APOLITISME

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Une posture volontaire, parfois stratégique

Seuls les épicuriens, dans l'Antiquité, ont théorisé et assumé le désengagement par rapport à la vie de la cité en tant que position doctrinale. Recherchant le plaisir dans l'absence de souffrance pour le corps et dans l'absence de trouble pour l'âme, ils considéraient que le sage était celui qui savait éviter de s'exposer à des troubles inutiles. Aussi, contrairement aux stoïciens, qui valorisaient l'engagement politique, ils prônaient, quant à eux, le retrait de la vie publique afin de se mettre à l'abri de ses désagréments.

L'apolitisme est souvent une limitation qu'un acteur social s'impose à lui-même pour éviter que les tendances à la division et au conflit, inhérentes à la politique, ne viennent perturber ses activités. De nombreuses associations, culturelles ou sportives par exemple, s'interdisent ainsi toute prise de position politique. De même, un bon commerçant sait qu'il ne doit pas prendre publiquement parti en politique. Dans nombre de petites communes, lors des élections municipales, apparaissent des listes « apolitiques » qui visent à éviter les tensions à l'intérieur d'une petite communauté. Néanmoins, cette situation n'empêche pas le maire, finalement élu, d'exprimer par la suite des sympathies politiques.

Dans les faits, la frontière n'est pas toujours claire entre la volonté réelle d'éviter les interférences avec la politique et une posture « apolitique » adoptée à des fins stratégiques. Dans certains cas, l'apolitisme affiché d'une organisation à buts sociaux, intellectuels ou autres, recouvre néanmoins une orientation idéologique, avouée ou non, et a simplement pour signification le refus d'inféoder l'organisation aux objectifs stratégiques ou tactiques d'un parti politique particulier. Dans d'autres cas, il n'est qu'une tentative peu crédible de masquer la réalité d'un lien organique avec un parti politique.

En France, la notion d'apolitisme a souvent été associée à la charte d'Amiens, adoptée lors du congrès de la C.G.T., en 1906, bien que le mot ne figure pas [...]


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MANN THOMAS

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Dans le chapitre « « Exigences du jour » et trahison des clercs »  : […] Cette Allemagne de Thomas Mann se présente sous une forme « monumentale », incarnée par un nombre limité de grandes figures, hommes de culture pour la plupart (à l'exception de Bismarck), monolithes se dressant sur la plaine, l'écrasant parfois. Car le grand homme qui fait l'Histoire lui paraîtra de plus en plus non pas l'expression de son peuple mais isolé dans son peuple, à contre-courant ; et a […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/thomas-mann/#i_1695

Pour citer l’article

Étienne SCHWEISGUTH, « APOLITISME », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 22 novembre 2019. URL : http://www.universalis.fr/encyclopedie/apolitisme/