formée par l'extrême base de ces feuilles (certains palmiers) ; un tel tronc est nommé stipe. Remarquons, sans pouvoir le développer ici, que la monocaulie est souvent considérée, à la suite des travaux de Corner, comme primitive.

Formes arborescentes

Dessin : Formes arborescentes

Formes arborescentes (d'après Corner). 

Crédits : Encyclopædia Universalis France

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Généralement le tronc est ramifié. Cette disposition est l'effet de deux phénomènes différents : le tronc peut cesser brusquement de croître au profit de bourgeons axillaires sous-jacents ; ce phénomène à répétition aboutit à une structure en « petits bouquets » (Anthocleista). Ou bien le tronc peut cesser pour un temps de fonctionner alors que se forment des rameaux latéraux, puis reprendre son activité ; on obtient dans ce cas un arbre « à étages ». Le plus souvent, la ramification aérienne ne manifeste pas de structure très nette. Il est cependant souvent possible de distinguer deux types de rameaux. Les uns s'allongent beaucoup ; les autres, tout en croissant chaque année, ne le font que par des entre-nœuds très courts, ne se ramifient pas, et peuvent se transformer en certains cas en une épine (aubépine, Gleditsia).

Le port d'un arbre tient également aux proportions relatives du tronc et de la cime. Certaines Bombacacées (baobabs, Chorisia) ont un tronc énorme par rapport au houppier qui peut se réduire à quelques branches (Cavanillesia, Adenium), ce qui a fait surnommer ces arbres arbres-bouteilles. La forme de la cime, elle-même, est souvent caractéristique, arrondie (chêne) ou élancée (peuplier d'Italie). Notons le port des « arbres pleureurs », à longs rameaux souples (saule de Babylone), ou à rameaux rigides arqués vers le bas (Sophora).

Baobab

Photographie : Baobab

Adansonia L. (baobab) est un genre de la famille des Bombacaceae qui regroupe une dizaine d'espèces d'arbres adaptés à la sécheresse originaires de Madagascar, d'Afrique et d'Australie, vivant parfois deux mille ans, à gros tronc et grandes fleurs bisexuées pendantes. 

Crédits : vil.sandi/ flickr ; CC-BY-ND

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Il faut signaler un trait morphologique qui se rencontre essentiellement dans les arbres tropicaux, la formation d'organes latéraux de support. Ce sont des racines aériennes issues des branches (figuier banyan), ou les racines émises par le tronc (« racines échasses ») des Uapaca. Ce peut être aussi des épaississements localisés de la base du tronc qui jouent le rôle de contreforts, de taille quelquefois considérable (Mora excelsa). Les racines superficielles se développent parfois de façon fortement asymétrique, leur partie supérieure sortant du sol et donnant des « racines palettes », qui consolident l'arbre (Piptadenia africana). Chez certaines fougères arborescentes (Cyathéacées), on remarque des échasses latérales qui s'enfoncent dans le sol, puis donnent naissance à de nouveaux individus. F. Hallé a pu montrer (1966) que ces formations sont des tiges d'un caractère très particulier, comparables aux stolons de quelques plantes herbacées.

Certains arbres tropicaux possèdent également des excroissances radiculaires qui sortent du sol (Avicennia) ou des coudes aériens formés par les racines (Bruguiera) : les pneumatophores. Leur rôle, mal connu, est peut-être d'aider à la respiration des racines, les arbres en question poussant dans des milieux vaseux asphyxiques.

La taille, autre caractéristique importante, ne correspond pas toujours à la hauteur au-dessus du sol : un pied unique de myrtilles peut couvrir une superficie de plusieurs dizaines de mètres carrés bien que sa hauteur ne dépasse pas 60 centimètres. Dans de moindres proportions, une telle différence est la règle générale dans la forme « buisson ». Les arbres les plus hauts (Eucalyptus regnans, Sequoia gigantea) peuvent atteindre de 110 à 120 mètres, la hauteur de 170 mètres attribuée parfois au premier relevant d'un mythe. En Europe, les sapins et les chênes peuvent, de façon exceptionnelle, s'élever entre 40 et 50 mètres ; c'est la taille moyenne des arbres de la forêt tropicale (strate supérieure).

Sa biologie

Les arbres peuvent atteindre un âge fort avancé. On sait que les séquoias vivent couramment plus de 5 000 ans. Dans nos pays, on attribue à un if, planté à Krombach (Allemagne), quelque 2 000 ans. Généralement la vie d'un arbre est plus courte, de 150 à 200 ans pour le hêtre, de 300 à 350 pour le chêne rouvre ou le sapin, une centaine d'années seulement pour le bouleau ou le tremble.

Cette longévité est hors de proportion avec celle des plantes herbacées (mis à part les Cactacées et certaines Liliales) vivaces ne subsistant que par la production, chaque année, de nouveaux individus (stolons à multiplication végétative, bulbilles). D'après Mac Gregor Skene (1955), le pin a ses premières fleurs à 15 ans, le hêtre et le chêne à 40 ans, le sapin à 60 ans. Selon de nombreux botanistes, une telle lenteur dans la reproduction sexuée des arbres a pour conséquence une grande lenteur dans l'évolution des plantes ligneuses. Pour eux, les arbres actuels représenteraient des formes végétales ancestrales par rapport aux plantes herbacées : il y a eu en effet soixante fois plus de générations, et donc de possibilités de mutations ou changements chromosomiques dans la lignée d'une plante annuelle que dans celle d'un sapin.

Si la floraison est annuelle, il n'en est pas de même pour le rythme de feuillaison et de défoliation. Dans la généralité des arbres « feuillus » de nos régions, les feuilles tombent chaque année, avec les froids pré-hivernaux. Il en est de même pour les arbres de la forêt semi-décidue ou décidue des régions tropicales, mais, dans ce cas, la défoliation est causée par le manque d'eau, notamment par la diminution de la vapeur d'eau atmosphérique.

Cependant, certains arbres ont des feuilles marcescentes qui sèchent et persistent assez avant en hiver (chêne) ; d'autres, des feuilles persistantes (conifères, arbres tropicaux de la forêt dense). En réalité, ces dernières n [...]

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Formes arborescentes

Formes arborescentes
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Baobab

Baobab
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Coupe d’un dicotylédone
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Arbre-bouteille

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  • : maître assistant à la faculté des sciences de Paris, secrétaire de la Société botanique de France

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Pour citer l’article

Gérard CUSSET, « ARBRE », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 02 décembre 2021. URL : https://www.universalis.fr/encyclopedie/arbre/