ANXIÉTÉ

Carte mentale

Élargissez votre recherche dans Universalis

Le cycle de l'anxiété

L'ensemble de ces données, qui peut sembler à première vue d'une grande dispersion d'explication et de théories, offre en réalité une grande complémentarité. Celle-ci peut être mieux saisie si l'on renonce à considérer l'anxiété comme un processus simple et qu'on l'envisage comme un processus cyclique (D. Widlöcher, 1987).

À un pôle, comme pour tout état émotionnel, se situe l'interruption des plans d'action dans lesquels le sujet se trouve habituellement engagé. Si une situation provoque cette interruption, un double mécanisme se met en place. Sur le plan cognitif, une réaction d'hyperéveil attentionnel tente de donner sens à la situation et de développer des réponses spécifiques appropriées à celle-ci. Dans le cas de l'anxiété, de telles réponses ne peuvent être trouvées et la réaction d'hyperéveil attentionnel demeure improductive.

Parallèlement se met en place le système d'activation périphérique sympathique. Il constitue, au niveau général de l'organisme, un mode de réponse parallèle au système d'hyperéveil. Sa finalité demeure discutée dans la mesure où son temps de réponse est beaucoup plus lent que celui du précédent. Il peut agir comme un indicateur sensoriel, ou un système de complément ou encore un élément accompagnateur de la réponse spécifique attendue.

En raison de l'absence de réponse spécifique adoptée, deux possibilités s'offrent. La première est la permanence de l'état improductif qui s'exprime par un état aigu d'angoisse. La seconde est le recours à des formations de substitut : recherche continue d'un signal objectif de danger dans l'attente anxieuse, création de dispositifs phobiques ou de mécanismes obsessionnels. L'échec de ces réactions de substitut renforce l'incertitude de la situation initiale et, par conséquent, le cycle de l'anxiété. L'entrée (causale) dans ce cycle peut s'effectuer à toutes les étapes. Si l'on reprend en sens inverse les maillons du cycle, on peut concevoir que des phobies puissent se développer pour des raisons indépendantes de l'angoisse (conditionnement trauma [...]

1  2  3  4  5
pour nos abonnés,
l’article se compose de 5 pages

Écrit par :

  • : professeur de psychiatrie à l'université de Paris-VI-Pierre-et-Marie-Curie, chef de service de psychiatrie (adultes) au groupe hospitalier Pitié-Salpêtrière

Classification

Autres références

«  ANXIÉTÉ  » est également traité dans :

PSYCHOLOGIE CLINIQUE DE L'ANXIÉTÉ

  • Écrit par 
  • Alexandre HEEREN
  •  • 995 mots

Le terme « anxiété » est apparu au xiie siècle ; son usage est toutefois resté assez rare jusqu’à la fin du xixe siècle, date de la reconnaissance de son implication potentielle dans une série de troubles psychiatriques. Les troubles liés à l’anxiété (ou troubles anxieux) constituent aujourd’hui un problè […] Lire la suite

TROUBLE D'ANXIÉTÉ SOCIALE

  • Écrit par 
  • Grazia CESCHI
  •  • 1 175 mots

Le trouble d’anxiété sociale (T.A.S.), ou phobie sociale, se caractérise par une crainte extrême du regard d’autrui. Cette forte inquiétude peut s’exprimer, par exemple, lorsqu’on est obligé de parler face à une audience ou de manger en public. La peur de ce type de situations sociales et du regard des autres n’est pas une pathologie en tant que telle. To […] Lire la suite

ENFANTS À HAUT POTENTIEL INTELLECTUEL

  • Écrit par 
  • Nicolas GAUVRIT
  •  • 1 012 mots

Dans le chapitre « Caractéristiques socio-émotionnelles »  : […] Pendant longtemps, on a pensé qu’il existait un lien entre le haut potentiel intellectuel et une série de troubles. Le psychologue polonais Kazimierz Dabrowski émit dans les années 1960 l’hypothèse que les HPI souffrent d’hyperexcitabilité dans divers domaines. Selon sa thèse, les HPI seraient hypersensibles, une caractéristique débouchant sur un risque accru de dépression ou d’anxiété. Ils seraie […] Lire la suite

HYPOCONDRIE (histoire du concept)

  • Écrit par 
  • Michel GOUREVITCH
  •  • 1 293 mots

Dans le chapitre « Hypocondrie névrotique »  : […] Cette tendance banale peut se développer, se faire permanente et tyrannique, et caractériser la « constitution hypocondriaque » : l'intérêt de l'individu se limite plus ou moins à son arbre urinaire, à sa circulation sanguine, à sa colonne vertébrale, au fonctionnement de son tube digestif surtout ; sa vie en est plus ou moins rétrécie. G. Béard a ainsi décrit sous le nom de neurasthénie un group […] Lire la suite

NEUROSCIENCES COGNITIVES ET SOMMEIL

  • Écrit par 
  • Philippe PEIGNEUX
  •  • 1 393 mots

Dans le chapitre « Sommeil et régulation sociale et émotionnelle »  : […] Les perturbations du sommeil sont fréquentes dans les troubles psychologiques et psychiatriques, suggérant un lien bidirectionnel entre ces perturbations et la symptomatologie observée. Au-delà de la pathologie, les études montrent que le sommeil normal participe à la régulation de nos émotions. En effet, l’exposition à une expérience stressante et/ou émotionnelle modifie l’architecture du sommei […] Lire la suite

PSYCHOLOGIE CLINIQUE COMPORTEMENTALE ET COGNITIVE

  • Écrit par 
  • Martine BOUVARD
  •  • 2 567 mots

Dans le chapitre « La psychologie clinique cognitive »  : […] La psychologie clinique cognitive s’intéresse aux processus de pensée qui filtrent et organisent la perception de l’environnement. Ce courant s’est développé à partir des travaux d’Aaron T. Beck sur la thérapie cognitive de la dépression. Selon cet auteur, l’émotion est dépendante de la cognition ; plus exactement, l’émotion résulterait de l’interprétation des événements par l’individu en raison […] Lire la suite

PSYCHOLOGIE CLINIQUE DES TROUBLES OBSESSIONNELS COMPULSIFS

  • Écrit par 
  • Martine BOUVARD
  •  • 1 060 mots

Les obsessions et les rituels sont décrits depuis très longtemps : par exemple, la scrupulosité morbide – qui peut s’apparenter à la rumination obsessionnelle – rapportée par les moines, en médecine les « monomanies raisonnantes » d’Esquirol ou encore la folie du doute notée par Legrand du Saulle évoquent des caractéristiques du trouble obsessionnel compulsif. Cependant, il revient à Pierre Janet […] Lire la suite

PSYCHOMÉTRIE

  • Écrit par 
  • Jacques GRÉGOIRE
  •  • 6 273 mots
  •  • 1 média

Dans le chapitre « La validité des scores »  : […] Une autre qualité essentielle des scores à un test est leur validité. On considère généralement qu’un test est valide s’il mesure ce qu’il prétend mesurer. Par exemple, un questionnaire censé évaluer la dépression sera jugé valide s’il mesure bien ce syndrome et rien que celui-ci. Cette première définition simplifie toutefois une notion en réalité plus complexe. La validité n’est en effet pas une […] Lire la suite

PSYCHOTHÉRAPIE ET ÉMOTION

  • Écrit par 
  • Pierre PHILIPPOT
  •  • 2 064 mots

Dans le chapitre « Les émotions dans les modèles étiopsychopathologiques et dans la conceptualisation de cas  »  : […] Les phénomènes émotionnels émanent d’un ensemble de processus que l’on retrouve également dans les troubles psychopathologiques. L’émotion dirige automatiquement l’attention vers ce qui est pertinent pour elle. Ces biais attentionnels sont particulièrement accentués dans de nombreux troubles psychopathologiques : l’attention est automatiquement dirigée vers l’objet, la préoccupation de la patholog […] Lire la suite

RUMINATIONS MENTALES, psychologie

  • Écrit par 
  • Céline BAEYENS
  •  • 982 mots

Dans le chapitre « Différents modes de rumination »  : […] Les ruminations ne sont pas systématiquement associées à des conséquences négatives ou des troubles psychologiques. Selon la théorie des modes de traitement, les conséquences, positives ou négatives, des ruminations dépendent du mode de pensée qui sous-tend les ruminations. Certaines ruminations sont sous-tendues par un mode concret de pensée. Dans ce mode, l’attention est centrée sur l’instant p […] Lire la suite

Voir aussi

Pour citer l’article

Daniel WIDLÖCHER, « ANXIÉTÉ », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 02 février 2021. URL : https://www.universalis.fr/encyclopedie/anxiete/