DIGESTIF APPAREIL

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Physiologie digestive chez l'homme

Motricité digestive

On accepte aujourd'hui l'idée que la motricité du tube digestif n'est jamais en repos : elle est active 24 heures sur 24, mais elle fonctionne différemment, à jeun, quand le tube digestif ne contient que les liquides sécrétés par les glandes et, pendant les phases post-prandiales, quand il contient des aliments en cours de digestion.

À jeun, on observe le complexe myoélectrique interdigestif. C'est une onde péristaltique vraie : elle naît dans l'estomac et se propage progressivement tout le long de l'intestin grêle jusqu'au cæcum ; les voies biliaires participent à cette onde. Elle a une particularité : elle est unique, c'est-à-dire qu'il ne peut y avoir deux ondes péristaltiques au même moment en deux endroits séparés du tube digestif. L'onde met environ 90 minutes pour parcourir de haut en bas l'estomac et l'intestin ; elle atteint alors le cæcum où elle meurt, et une nouvelle onde prend naissance dans l'estomac. L'activité motrice gastrique est stimulée par la secrétion d'une hormone, la motiline, qui contrôle la fréquence du complexe myoélectrique. Dès que l'on mange, l'apparition de la première bouchée d'aliments dans l'intestin interrompt l'onde en cours de déplacement. Une nouvelle organisation motrice apparaît : celle de la phase postprandiale.

Motricité postprandiale

Les faits classiques

L'entrée des aliments dans le tube digestif commence par un acte volontaire : la mastication et la déglutition, mais, dès son entrée dans l'œsophage, la bouchée alimentaire subit un déplacement échappant complètement à notre volonté jusqu'à la défécation. Deux sphincters (anneaux musculaires systématiquement fermés et dont l'ouverture n'obéit qu'à des ordres spéciaux) ferment le tube digestif à ses deux extrémités : le sphincter cricopharyngien, en haut de l'œsophage, et le sphincter anal, après le rectum.

Mais, dans l'intervalle, la progression des aliments résulte d'un mouvement de propulsion assuré par les muscles lisses de la paroi du tube digestif, qui sont disposés en deux couches : une couche profonde, circulaire, car elle est formée de fibres annulaires, et une couche superficielle, composée de fibres longitudinales juxtaposées. Le péristaltisme résulte d'une onde de contraction, que précède une zone de distension, lesquelles se propagent le long de cette double couche musculaire. Le plus souvent, les fibres se contractent au contact direct des aliments, mais le déplacement de l'onde contractile dépend de l'organisation du système nerveux intrinsèque du tube digestif (plexus myentériques).

Diverses méthodes ont permis de mesurer chez l'homme la chronologie de ces événements : la traversée de l'œsophage demande quelques secondes, les contractions de l'estomac commencent quelques minutes après et se poursuivent régulièrement jusqu'à ce que l'organe soit vide. Hunt, un physiologiste anglais, a mesuré que la quantité d'aliments quittant l'estomac à chaque contraction est proportionnelle à la quantité globale contenue dans l'organe. Il faut environ une heure pour que l'estomac se vide de la moitié de son contenu, et encore une heure pour qu'il se vide de la moitié du reste.

À la radiographie (fig. 4, 5 et 6), on voit très bien la descente du bol alimentaire dans l'œsophage et les contractions péristaltiques de l'estomac. La radiocinématographie permet de voir les déplacements du bol dans l'intestin grêle, mais les contractions péristaltiques y sont moins régulières, moins systématiques que dans l'étage supérieur.

La vitesse dans l'intestin grêle est de l'ordre de 2 centimètres par minute, si bien qu'il faut trois à quatre heures pour que les reliquats du bol alimentaire atteignent la valvule iléo-cæcale qui marque la frontière entre le petit et le gros intestin. La progression dans le côlon est beaucoup plus lente (environ vingt heures pour parcourir 1 mètre de longueur), faite de mouvements de brassage sur place, de progressions et de régressions, avant que le résidu n'atteigne la charnière recto-sigmoïdienne, où il provoque la défécation ; celle-ci est un réflexe acquis par l'éducation ; elle est déclenchée par une sensation de plénitude rectale ; elle met en jeu la motricité colique, qui assure la progression, la musculature abdominale, qui, en se contractant, augmente la pression à l'intérieur du ventre, et le sphincter anal, qui se relâche. Des études faites avec des substances particul [...]

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Appareil digestif

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Écrit par :

  • : docteur en médecine, professeur de clinique gastroentérologique, directeur de l'unité de recherche I.N.S.E.R.M. U54
  • : professeur de pharmacologie à la faculté de pharmacie de Strasbourg
  • : professeur à la faculté de médecine de Paris

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Pour citer l’article

Jean-Jacques BERNIER, Jean-Louis FRESLON, Claude GILLOT, « DIGESTIF APPAREIL », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 04 mai 2022. URL : https://www.universalis.fr/encyclopedie/appareil-digestif/